PK0 de la solidarité légionnaire
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Le conte d'origine
Par Christian Morisot
Pendant plusieurs années, j’ai écrit des contes de Noël pour Képi Blanc. C’était pour moi une véritable préparation intellectuelle, où l’émotion s’exprimait à travers des anecdotes souvent vécues, agrémentées de cette chaleur humaine qui convient si bien à l’atmosphère particulière de cette grande fête de la Légion. J’avais toujours beaucoup de plaisir à compléter ces récits par les illustrations inspirées et talentueuses réalisées par mon ami Louis Perez y Cid.
Cette année-là, pourtant, j’étais en panne d’inspiration. Je manquais de souffle. Trop de préoccupations étaient venues obscurcir cette disposition naturelle qui permet de rêver, d’imaginer et, surtout, de raconter.
C’est ainsi que je me retrouvai au milieu des vignes, à Puyloubier, pour une longue promenade solitaire, cherchant à chaque pas l’inspiration et, peut-être aussi, à la recherche de ce fameux « temps perdu ».
Cette marche fut aussi l’occasion de confirmer quelques réflexions qui me tenaient à cœur. Lorsque l’on est impuissant à obtenir ce que possède l’autre, l’envie peut facilement se transformer en jugement moral : derrière toute réussite, on imagine un héritage ; derrière toute ambition, une discrimination. Il me semblait pourtant qu’il fallait préférer l’émulation au ressentiment, le sens de l’effort au goût de la facilité, le mérite à la jalousie.
Il faut aussi savoir établir une hiérarchie dans ses priorités. Car lorsque l’on ne sait plus admirer, on finit par ne plus savoir ce qu’il faut faire pour donner encore du goût au temps qui nous reste à vivre.
C’est au milieu de ces réflexions que je remarquai une grosse pierre qui émergeait de la boue.
Je l’imaginai alors comme une borne sculptée autrefois par un légionnaire, aux premiers temps de la création de l’institution. Une manière, peut-être, de témoigner sa reconnaissance à cette Légion qui, envers et contre tout, ne l’avait jamais abandonné.
Je tenais mon conte de Noël !
J’en parlai à mon ami PyC, qui trouva l’idée intéressante. Puis les années passèrent.
Plusieurs années s’écoulèrent avant que mon ami, élu président du conseil d’administration de l’Amicale de Puyloubier, ne retrouve cette idée et décide de lui donner une autre dimension.
Il reprit alors à son compte le concept d’une borne : « PK0 de la solidarité légionnaire ».
Cette idée allait devenir une véritable mission. Elle devait permettre de rassembler les membres de l’Amicale autour d’un objectif essentiel : rendre le meilleur service possible aux pensionnaires de l'IILE, notamment dans le domaine de la communication, mais aussi faire vivre cette fraternité qui constitue l’une des expressions les plus profondes de l’esprit de la Légion.
Une fraternité qui se manifeste également à travers l’École de la Légion et sa course cycliste annuelle, désormais connue sous le nom prédestiné de « La Solidaire ».