La solidarité à la Légion étrangère
Par Louis Perez y Cid
La solidarité ne naît pas dans la joie. Elle naît dans la douleur. On se sent plus proche de celui avec qui l’on a souffert que de celui avec qui l’on a réussi. Le bonheur flatte l’ego. L’épreuve, elle, soude les hommes.
Dans toute victoire collective se glisse une part d’amertume. Chacun évalue sa contribution, chacun se compare, parfois se juge lésé. Les familles se déchirent à l’heure des héritages, les groupes se fragmentent après le succès, les mouvements se disloquent une fois le pouvoir conquis. Le triomphe divise. Le malheur unit.
La cohésion d’un groupe de référence se forge ailleurs, dans le souvenir d’un calvaire partagé. C’est là que l’individu s’efface pour laisser place au corps. À la Légion étrangère, ce souvenir a un nom. Camerone.
Ce n’est pas un mythe heureux. C’est une défaite, une agonie, une fidélité jusqu’à la mort. Mais c’est précisément pour cela qu’elle fonde la solidarité légionnaire. On n’y célèbre pas la victoire, mais le sacrifice. Non pas le succès, mais la loyauté dans l’épreuve.
L’étymologie le dit sans détour. Sympathie et compassion veut dire « souffrir avec ». À la Légion, la solidarité n’est pas un sentiment abstrait. Elle est une expérience vécue, transmise, rappelée. Elle est ce lien invisible qui unit ceux qui sont tombés, ceux qui souffrent encore et ceux qui continuent de servir.
C’est pourquoi, dans l’histoire de la Légion, les grandes œuvres de solidarité naissent toujours après les guerres. Après les charniers de 1914, le général Rollet agit pour les anciens meurtris et suite au crash financer de 1929 apparaîtra la maison du légionnaire à Auriol. Après 1945, le colonel Gaultier poursuit cette œuvre fraternelle. Et après l’Indochine, cette guerre que le général Coullon qualifiera de « génocide de l’armée française », le général Koenig donne à la Légion l’institution des invalides à Puyloubier, refuge des blessés et des anciens.
À chaque fois, la même logique, la douleur appelle l’entraide. La perte appelle la fidélité. Rien n’est théorique. Tout est charnel.
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La Légion étrangère et l’art
Par louis Perez y Cid
Depuis plus de deux siècles, la peinture et la sculpture militaires occupent une place singulière dans la création artistique française. Des maîtres comme Horace Vernet (1789-1863), Édouard Detaille (1848-1912) ou Alphonse de Neuville (1835-1885) ont façonné une véritable tradition visuelle où s’entremêlent réalisme historique, exaltation du courage et mémoire des combats. Cette lignée d’artistes a donné naissance à une iconographie puissante, souvent monumentale, qui raconte autant l’évolution de l’armée française que l’esprit de ceux qui la servent.
Depuis plus de deux siècles, la peinture et la sculpture militaires occupent une place singulière dans la création artistique française. Des maîtres comme Horace Vernet (1789-1863), Édouard Detaille (1848-1912) ou Alphonse de Neuville (1835-1885) ont façonné une véritable tradition visuelle où s’entremêlent réalisme historique, exaltation du courage et mémoire des combats. Cette lignée d’artistes a donné naissance à une iconographie puissante, souvent monumentale, qui raconte autant l’évolution de l’armée française que l’esprit de ceux qui la servent.
La Légion étrangère, une source d’inspiration artistique
Les livres les plus pertinents sur la Légion étrangère
Par Louis Perez y Cid
La Légion étrangère n’a cessé d’inspirer. Depuis près de deux siècles, elle attire les plumes d’historiens, d’écrivains, de journalistes… mais aussi celles d’anciens légionnaires eux-mêmes, qui ont couché sur le papier leurs souvenirs de combats, d’amitiés et de sacrifices. À travers les livres, c’est toute l’âme de la Légion qui se transmet, entre mémoire et légende.
Les récits qui font l’Histoire.
Difficile de parler de la Légion sans évoquer ces trois ouvrages de références à mon sens, essentiels pour saisir l’ampleur de l’épopée légionnaire :
« Honneur et fidélité. C'est la Légion » Louis Gaultier. Charles Jacquot, anciens de la légion. Illustrations de Louis Frégier,1963.
Paru en trois tomes,pour le centenaire de Camerone, les auteurs nous propose de parcourir les combats de ce corps d'élite de ses origines à la guerre d'Algérie,1962.
« Histoire de la légion étrangère » Georges Blond - 1981 .
Paru à l'occasion du 150 ème anniversaire de la création de la légion. C'est à la fois le plus extraordinaire récit d'aventures et un siècle et demi d'histoire de France.
« la Légion étrangère 1831-1962» Douglas Porch- 1991.
Paru aux USA en langue anglaise et 1994 pour la traduction française et la préface. Cette enquête fondamentale, sans complaisance, est un modèle d'étude d'histoire militaire qui retrace l’évolution de la Légion depuis sa création en 1831 jusqu’aux opérations modernes. Lire la suite
« Honneur et fidélité. C'est la Légion » Louis Gaultier. Charles Jacquot, anciens de la légion. Illustrations de Louis Frégier,1963.
Paru en trois tomes,pour le centenaire de Camerone, les auteurs nous propose de parcourir les combats de ce corps d'élite de ses origines à la guerre d'Algérie,1962.
« Histoire de la légion étrangère » Georges Blond - 1981 .
Paru à l'occasion du 150 ème anniversaire de la création de la légion. C'est à la fois le plus extraordinaire récit d'aventures et un siècle et demi d'histoire de France.
« la Légion étrangère 1831-1962» Douglas Porch- 1991.
Paru aux USA en langue anglaise et 1994 pour la traduction française et la préface. Cette enquête fondamentale, sans complaisance, est un modèle d'étude d'histoire militaire qui retrace l’évolution de la Légion depuis sa création en 1831 jusqu’aux opérations modernes. Lire la suite