La question du Groenland
Par Louis Perez y Cid
A travers ce texte je salue Peter, son épouse Kirsten ainsi que Lars, et nos autres anciens légionnaires qui vivent au Danemark.
Un monde dont on parle sans jamais écouter ceux qui l’habitent
En juin 1951, après de longs mois passés parmi les Inuits du nord-ouest du Groenland, Jean Malaurie* voit surgir de la toundra une vision irréelle, une ville de métal, de hangars et de fumée. Là où régnaient encore le silence et la chasse vient de naître la base secrète américaine de Thulé. Pour l’explorateur, ce surgissement marque un basculement irréversible, celui du monde inuit.
En un été, les États-Unis projettent 12 000 hommes et une flotte entière pour édifier, sur un sol gelé, l’une de leurs plus vastes bases militaires à l’étranger.
La menace d’une attaque soviétique par la route polaire sert de justification. Pour les Inuits, c’est une annexion silencieuse, l’irruption brutale d’un univers de machines, de vitesse et d’armes nucléaires dans un monde régi par la chasse et le rythme du vivant.
En un été, les États-Unis projettent 12 000 hommes et une flotte entière pour édifier, sur un sol gelé, l’une de leurs plus vastes bases militaires à l’étranger.
La menace d’une attaque soviétique par la route polaire sert de justification. Pour les Inuits, c’est une annexion silencieuse, l’irruption brutale d’un univers de machines, de vitesse et d’armes nucléaires dans un monde régi par la chasse et le rythme du vivant.
La présence américaine
La présence américaine au Groenland ne date pourtant pas de la guerre froide. Dès 1941, après l’occupation du Danemark par l’Allemagne nazie, les États-Unis y installent plusieurs bases afin de sécuriser l’Atlantique Nord et les routes aériennes vers l’Europe. L’accord de défense signé en 1951 entre Washington et Copenhague formalise cette implantation et permet la construction de Thulé. Lire la suite...
Vous avez dit Communauté Européenne* ?
Par Louis Perez y Cid
L'histoire d’une puissance qui a renoncé
Je vous parle de notre Europe, non telle qu’elle se raconte, mais telle qu’elle est objectivement devenue dans le système international.
Ici je mets en relief les rapports de force, ce qui est précisément le rôle de l’histoire.
Ici je mets en relief les rapports de force, ce qui est précisément le rôle de l’histoire.
Le paradoxe européen
L’Europe est un paradoxe historique.
Elle est le continent qui a inventé l’État moderne, la souveraineté, l’impôt, la guerre industrielle, le capitalisme, le droit international et l’universalisme politique. Elle a dominé le monde pendant plusieurs siècles, avant de s’effondrer sous le poids de ses propres rivalités.
Aujourd’hui, l’Europe n’est ni pauvre, ni faible au sens matériel. Elle est riche, instruite, technologiquement avancée, démographiquement significative. Pourtant, elle n’est plus une puissance politique souveraine. Elle subit plus qu’elle n’agit. Elle réagit plus qu’elle ne décide.
Ce déclassement n’est pas accidentel. Il est le produit d’une histoire précise.
Elle est le continent qui a inventé l’État moderne, la souveraineté, l’impôt, la guerre industrielle, le capitalisme, le droit international et l’universalisme politique. Elle a dominé le monde pendant plusieurs siècles, avant de s’effondrer sous le poids de ses propres rivalités.
Aujourd’hui, l’Europe n’est ni pauvre, ni faible au sens matériel. Elle est riche, instruite, technologiquement avancée, démographiquement significative. Pourtant, elle n’est plus une puissance politique souveraine. Elle subit plus qu’elle n’agit. Elle réagit plus qu’elle ne décide.
Ce déclassement n’est pas accidentel. Il est le produit d’une histoire précise.
L’Europe avant l’Europe. Puissance, conflits et autodestruction
Le Noël du vieux légionnaire
Conte de Christian Morisot
La scène présente l’endroit de la Vède devant le pont où une sorte de retenue d’eau est une piscine naturelle... Un groupe de jeunes se présente devant ce paysage enchanteur, en face de la Vède dans le domaine de Vède un ancien légionnaire les interpelle:
• Eh ! Oh! Que faites-vous là les enfants, c’est un endroit dangereux, vous pouvez tomber dans l’eau !
• Mais, Monsieur, on ne fait rien de mal, nos Parents nous ont toujours dit que quand ils étaient jeunes, ils venaient en famille voir les gentils vieux légionnaires et même se baignaient ici dans la Vède.
• Oui, mais ils venaient en famille et étaient surveillés !
• Nous ne venons pas pour nous baigner, Monsieur, on vient juste pour voir où a été tué “Bambi”. Lire la suite...
Un conte de Noël de l’Histoire
Il arrive que l’Histoire écrive elle-même ses propres contes. Ce texte d'Antoine parle de courage, d’oubli, de fidélité et de retrouvailles. Deux soldats, deux vies parallèles, une rencontre tardive qui éclaire tout leur passé commun. Cet avant-propos invite le lecteur à entrer dans une histoire où la réalité dépasse la fiction et où la fraternité survit à tout, aux guerres, aux années, et au silence.
Louis Perez y Cid
Louis Perez y Cid
Conte ou miracle ?
Par Antoine Marquet
Les miracles existent encore, même dans la « Coloniale ».
Il y a quelques jours, je parcourais Facebook lorsqu’un visage buriné d’un ancien, couvert de décorations, s’est affiché sur mon écran. La légende affirmait : « Le dernier survivant de Dien Bien Phu. »
J’ai souri et j’ai répondu : Non. Le dernier, ce n’est pas lui.
J’en connais un autre. Un homme de 91 ans, droit comme un chêne, l’œil pétillant : Raymond Lindemann, mon ami de quarante ans.
Raymond, parachuté à Dien Bien Phu avec son bataillon, a tenu jusqu’à la chute du camp, avant la longue nuit de la captivité chez le Viet-Minh. Lire la suite...
Les miracles existent encore, même dans la « Coloniale ».
Il y a quelques jours, je parcourais Facebook lorsqu’un visage buriné d’un ancien, couvert de décorations, s’est affiché sur mon écran. La légende affirmait : « Le dernier survivant de Dien Bien Phu. »
J’ai souri et j’ai répondu : Non. Le dernier, ce n’est pas lui.
J’en connais un autre. Un homme de 91 ans, droit comme un chêne, l’œil pétillant : Raymond Lindemann, mon ami de quarante ans.
Raymond, parachuté à Dien Bien Phu avec son bataillon, a tenu jusqu’à la chute du camp, avant la longue nuit de la captivité chez le Viet-Minh. Lire la suite...
Ces femmes qui tiennent la ligne
Derrière chaque soldat, il y a une femme. Une base arrière. Une force silencieuse.
Sans elle, l’engagement du militaire serait bien plus difficile. Elle tient la ligne pendant qu’il est en mission.
Pourtant, son rôle reste encore trop souvent invisible, réduit à des tâches de soutien, comme si l’essentiel allait de soi.
C’est le sujet du texte de Christian, qui évoque aussi les Amicales, où les femmes sont nombreuses à faire fonctionner les structures : trésorerie, secrétariat, organisation, continuité. Leur engagement est réel, constant et indispensable.
Elles ne sont pas en second plan, elles sont bien souvent au cœur.
Sans elles, beaucoup d’Amicales ne fonctionneraient pas.
Louis Perez y Cid
« Envers et contre tout… »
Par Christian Morisot
Débat :
Les absences s’enchaînent, les réflexions fusent souvent maladroites : « Vos maris ont au moins la sécurité de l’emploi ! il est déjà rentré, c’est passé vite ? tu le savais en te mariant, etc…
Être femme de militaire, c’est assumer le métier de son mari, envers et contre tout. Accepter les missions longues, les déménagements multiples, les gardes et astreintes du Week-end, permissions et non congés. Lire la suite...
Ouverture de La Période De Noël
Par Louis Perez y Cid
À la Légion étrangère, le temps ne s’écoule pas tout à fait comme ailleurs. Il est scandé par des repères forts, chargés de mémoire et de sens. Parmi eux, deux dates dominent et se répondent.
Camerone, le 30 avril, célèbre les vertus militaires poussées jusqu’au sacrifice ultime. Le courage, l’honneur, la fidélité à la parole donnée, même quand tout semble perdu. C’est la fête du combat, de l’engagement total, de l’homme qui se tient debout jusqu’au bout.
Et puis il y a Noël.
Une autre victoire, plus silencieuse. Une fête qui ne glorifie pas l’arme, mais l’homme. La famille, la solidarité, la fraternité. Tout ce qui permet au légionnaire de rester humain, malgré la rudesse du métier et l’éloignement.
La tradition veut que.. Lire la suite...
À la Légion étrangère, le temps ne s’écoule pas tout à fait comme ailleurs. Il est scandé par des repères forts, chargés de mémoire et de sens. Parmi eux, deux dates dominent et se répondent.
Camerone, le 30 avril, célèbre les vertus militaires poussées jusqu’au sacrifice ultime. Le courage, l’honneur, la fidélité à la parole donnée, même quand tout semble perdu. C’est la fête du combat, de l’engagement total, de l’homme qui se tient debout jusqu’au bout.
Et puis il y a Noël.
Une autre victoire, plus silencieuse. Une fête qui ne glorifie pas l’arme, mais l’homme. La famille, la solidarité, la fraternité. Tout ce qui permet au légionnaire de rester humain, malgré la rudesse du métier et l’éloignement.
La tradition veut que.. Lire la suite...
La France en héritage
Ces quelques pages sont une réflexion née sur la place d’armes d’Aubagne, au moment précis où de jeunes légionnaires recevaient leur attestation de naturalisation. En les regardant devenir Français, une question s’est imposée à Christian, que signifie vraiment la France pour ceux qui la rejoignent par choix ? Ce texte est une tentative de réponse, nourrie d’expérience, de mémoire, et de l’attachement profond à la devise républicaine qui guide notre pays.
Mais cette émotion prend un sens particulier lorsqu’elle se vit au sein de la Légion étrangère. Car la Légion n’est pas seulement une formation militaire, elle est un lieu de renaissance, de dépassement, de fraternité concrète, où des hommes venus de toute la terre apprennent une langue, un esprit, une discipline commune. Pour certains, elle devient même le chemin vers une nouvelle patrie.
C’est à ces hommes, à ces nouveaux compatriotes qui ont déjà servi la France avant même d’en recevoir les papiers, que ces lignes s’adressent. Elles veulent saluer leur engagement, rappeler la force du lien qui unit la Légion à la Nation, et transmettre ce que signifie vraiment hériter de la France, une histoire, des valeurs, un idéal, mais aussi un devoir de fraternité, de fidélité et de solidarité, qui ont toujours été au cœur de la maison Légion.
Louis Perez y Cid
Par Christian Morisot
Furtivement, la lumière du soir enveloppe d’une masse sombre la place d’armes du quartier Viénot à Aubagne. Un évènement très particulier s’accomplissait, un groupe de jeunes légionnaires se voyait remettre par les élus locaux de la région, une attestation qui précisait leur naturalisation française.
Charmé agréablement par l’inattendu de l’engagement de ces jeunes hommes, une question me venait à l’esprit : « Que pouvait bien représenter la France pour eux ? Lire la suite
Les Chefs et le Premier Ministre
Pendant que les chefs s’arrachent les micros et que les plateaux s’enflamment, l’âne de Matignon tire la charrue du quinquennat. Une bête de somme docile qu’on dit “libre”, mais dont la bride reste bien tenue. Et pendant qu’ils se battent pour la carotte, un troisième larron compte les billets.
Les voleurs de pouvoir
Dans le cirque politique, chacun veut sa part de l’âne.
À gauche, on promet la “rupture sociale” en débattant depuis les loges VIP.
À droite, on réclame “l’ordre et le mérite”, entre deux conseils d’administration.
Les Verts, eux, veulent remplacer la cravache par un brin d’herbe bio.
Et les populistes, toujours en retard d’une nuance, hurlent qu’on a volé “leur” bête.
Résultat, l’âne n’avance plus. Il attend, stoïque, qu’on décide s’il doit brouter à Bruxelles ou braire à Paris. Un vrai symbole du gouvernement moderne, il travaille beaucoup, décide peu, et se fait tondre par tous.
Lire la suite...
À gauche, on promet la “rupture sociale” en débattant depuis les loges VIP.
À droite, on réclame “l’ordre et le mérite”, entre deux conseils d’administration.
Les Verts, eux, veulent remplacer la cravache par un brin d’herbe bio.
Et les populistes, toujours en retard d’une nuance, hurlent qu’on a volé “leur” bête.
Résultat, l’âne n’avance plus. Il attend, stoïque, qu’on décide s’il doit brouter à Bruxelles ou braire à Paris. Un vrai symbole du gouvernement moderne, il travaille beaucoup, décide peu, et se fait tondre par tous.
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Maréchal Pétain
3 et fin
En réponse à mes Amis Louis et Michel .
En tout premier, une question s’impose : « Qu’en serait-il de nos sentiments si le procès du Maréchal n’avait pas lieu… ». ainsi posée et qui enchaîne sur une autre : « En quoi cela peut-il intéressé sérieusement un étranger au service de la France ? »
Néanmoins, le sujet est pour certains d’entre-nous passionnant et déborde largement sur nos pensées intimes que chacune et chacun garde au fond de leur mémoire. La réaction de Michel est osée mais sans concession au point de conclure que : « l’Histoire, rien que l’Histoire. Le reste est du blabla » En fait, la réponse de Michel amorce un tout autre sujet : celui qu’un jour vous êtes un héros adulé et le lendemain le pire des salauds ! L’espoir en 1940 n’avait pas changé de camp, cependant le combat lui avait bien changé d’âme concrétisé par une résistance dont le nombre impressionne surtout au moment de la libération du monde libre… ». Lire la suite...
En tout premier, une question s’impose : « Qu’en serait-il de nos sentiments si le procès du Maréchal n’avait pas lieu… ». ainsi posée et qui enchaîne sur une autre : « En quoi cela peut-il intéressé sérieusement un étranger au service de la France ? »
Néanmoins, le sujet est pour certains d’entre-nous passionnant et déborde largement sur nos pensées intimes que chacune et chacun garde au fond de leur mémoire. La réaction de Michel est osée mais sans concession au point de conclure que : « l’Histoire, rien que l’Histoire. Le reste est du blabla » En fait, la réponse de Michel amorce un tout autre sujet : celui qu’un jour vous êtes un héros adulé et le lendemain le pire des salauds ! L’espoir en 1940 n’avait pas changé de camp, cependant le combat lui avait bien changé d’âme concrétisé par une résistance dont le nombre impressionne surtout au moment de la libération du monde libre… ». Lire la suite...
Nos dernières manifestations
Si le site a ouvert le 1er octobre, Légion'arts œuvre depuis bien plus longtemps. Voici un condensé des dernières manifestations.
Congrès de la FSALE. 13- 14-15 juin
La BD « C'est la légion » est publiée par légion'arts spécifiquement pour cet événement.
Rappelons qu'elle a été réalisée bénévolement par des membres de notre association, scénarios, dessins et colorisation.
L'impression de 3000 albums est financé par la FSALE. Les bénéfices des ventes sont dédiées à la FSALE.
En achetant un album vous participez aux œuvres de bienfaisance de la fédération, une autre manière de faire un don.
Rappelons qu'elle a été réalisée bénévolement par des membres de notre association, scénarios, dessins et colorisation.
L'impression de 3000 albums est financé par la FSALE. Les bénéfices des ventes sont dédiées à la FSALE.
En achetant un album vous participez aux œuvres de bienfaisance de la fédération, une autre manière de faire un don.
Week-end dédicaces à Orange. 13- 14 septembre
Paëlla et dédicaces. 20 septembre.
Journée de la rentrée de l'AALE de Puyloubier du Pays d'Aix et de la Ste Baume. Sous les platanes du domaine Capitaine Danjou, une séance de dédicaces au profit de l'AALE.
Cocktail de la rentrée. COMLE. 26 septembre.
Maréchal Pétain
Par Michel Gravereau
Bonjour Louis,
je désirerais réagir rapidement à la lecture de ton article paru ce matin sur le Maréchal Pétain.
Je suis né juste après la guerre et pendant toute mon enfance, j'ai entendu, dans la famille, chez les uns, chez les autres, parler de Pétain. Le Maréchal pour certains, le collabo pour d’autres. Selon que vous soyez puissant ou misérable…
Le sujet était brûlant. Ce que j'en ai toujours retenu : j’ai vécu au milieu de Français moyens qui subissaient l’occupation allemande. Ma mère me disait souvent : nous avons vu les Allemands traverser le pont de pierre de Bordeaux au pas cadencé. Est-ce là une troupe qui rencontre de la résistance ?
Nous pourrions hélas nous souvenir du tragique destin de glorieux régiments Légion, les 11° et 12 REI pour ne citer qu’eux. Laminés malgré leur bravoure.
Où étaient les hommes politiques pour opposer de la résistance ? Lire la suite...
Bonjour Louis,
je désirerais réagir rapidement à la lecture de ton article paru ce matin sur le Maréchal Pétain.
Je suis né juste après la guerre et pendant toute mon enfance, j'ai entendu, dans la famille, chez les uns, chez les autres, parler de Pétain. Le Maréchal pour certains, le collabo pour d’autres. Selon que vous soyez puissant ou misérable…
Le sujet était brûlant. Ce que j'en ai toujours retenu : j’ai vécu au milieu de Français moyens qui subissaient l’occupation allemande. Ma mère me disait souvent : nous avons vu les Allemands traverser le pont de pierre de Bordeaux au pas cadencé. Est-ce là une troupe qui rencontre de la résistance ?
Nous pourrions hélas nous souvenir du tragique destin de glorieux régiments Légion, les 11° et 12 REI pour ne citer qu’eux. Laminés malgré leur bravoure.
Où étaient les hommes politiques pour opposer de la résistance ? Lire la suite...
Maréchal PÉTAIN
Par Louis Perez y Cid
L’affaire de la messe pour le maréchal Pétain le 14 novembre 2025 réactive une polarisation typiquement française : le maire de Verdun, issu de la gauche, s’y oppose ; une association de droite saisit la justice. Ce qui devrait relever d’un débat serein sur l’histoire devient immédiatement un affrontement idéologique. En France, les questions mémorielles servent trop souvent de champs de bataille politiques.
Comme beaucoup d’anciens légionnaires d’origine étrangère, j’observe ce pays avec respect mais aussi avec perplexité. Un Français d’adoption, comme moi, n’hérite pas de ces repères politiques transmis au sein des familles, repères qui façonnent depuis plus d’un siècle la division entre gauche et droite. La France est un État centralisé, où la vie politique occupe une place disproportionnée, même ceux qui s’en désintéressent finissent par se positionner dans un camp. Lire la suite...
L’affaire de la messe pour le maréchal Pétain le 14 novembre 2025 réactive une polarisation typiquement française : le maire de Verdun, issu de la gauche, s’y oppose ; une association de droite saisit la justice. Ce qui devrait relever d’un débat serein sur l’histoire devient immédiatement un affrontement idéologique. En France, les questions mémorielles servent trop souvent de champs de bataille politiques.
Comme beaucoup d’anciens légionnaires d’origine étrangère, j’observe ce pays avec respect mais aussi avec perplexité. Un Français d’adoption, comme moi, n’hérite pas de ces repères politiques transmis au sein des familles, repères qui façonnent depuis plus d’un siècle la division entre gauche et droite. La France est un État centralisé, où la vie politique occupe une place disproportionnée, même ceux qui s’en désintéressent finissent par se positionner dans un camp. Lire la suite...
11 Novembre
Par Christian Morisot
Président d’une amicale d’anciens légionnaires, je me suis intéressé à la fête nationale du 11 novembre pour remettre en mémoire “ce deuil dans la fête” qui mobilisait les anciens combattants de la Grande Guerre pour provoquer une commémoration trois ans après la date anniversaire de la signature de l’armistice et marquer ainsi ce qu’ils appelaient: “la fin de la plus épouvantable tuerie qui ait désolé le monde moderne”.
Ainsi donc, ce sont les anciens combattants, eux-mêmes, qui ont imposé la consécration du 11 novembre comme fête nationale. En 1921, le parlement soucieux de lutter contre les “ponts”, avait repoussé au dimanche 13 la célébration de l’armistice, ce fut un tollé général pour toutes les associations d’anciens combattants qui obtinrent gain de cause.
L’appel au Peuple pour célébrer cette fête nationale s’exprimait comme suit:
“Pendant cinquante-deux mois, des peuples entiers se sont affrontés sur d’immenses champs de bataille. Quarante millions d’hommes se sont battus. Les hommes de la guerre veulent que leur victoire consacre l’écrasement de la guerre”. Lire la suite...
Ce que les poilus voulaient transmettre à la Nation
Cet article s’adresse aux anciens légionnaires, venus de nombreux pays mais unis par leur attachement à la France.
Beaucoup d’entre eux n’ont pas grandi dans la mémoire familiale de la Grande Guerre, c’est pourquoi il est important d’en comprendre le sens profond, tel que les anciens combattants français, les poilus, l’ont voulu.
Un jour de silence, pas de triomphe
Le 11 novembre 1918, à 11 heures, les armes se sont enfin tues.
L’Armistice mettait fin à plus de quatre années d’une guerre terrible. Les tranchées, la boue, le froid, les gaz et les obus avaient marqué à jamais une génération entière.
Près de 1,4 million de soldats français avaient donné leur vie pour défendre la patrie.
Pourtant, lorsque la paix revint, les anciens combattants ne voulurent pas célébrer une victoire éclatante.
Ils demandèrent au contraire que cette date soit consacrée au souvenir :
un temps de recueillement, non de défilé ;
un silence national, non une marche triomphale.
“Ce que nous voulons, c’est qu’on se souvienne de nos camarades morts, pas qu’on fête la guerre.”
Témoignage d’un poilu, 1919
L’Armistice mettait fin à plus de quatre années d’une guerre terrible. Les tranchées, la boue, le froid, les gaz et les obus avaient marqué à jamais une génération entière.
Près de 1,4 million de soldats français avaient donné leur vie pour défendre la patrie.
Pourtant, lorsque la paix revint, les anciens combattants ne voulurent pas célébrer une victoire éclatante.
Ils demandèrent au contraire que cette date soit consacrée au souvenir :
un temps de recueillement, non de défilé ;
un silence national, non une marche triomphale.
“Ce que nous voulons, c’est qu’on se souvienne de nos camarades morts, pas qu’on fête la guerre.”
Témoignage d’un poilu, 1919
L’esprit des poilus : honorer, pas glorifier
Les poilus savaient que la paix ne serait durable que si l’on se souvenait du prix qu’elle avait coûté.
Ils souhaitaient que chaque 11 novembre, la France s’incline devant le courage de ceux qui étaient tombés, et remercie ceux qui avaient tenu bon dans l’enfer des tranchées.
Ainsi naquit l’idée d’une journée d’unité nationale, où tout le peuple, des élus aux enfants, rend hommage à ses soldats.
Pas pour exalter la force, mais pour honorer la fidélité et le sacrifice.
Ils souhaitaient que chaque 11 novembre, la France s’incline devant le courage de ceux qui étaient tombés, et remercie ceux qui avaient tenu bon dans l’enfer des tranchées.
Ainsi naquit l’idée d’une journée d’unité nationale, où tout le peuple, des élus aux enfants, rend hommage à ses soldats.
Pas pour exalter la force, mais pour honorer la fidélité et le sacrifice.
la première commémoration (1920)
La première cérémonie du 11 novembre a lieu en 1920, deux ans après l’Armistice.
Le Parlement français décide d’en faire une journée officielle du souvenir, et d’inhumer un soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe, à Paris.
Ce soldat, choisi parmi les morts non identifiés du front, représente tous les héros anonymes.
Trois ans plus tard, en 1923, le journaliste Gabriel Boissy propose d’allumer une flamme du souvenir au-dessus de la tombe.
Depuis ce jour, la flamme ne s’est jamais éteinte : chaque soir, elle est ravivée par des associations d’anciens combattants, dans un geste simple et solennel.
La première cérémonie du 11 novembre a lieu en 1920, deux ans après l’Armistice.
Le Parlement français décide d’en faire une journée officielle du souvenir, et d’inhumer un soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe, à Paris.
Ce soldat, choisi parmi les morts non identifiés du front, représente tous les héros anonymes.
Trois ans plus tard, en 1923, le journaliste Gabriel Boissy propose d’allumer une flamme du souvenir au-dessus de la tombe.
Depuis ce jour, la flamme ne s’est jamais éteinte : chaque soir, elle est ravivée par des associations d’anciens combattants, dans un geste simple et solennel.
Le sens du rituel : mémoire et unité
Chaque année, le 11 novembre, la France entière se rassemble.
Dans chaque commune, devant le monument aux morts, la cérémonie suit un rituel immuable :
• lecture du message officiel du maire.
• minute de silence à 11 heures.
• dépôt de gerbes de fleurs.
• Marseillaise .
• et enfin, recueillement collectif.
Il n’y a pas de défilé militaire : c’est un moment de fraternité, partagé entre les générations et les origines.
Les maires, les anciens combattants, les légionnaires, les élèves et les citoyens se tiennent côte à côte, devant le monument aux morts, pour honorer le courage et la paix.
Dans chaque commune, devant le monument aux morts, la cérémonie suit un rituel immuable :
• lecture du message officiel du maire.
• minute de silence à 11 heures.
• dépôt de gerbes de fleurs.
• Marseillaise .
• et enfin, recueillement collectif.
Il n’y a pas de défilé militaire : c’est un moment de fraternité, partagé entre les générations et les origines.
Les maires, les anciens combattants, les légionnaires, les élèves et les citoyens se tiennent côte à côte, devant le monument aux morts, pour honorer le courage et la paix.
Les monuments aux morts
Entre 1920 et 1925, plus de 36 000 monuments aux morts furent érigés en France.
Presque chaque village en possède un.
On y trouve gravés les noms de ceux qui sont “morts pour la France”.
Ces monuments ne célèbrent pas la guerre : ils témoignent de l’absence, du deuil collectif et du souvenir vivant.
Les cérémonies du 11 novembre s’y tiennent encore aujourd’hui, comme un lien entre le passé et le présent.
Entre 1920 et 1925, plus de 36 000 monuments aux morts furent érigés en France.
Presque chaque village en possède un.
On y trouve gravés les noms de ceux qui sont “morts pour la France”.
Ces monuments ne célèbrent pas la guerre : ils témoignent de l’absence, du deuil collectif et du souvenir vivant.
Les cérémonies du 11 novembre s’y tiennent encore aujourd’hui, comme un lien entre le passé et le présent.
Pour ceux qui ont choisi la France
Pour les anciens légionnaires, le 11 novembre a une résonance particulière.
Beaucoup ne sont pas nés sur le sol français, mais ont choisi la France et son drapeau, parfois au prix de leur sang.
Beaucoup ne sont pas nés sur le sol français, mais ont choisi la France et son drapeau, parfois au prix de leur sang.
La Légion étrangère et la Grande Guerre
Plus de 40 000 légionnaires ont combattu sous le drapeau français entre 1914 et 1918.
Venus de plus de 50 nations, ils se sont illustrés sur tous les fronts : Artois, Champagne, Verdun, la Somme…
Leur courage a marqué les esprits, et beaucoup reposent aujourd’hui dans les nécropoles militaires de France.
Leur engagement symbolise la devise légionnaire :
“Honneur et Fidélité.”
Plus de 40 000 légionnaires ont combattu sous le drapeau français entre 1914 et 1918.
Venus de plus de 50 nations, ils se sont illustrés sur tous les fronts : Artois, Champagne, Verdun, la Somme…
Leur courage a marqué les esprits, et beaucoup reposent aujourd’hui dans les nécropoles militaires de France.
Leur engagement symbolise la devise légionnaire :
“Honneur et Fidélité.”
En cela, ils partagent le destin des poilus: servir la patrie d'adoption avec courage et fidélité, quelles que soient leurs origines.
Participer à la commémoration, c’est entrer dans la mémoire vivante du pays, aux côtés de ceux qui ont combattu avant nous et ceux qui nous ont adopté.
C’est dire, en silence : “Nous nous souvenons. Nous continuons avec vous.”
Participer à la commémoration, c’est entrer dans la mémoire vivante du pays, aux côtés de ceux qui ont combattu avant nous et ceux qui nous ont adopté.
C’est dire, en silence : “Nous nous souvenons. Nous continuons avec vous.”
Un héritage de paix et de fraternité
Le 11 novembre n’est donc pas une fête de la victoire, mais un rappel du prix du courage, de la paix et de la solidarité.
C’est le jour où la France se souvient de ceux qui, par devoir, ont tenu tête à l’horreur.
C’est aussi une invitation à protéger la paix et la fraternité entre les peuples, valeurs chères à la Légion étrangère.
“Souvenons-nous, pour ne jamais revivre cela.”
Chaque citoyen, chaque légionnaire, en participant à cette cérémonie, prolonge le serment des poilus : ne pas oublier, rester fidèle, servir la France avec honneur.
C’est le jour où la France se souvient de ceux qui, par devoir, ont tenu tête à l’horreur.
C’est aussi une invitation à protéger la paix et la fraternité entre les peuples, valeurs chères à la Légion étrangère.
“Souvenons-nous, pour ne jamais revivre cela.”
Chaque citoyen, chaque légionnaire, en participant à cette cérémonie, prolonge le serment des poilus : ne pas oublier, rester fidèle, servir la France avec honneur.
Quand la jeunesse française romantise les dictateurs rouges
Par Louis Perez y Cid
De Lénine à Mao, de Che Guevara au Hamas, une partie des étudiants français continue de s’identifier à des figures révolutionnaires aux bilans tragiques. Une fascination qui en dit long sur le désarroi politique et moral d’une génération en quête d’idéal.
Dans les amphithéâtres et sur les pancartes de manifestations, les visages de Lénine, Trotski, Staline, Mao ou Che Guevara s’affichent encore fièrement. Plus récemment, c’est même le drapeau du Hamas qui s’est invité dans les cortèges étudiants.
Un paradoxe criant : ces jeunes, qui revendiquent la liberté, la justice et la dignité des peuples, se tournent vers ceux qui, dans l’histoire, ont bâillonné les leurs.
De Lénine à Mao, de Che Guevara au Hamas, une partie des étudiants français continue de s’identifier à des figures révolutionnaires aux bilans tragiques. Une fascination qui en dit long sur le désarroi politique et moral d’une génération en quête d’idéal.
Dans les amphithéâtres et sur les pancartes de manifestations, les visages de Lénine, Trotski, Staline, Mao ou Che Guevara s’affichent encore fièrement. Plus récemment, c’est même le drapeau du Hamas qui s’est invité dans les cortèges étudiants.
Un paradoxe criant : ces jeunes, qui revendiquent la liberté, la justice et la dignité des peuples, se tournent vers ceux qui, dans l’histoire, ont bâillonné les leurs.
La révolution comme mythe romantique
Dans l’imaginaire militant, les “grands révolutionnaires” incarnent la résistance à l’oppression, l’émancipation des masses, la lutte contre l’impérialisme. Lénine et Staline deviennent les architectes d’un monde plus juste, Mao le libérateur du peuple chinois, le Che le héros romantique tombé les armes à la main.
Mais derrière les affiches et les tee-shirts stylisés, la réalité historique s’efface : camps, famines, répression. Des millions de morts, effacés d’un trait au nom de la “cause”.
L’idéologie, ici, l’emporte sur la vérité. Ce n’est pas l’histoire qu’on vénère, mais le mythe, celui du combat pur, de l’idéal contre la brutalité du réel.
Mais derrière les affiches et les tee-shirts stylisés, la réalité historique s’efface : camps, famines, répression. Des millions de morts, effacés d’un trait au nom de la “cause”.
L’idéologie, ici, l’emporte sur la vérité. Ce n’est pas l’histoire qu’on vénère, mais le mythe, celui du combat pur, de l’idéal contre la brutalité du réel.
La mémoire sélective d’une tradition française
Il faut dire que la culture universitaire française garde une longue familiarité avec la gauche radicale. Dans les salles de cours comme dans certains manuels, le communisme reste présenté comme une idée noble, simplement “dévoyée” par ses excès.
Les crimes du nazisme sont unanimement condamnés ; ceux du stalinisme ou du maoïsme, eux, sont souvent relativisés. Comme si les intentions “généreuses” excusaient les charniers.
Cette mémoire à géométrie variable entretient un biais moral tenace : la gauche révolutionnaire serait du côté du bien, même quand elle a multiplié les goulags.
Les crimes du nazisme sont unanimement condamnés ; ceux du stalinisme ou du maoïsme, eux, sont souvent relativisés. Comme si les intentions “généreuses” excusaient les charniers.
Cette mémoire à géométrie variable entretient un biais moral tenace : la gauche révolutionnaire serait du côté du bien, même quand elle a multiplié les goulags.
Une quête d’idéal dans un monde désabusé
Le succès persistant de ces icônes rouges s’explique aussi par le vide qu’elles comblent.
Les jeunes d’aujourd’hui grandissent dans un monde saturé de crises,écologiques, sociales, politiques, où l’horizon semble bouché. La politique classique ne fait plus rêver, les grands récits collectifs se sont effondrés.
Alors, Lénine ou le Che réapparaissent, non pas comme des modèles politiques, mais comme des symboles d’absolu. Une manière de dire non, de se révolter, d’appartenir à quelque chose de plus grand qu’eux.
Les jeunes d’aujourd’hui grandissent dans un monde saturé de crises,écologiques, sociales, politiques, où l’horizon semble bouché. La politique classique ne fait plus rêver, les grands récits collectifs se sont effondrés.
Alors, Lénine ou le Che réapparaissent, non pas comme des modèles politiques, mais comme des symboles d’absolu. Une manière de dire non, de se révolter, d’appartenir à quelque chose de plus grand qu’eux.
Du Che au Hamas : la confusion des symboles
Ce même réflexe se retrouve aujourd’hui dans les slogans pro-Hamas qui fleurissent dans certaines facultés.
Beaucoup de jeunes manifestent par compassion pour le peuple palestinien, une cause juste, évidemment. Mais dans les cortèges, on voit aussi ceux qui brandissent le drapeau vert sans mesurer ce qu’il représente : un mouvement islamiste autoritaire, homophobe, qui opprime les siens autant qu’il combat Israël.
Le schéma est le même qu’hier : le “résistant” est sanctifié, même quand il devient bourreau. L’idéologie simplifie tout : il suffit d’être “contre” pour être du bon côté de l’histoire.
Beaucoup de jeunes manifestent par compassion pour le peuple palestinien, une cause juste, évidemment. Mais dans les cortèges, on voit aussi ceux qui brandissent le drapeau vert sans mesurer ce qu’il représente : un mouvement islamiste autoritaire, homophobe, qui opprime les siens autant qu’il combat Israël.
Le schéma est le même qu’hier : le “résistant” est sanctifié, même quand il devient bourreau. L’idéologie simplifie tout : il suffit d’être “contre” pour être du bon côté de l’histoire.
Entre naïveté et responsabilité collective
Faut-il pour autant condamner cette jeunesse ? Non. Leur indignation est sincère, leur soif de justice réelle. Mais leur discernement, lui, vacille.
Le problème n’est pas l’engagement, c’est l’aveuglement. Et cet aveuglement trouve ses racines dans un environnement intellectuel où l’on a longtemps préféré fermer les yeux sur les crimes “amis”.
L’université, lieu du savoir et du débat, devrait être celui où l’on apprend à penser contre soi-même, à confronter les mythes à la réalité, à ne pas confondre liberté et révolution.
Ce n’est pas la soif d’idéal qu’il faut blâmer, mais le romantisme politique qui la détourne.
Car à force de rêver les dictateurs en héros, on finit par oublier ce que la liberté leur doit : la vérité.
Le problème n’est pas l’engagement, c’est l’aveuglement. Et cet aveuglement trouve ses racines dans un environnement intellectuel où l’on a longtemps préféré fermer les yeux sur les crimes “amis”.
L’université, lieu du savoir et du débat, devrait être celui où l’on apprend à penser contre soi-même, à confronter les mythes à la réalité, à ne pas confondre liberté et révolution.
Ce n’est pas la soif d’idéal qu’il faut blâmer, mais le romantisme politique qui la détourne.
Car à force de rêver les dictateurs en héros, on finit par oublier ce que la liberté leur doit : la vérité.
Cérémonie au cimetière de Montferrat (Haut-Var)
2 novembre 2025
Ils sont venus, ils sont tous là, ceux du haut-Var, ceux de Toulon, de Cannes, de Puyloubier-Aix et bien d'autres en l’honneur des vingt-deux légionnaires qui y reposent.
Il y a quelque temps, un de nos camarades avait titré l’une de ses chroniques : « Les légionnaires oubliés ».
Il écrivait :
« La Camarde ne pardonne rien, n’oublie personne ; tôt ou tard elle nous saisit sous son manteau sombre et nous accompagne de son haleine fétide jusqu’aux profondeurs du Styx ou nous pousse, nimbés de gloire, vers les hauteurs éthérées… »
Ce 2 novembre, au cimetière de Montferrat, nous étions là pour que justement, ils ne soient pas oubliés.
Nous étions là pour raviver le souvenir du courage et du sacrifice des vingt-deux légionnaires qui reposent en ce lieu — hommes de devoir, qui donnèrent tant à la France lors de la construction du camp de Canjuers.
Albert Camus, dans La Mort heureuse, écrivait :
« Quand je regarde ma vie et sa couleur secrète, j’ai en moi un tremblement de larmes. Comme ce ciel, il est à la fois pluie et soleil, midi et minuit. »
Il pleuvait, ce 2 novembre, sur le cimetière de Montferrat : pluie sur nos têtes, pluie dans nos cœurs. Nous marchions ensemble, un bout de ce chemin de mémoire et de fidélité. Pour la première fois ici, la cérémonie fut rehaussée par un piquet d’honneur venu de la Maison-Mère.
Nous étions là pour raviver le souvenir du courage et du sacrifice des vingt-deux légionnaires qui reposent en ce lieu — hommes de devoir, qui donnèrent tant à la France lors de la construction du camp de Canjuers.
Albert Camus, dans La Mort heureuse, écrivait :
« Quand je regarde ma vie et sa couleur secrète, j’ai en moi un tremblement de larmes. Comme ce ciel, il est à la fois pluie et soleil, midi et minuit. »
Il pleuvait, ce 2 novembre, sur le cimetière de Montferrat : pluie sur nos têtes, pluie dans nos cœurs. Nous marchions ensemble, un bout de ce chemin de mémoire et de fidélité. Pour la première fois ici, la cérémonie fut rehaussée par un piquet d’honneur venu de la Maison-Mère.
Montferrat est la commune du Haut-Var dont dépend, civilement et administrativement, Canjuers, le plus vaste camp militaire d’Europe occidentale (35 000 hectares, 35 kilomètres de long).
La Légion y a œuvré de 1968 à 1984, sous trois appellations successives — CPLE / 1er RE, CTL / 61e BMGL et C.R.T.R.L.E / 1er RE — afin de bâtir pour l’Armée de Terre ce camp d’entraînement hors normes, renforcée à ses débuts par une compagnie du 5ème Régiment Etranger du Génie.
Cette journée de recueillement doit beaucoup à l’implication personnelle du major (er) Pierre Jorand, qui n’a ménagé ni son temps ni sa peine pour donner à cet hommage son caractère à la fois rigoureux, digne et fraternel.
Le temps s’enfuit, les heures et les jours s’effacent, mais il nous appartient de retenir ce qui doit l’être : là où la Légion étrangère a laissé son empreinte, là où des frères d’armes reposent.
Ne dit-on pas que la Légion n’abandonne jamais les siens, et que — sur la terre imprégnée du sang des légionnaires, le soleil ne se couche jamais ?
Nous ne vous oublions pas.
La Légion y a œuvré de 1968 à 1984, sous trois appellations successives — CPLE / 1er RE, CTL / 61e BMGL et C.R.T.R.L.E / 1er RE — afin de bâtir pour l’Armée de Terre ce camp d’entraînement hors normes, renforcée à ses débuts par une compagnie du 5ème Régiment Etranger du Génie.
Cette journée de recueillement doit beaucoup à l’implication personnelle du major (er) Pierre Jorand, qui n’a ménagé ni son temps ni sa peine pour donner à cet hommage son caractère à la fois rigoureux, digne et fraternel.
Le temps s’enfuit, les heures et les jours s’effacent, mais il nous appartient de retenir ce qui doit l’être : là où la Légion étrangère a laissé son empreinte, là où des frères d’armes reposent.
Ne dit-on pas que la Légion n’abandonne jamais les siens, et que — sur la terre imprégnée du sang des légionnaires, le soleil ne se couche jamais ?
Nous ne vous oublions pas.
La municipalité offrit un vin d’honneur aux participants, et cette belle réunion se poursuivit par un déjeuner de grande qualité, ponctué de chants légionnaires.
L’atmosphère était chaleureuse, presque hors du temps.
Chacun retrouvait, par instants, le souvenir de ces grands moments de fraternité qui ne s’effacent jamais vraiment.
Commandant (er) Christian Morisot
L’atmosphère était chaleureuse, presque hors du temps.
Chacun retrouvait, par instants, le souvenir de ces grands moments de fraternité qui ne s’effacent jamais vraiment.
Commandant (er) Christian Morisot
La raison du plus fort est toujours la meilleure,
Et l’art d’enrober l’injustice en loi, le plus sûr moyen de durer.
Dans un pays qu’on disait prospère,
Vivait un Loup vêtu de drapeaux, de chiffres et de beaux mots.
Sous prétexte d’ordre et de progrès,
Il flairait jusque dans les poches des brebis endormies.
Un matin, un Agneau nommé Citoyen
Buvait à la source de son travail.
Il comptait ses pièces, modestes et honnêtes.
Surgit le Loup, porteur d’un décret tout neuf :
— Qui t’a permis de boire sans facture ?
— Sire, c’est mon eau, mon labeur, mon loyer.
— Nul bien n’est à toi, dit le Loup en ricanant,
— Car tout t’appartient par moi.
Et d’un geste légal, il installa son impôt :
sur l’eau, l’air, la laine, la lumière et même le sommeil.
Puis, avec gravité, il déclara :
“Le citoyen libre contribue à la grandeur de l’État.”
L’Agneau, tondu jusqu’à son ombre, répondit :
— Me voilà donc libre de tout, sauf de toi.
Mais le Loup, sourd, ajouta un nouveau prélèvement :
le silence.
MORALE :
Quand le pouvoir dévore sous prétexte de servir,
Le peuple n’a plus qu’à bêler pour couvrir le bruit de la tondeuse... ou
L’Aigle, sur un vieux missile perché,
Tenait en son bec un Trident bleu et doré.
L’Ours, par l’odeur de poudre alléché,
Sortit de sa tanière, l’air outragé :
« Hé ! bonjour, grand volatile des cieux,
Toujours prompt à planer sur les feux !
Que ton plumage est noble, que ton cri résonne fort,
On croirait que la paix naît à ton bord !
Mais dis-moi donc, ce Trident étincelant,
Que fais-tu donc si près de mon champ ?
Ce bijou-là, je crois, fut taillé dans ma forge,
Et sa garde, jadis, marquait mon large. »
L’Aigle, flatté d’un ton si faux,
Se voulut roi, défenseur, héros.
Il cria fort, fit battre ses ailes…
Et le Trident tomba, chose cruelle.
L’Ours bondit, le prit, le serra dans sa patte,
En rugissant : « Je reprends ce qui fut à ma hâte ! »
L’Aigle, vexé, appela ses amis :
La chouette*, vieille Europe, et quelques colibris
Tous vinrent piailler : « Lâche donc ce trophée ! » Cependant inquiets, restèrent éloigné.
Mais l’Ours, grognant, resta campé.
Moralité :
« Entre l’Aigle qui promet et l’Ours qui prend, le Trident saigne et la chouette regarde en comptant les sanctions comme d’autres comptent les moutons.
*La chouette. Sage, observatrice, mais souvent immobile et silencieuse, elle voit tout… et ne bouge pas.
Saint-Coulomb : quand un général découvre qu’il est dans la BD !
À la foire aux livres, la Légion s’invite entre les pages et les bulles.
Par Louis Perez y Cid
À l’occasion de la foire aux livres de Saint-Coulomb (Ille-et-Vilaine), le lieutenant-colonel (er) Mickaël De Prat présentait ses ouvrages au public.
Membre actif de l’association Légion’Arts, il y exposait également l’album de bande dessinée « C’est la Légion », édité par l’association et consacré à des anecdotes authentiques issues de la Légion étrangère.
Parmi les visiteurs, le général (2s) Alexandre Lalanne-Bertoudicq, habitant d’un village voisin, s’est arrêté sur le stand pour saluer son ancien camarade de la légion, rencontré autrefois au 3e REI en Guyane.
Surprise et sourire au rendez-vous : en feuilletant l’album, le général découvre qu’il figure lui-même dans l’une des histoires, illustrant un souvenir de son passage à la tête du régiment.
L’association Légion’Arts remercie chaleureusement le général pour avoir autorisé la publication de cette anecdote, avec le concours du commandant Christian Morisot.
Et pour la petite note d’humour : le général a les yeux bleus… mais dans la BD, ils sont marron. Les auteurs en rient volontiers «on bat notre coulpe», promettent-ils, sourire aux lèvres.
Message de soutien à notre camarade Jean-Claude POU
Chers Camarades,
Notre ami Jean-Claude affronte une fois de plus une épreuve qui mettrait à bas bien des hommes. Aujourd’hui, il devra subir une nouvelle amputation, celle de sa seconde jambe.
Nous qui avons connu Jean-Claude sous les drapeaux savons de quel bois il est fait. De simple légionnaire, son courage et sa valeur l'ont conduit au grade de capitaine. Après avoir donné tant à la Légion, il avait choisi de bâtir une vie paisible, un foyer chaleureux pour élever ses deux enfants, loin de l'agitation du monde.
Le destin a été sévère. La perte brutale de son épouse bien-aimée a été un coup terrible, une douleur dont personne ne sort indemne. Père avant tout, Jean-Claude a puisé dans ses forces vives, malgré le chagrin, pour ses enfants, montrant une résilience qui force le respect.
Puis est venu le premier affrontement avec la maladie, qui lui a pris une jambe. Malgré ce lourd handicap, il a continué à se battre avec une dignité remarquable, préservant son autonomie grâce à son propre courage et au soutien précieux de sa fille, Marie.
Aujourd'hui, le combat recommence. Face à cette nouvelle et rude épreuve notre camarade a besoin de nous plus que jamais. Il nous faut lui apporter notre soutien moral et fraternel qu’il mérite tant.
Ne le laissons pas seul dans cette heure difficile. Un message, un appel, une pensée peuvent être une lumière dans l'épreuve. Rappelons-lui qu'une fois camarade, toujours camarade, et que la fraternité légionnaire n'est pas un vain mot.
Jean-Claude est hospitalisé à la :
Clinique Saint-Joseph
À Marseille
Chambre 22-32
Téléphone : 06.08.86.45.70
Entourons-le de notre fraternité indéfectible. Pour la Légion !
Pour Jean-Claude !
Commandant Christian Morisot