La question du Venezuela
Par Louis Perez y Cid
Mon ami Paco, ancien de la 13, ainsi que d'autres anciens légionnaires de Maracaibo au Venezuela, sont « outré » de l'action US à Caracas et me demande ce que nous en pensons ici, en France.
Mon ami Paco, ancien de la 13, ainsi que d'autres anciens légionnaires de Maracaibo au Venezuela, sont « outré » de l'action US à Caracas et me demande ce que nous en pensons ici, en France.
Quand le dollar devient l’enjeu central
Paco,
J’ai bien reçu ton message. Je comprends ta colère, et celle des autres anciens de Maracaibo. Vu d’ici, ce qui se passe à Caracas ne surprend plus vraiment, mais ça continue de choquer. Alors je vais te dire franchement ce que beaucoup pensent, sans détour.
On nous explique encore que tout cela est une affaire de démocratie, de narcotrafic, de régime autoritaire. C’est le discours officiel, celui qui passe bien à la télévision. Mais ce n’est pas là que se joue la vraie partie. Le Venezuela n’est pas attaqué pour ce qu’il est, mais pour ce qu’il possède et pour ce qu’il ose remettre en cause.
Depuis près de cinquante ans, le pétrole parle dollar. C’est une règle non écrite, mais sacrée. Grâce à elle, les États-Unis ont bâti une puissance financière et militaire que personne ne pouvait vraiment contester. Tant que le pétrole se vendait en dollars, l’ordre tenait. Et ceux qui tentaient d’en sortir étaient rappelés à l’ordre, violemment.
Le Venezuela, avec ses réserves immenses, a franchi une ligne rouge. En diversifiant ses monnaies, en se rapprochant des BRICS, en discutant avec la Chine, la Russie, l’Iran, Caracas a fait ce que peu d’États osent faire, toucher au cœur du système. L’histoire nous l’a déjà montré, en Irak, en Libye. Ce genre d’initiative ne reste jamais impunie.
Mais la différence aujourd’hui, c’est que le monde a changé. Les États-Unis ne sont plus seuls au sommet. Le dollar vacille là où il était intouchable.
Militairement, technologiquement, économiquement, ils sont désormais contestés. Et chez eux, le pays est fatigué, divisé, sous tension permanente.
Alors oui, l’action contre le Venezuela n’est pas seulement une affaire locale. C’est un message stratégique, empêcher un pays de basculer définitivement hors de l’orbite américaine, bloquer l’élargissement des BRICS, freiner l’abandon du dollar et des circuits financiers comme SWIFT. En clair, défendre un ordre qui s’effrite.
Le paradoxe, c’est que cette pression pourrait produire l’effet inverse. Plus Washington frappe, plus il pousse d’autres pays à chercher des alternatives. Plus il sanctionne, plus il accélère la méfiance. À vouloir retenir le monde d’hier, ils risquent de précipiter celui de demain.
L’ordre unipolaire touche à sa fin, Paco. Le monde se réorganise autour de plusieurs pôles, qu’on le veuille ou non. Et s’obstiner à dominer plutôt qu’à s’adapter, c’est souvent comme ça que les empires commencent à tomber, pas par manque de force, mais par aveuglement.
Voilà ce qu’on en pense ici. Prends soin de toi, et transmets le respect aux anciens là-bas.
J’ai bien reçu ton message. Je comprends ta colère, et celle des autres anciens de Maracaibo. Vu d’ici, ce qui se passe à Caracas ne surprend plus vraiment, mais ça continue de choquer. Alors je vais te dire franchement ce que beaucoup pensent, sans détour.
On nous explique encore que tout cela est une affaire de démocratie, de narcotrafic, de régime autoritaire. C’est le discours officiel, celui qui passe bien à la télévision. Mais ce n’est pas là que se joue la vraie partie. Le Venezuela n’est pas attaqué pour ce qu’il est, mais pour ce qu’il possède et pour ce qu’il ose remettre en cause.
Depuis près de cinquante ans, le pétrole parle dollar. C’est une règle non écrite, mais sacrée. Grâce à elle, les États-Unis ont bâti une puissance financière et militaire que personne ne pouvait vraiment contester. Tant que le pétrole se vendait en dollars, l’ordre tenait. Et ceux qui tentaient d’en sortir étaient rappelés à l’ordre, violemment.
Le Venezuela, avec ses réserves immenses, a franchi une ligne rouge. En diversifiant ses monnaies, en se rapprochant des BRICS, en discutant avec la Chine, la Russie, l’Iran, Caracas a fait ce que peu d’États osent faire, toucher au cœur du système. L’histoire nous l’a déjà montré, en Irak, en Libye. Ce genre d’initiative ne reste jamais impunie.
Mais la différence aujourd’hui, c’est que le monde a changé. Les États-Unis ne sont plus seuls au sommet. Le dollar vacille là où il était intouchable.
Militairement, technologiquement, économiquement, ils sont désormais contestés. Et chez eux, le pays est fatigué, divisé, sous tension permanente.
Alors oui, l’action contre le Venezuela n’est pas seulement une affaire locale. C’est un message stratégique, empêcher un pays de basculer définitivement hors de l’orbite américaine, bloquer l’élargissement des BRICS, freiner l’abandon du dollar et des circuits financiers comme SWIFT. En clair, défendre un ordre qui s’effrite.
Le paradoxe, c’est que cette pression pourrait produire l’effet inverse. Plus Washington frappe, plus il pousse d’autres pays à chercher des alternatives. Plus il sanctionne, plus il accélère la méfiance. À vouloir retenir le monde d’hier, ils risquent de précipiter celui de demain.
L’ordre unipolaire touche à sa fin, Paco. Le monde se réorganise autour de plusieurs pôles, qu’on le veuille ou non. Et s’obstiner à dominer plutôt qu’à s’adapter, c’est souvent comme ça que les empires commencent à tomber, pas par manque de force, mais par aveuglement.
Voilà ce qu’on en pense ici. Prends soin de toi, et transmets le respect aux anciens là-bas.