Un banc public,
un peu de repos, beaucoup d’humanité
Par Christian Morisot.
Avant tout, je souhaite faire un « mea culpa, maxima culpa » de ne pas y avoir pensé plus tôt, au moins du temps où j’étais directeur de l’Institution des Invalides de la Légion étrangère à Puyloubier : « d’implanter dans l’infrastructure du domaine des bancs publics ».
Cela aurait permis aux pensionnaires parmi les plus faibles et les plus fatigués de pouvoir sortir de leur environnement logement pour partir en balade, sereinement, en toute sécurité quant à atteindre un endroit où s’arrêter et se détendre en se laissant aller, se mettre au vert et profiter d’un paysage offert exceptionnel. Sans cela, aucune possibilité de parcours et de découverte seul ne se présente qu’un farniente imposé dans l’entourage immédiat de leurs chambres…
Le banc public, dans nos villes est apparu à la fin du 19ème siècle en même temps que l’éclairage public, les plantations des rues et les poubelles. C’étaient, à ne point douter, de grands progrès devenus les véritables éléments fondateurs d’une urbanité adaptée à la vie quotidienne des Français. Ainsi, une ville créative était celle qui en installait par milliers pour « attirer » au départ les ainés qui trouvaient en chaque banc une oasis de repos avec comme consigne qu’il ne devait jamais être trop éloigné du suivant, ceci afin de faciliter ladite balade…
De plus, le banc facilitait les rencontres spontanées et les auteurs de romans et de chansons ne se trompaient pas quand ils évoquaient d’utiliser le banc public ; ainsi Gustave Flaubert faisait se rencontrer Bouvard et Péruchet, Georges Brassens chantait : « les amoureux qui se bécottent sur les bancs publics » et Renaud avait fait le choix de s’y asseoir pour raconter à sa fille son enfance et son fabuleux « Mistral gagnant ».
Ainsi le banc public créait plus de vie et s’il lui arrivait de ne pas remplir cette fonction, c’était seulement qu’il était implanté au mauvais endroit…
Aujourd’hui, à Paris, comme dans bon nombre de magasins et de supermarchés, les bancs se font rares au point que, quand ils en trouvent un, les gens font la queue pour y venir y prendre place…
Sans ces bancs, un constat s’impose, c’est un manque à l’aisance et au bien-être de nos Anciens hébergés dans cette belle Institution provençale et Légionnaire. Permettez-moi de partager une anecdote à ce sujet : j’ai fait récemment une belle découverte au cours d’un voyage que j’ai effectué en Ecosse concernant des bancs publics implantés autour d’un magnifique petit lac (loch). La particularité de ces « havres de paix et de repos » vient du fait qu’ils ont été offerts par des personnes décédées, précision affichée par une petite plaque gravée à leur nom est incrusté au dossier du siège. Pourquoi ne pas reconduire cette originalité au niveau de notre Institution ?
Proposition que je soumettrais au Directeur mais également au Président de l’Amicale, le bien-nommé PyC, qui ne manque jamais ce genre de défi pour faire avancer ce qu’il appelle la mission principale de son Amicale et qui applique : « Avant tout et envers et contre tout » de favoriser le bien-être des pensionnaires.
De plus, on pourrait judicieusement y adjoindre aux alentours, des poubelles qui manquent toujours pour maintenir à un niveau de propreté remarqué les endroits les plus chics.
Une belle histoire à suivre…