Tout cela se passe au-dessus de nos têtes
Le ciel nous tombe sur la tête
Par Michel Gravereau.
Tous les enfants sont fascinés par les dinosaures, étranges et imposantes créatures que nous ne rencontrons plus dans nos prairies, mais uniquement dans les musées, grâce au travail acharné des paléontologues qui recherchent les traces, les os de ces animaux disparus voici 65 millions d’années.
Mieux que quiconque, ces témoins du passé savent ce que veut dire « le ciel nous tombe sur la tête ». En effet, leur disparition est due à une rencontre brutale entre notre planète et un corps surgi de la nuit : un astéroïde de 12 km de diamètre. Le point d’impact eut lieu vraisemblablement dans le golfe du Mexique, sur la presqu’île du Yucatan.
Le choc fut tel que tsunamis, incendies, propulsion dans l’atmosphère d’une quantité infinie de poussières obscurcissant tellement le ciel pendant 800 ans que les végétaux en moururent et que les dinosaures, végétariens avant l’heure dépérirent. C’était leur extinction.
Collision inévitable ?
Témoins de la naissance de notre système solaire, des millions d’astéroïdes orbitent autour de notre Soleil. De tailles très différentes, à peine quelques centimètres pour les plus petits, moins d’un kilomètre pour la plupart. Nous en avons recensé quelques dizaines seulement qui dépassent les 200 km de diamètre. Le plus gros porte le nom de Vesta et affiche 530 km de diamètre moyen. Leurs formes font davantage penser à des patates, suppositoires, cacahuètes qu’à des sphères Pas deux pareils !
Leur composition également est telle qu’ils peuvent être classés dans les Carbonés, ressemblant à des morceaux de charbon, noirs comme l’ébène. Ils représentent 75 % des astéroïdes.
Certains sont rocheux, c’est-à-dire que les silicates ou minéraux constituent leur composition.
Enfin, la troisième catégorie fait fantasmer certains scientifiques. Des astéroïdes sont métalliques, tout simplement composés de fer ou de nickel.
Découverte du premier astéroïde.
Le 1er janvier 1 801, recherchant une étoile depuis l’observatoire de Palerme, l’Italien Giuseppe Piazzi découvre Cérès dans la ceinture d’astéroïdes. L’histoire nous dit que Napoléon, amateur d’astronomie et apprenant cette découverte lors d’une campagne, voulut imposer un autre nom.
Depuis le 24 août 2006, tout comme Pluton, Cérès a été classé dans la catégorie des planètes naines. Son diamètre avoisine les 950 km et présente une forme sphérique. Une sonde, Dawn, est allée « visiter » cet astre en 2 015, après avoir regardé de près Vesta.
Témoins de la naissance de notre système solaire, des millions d’astéroïdes orbitent autour de notre Soleil. De tailles très différentes, à peine quelques centimètres pour les plus petits, moins d’un kilomètre pour la plupart. Nous en avons recensé quelques dizaines seulement qui dépassent les 200 km de diamètre. Le plus gros porte le nom de Vesta et affiche 530 km de diamètre moyen. Leurs formes font davantage penser à des patates, suppositoires, cacahuètes qu’à des sphères Pas deux pareils !
Leur composition également est telle qu’ils peuvent être classés dans les Carbonés, ressemblant à des morceaux de charbon, noirs comme l’ébène. Ils représentent 75 % des astéroïdes.
Certains sont rocheux, c’est-à-dire que les silicates ou minéraux constituent leur composition.
Enfin, la troisième catégorie fait fantasmer certains scientifiques. Des astéroïdes sont métalliques, tout simplement composés de fer ou de nickel.
Découverte du premier astéroïde.
Le 1er janvier 1 801, recherchant une étoile depuis l’observatoire de Palerme, l’Italien Giuseppe Piazzi découvre Cérès dans la ceinture d’astéroïdes. L’histoire nous dit que Napoléon, amateur d’astronomie et apprenant cette découverte lors d’une campagne, voulut imposer un autre nom.
Depuis le 24 août 2006, tout comme Pluton, Cérès a été classé dans la catégorie des planètes naines. Son diamètre avoisine les 950 km et présente une forme sphérique. Une sonde, Dawn, est allée « visiter » cet astre en 2 015, après avoir regardé de près Vesta.
Des millions d’astéroïdes, depuis, ont été découverts. Ils orbitent pour la plupart entre Mars et Jupiter dans ce que l’on appelle la ceinture d’astéroïdes, à environ 400 millions de kilomètres du Soleil.
Au-delà de Neptune, la ceinture de Kuiper abrite elle aussi des astéroïdes. Mais ils sont si éloignés que nos télescopes ne peuvent voir que ceux qui font plusieurs dizaines de km.
D’autres astéroïdes, dits troyens, partagent eux la même orbite que chacune des planètes. Ils sont piégés par des forces physiques « devant » et « derrière » chaque planète. Jupiter possède plus de 8 000 astéroïdes troyens (contre neuf, connus, pour Mars et deux pour la Terre).
Des milliards de milliards d’astéroïdes interstellaires, échappés des autres systèmes solaires, errent dans l’Univers. Certains s’égarent et traversent notre Système solaire. Oumuamua est ainsi venu nous faire un petit coucou en 2017, avant de repartir vers le cosmos.
Les témoins de notre passé
Les astéroïdes n’ont quasiment pas changé depuis la formation du Système solaire il y a 4,5 milliards d’années. Ils sont les miettes des matériaux primitifs à partir desquels se sont formées les planètes. A ce titre, ils intéressent les scientifiques car on pense qu’ils ont pu contribuer au développement de la vie sur Terre, en apportant avec eux l’eau ou des molécules organiques.
Les astéroïdes sont les témoins de l’origine du Système solaire, comme les fossiles pour le paléontologue ou l’ADN pour le généticien.
Un astéroïde prend le nom de météore lorsqu’il traverse notre atmosphère. S’il parvient au sol, on l’appelle alors météorite. La NASA estime qu’il « pleut » plus de 230 météorites de plus de 10g chaque jour sur Terre. Les scientifiques peuvent ainsi étudier les quelques exemplaires qu’ils dénichent.
Mais, depuis les années 1990, des sondes spatiales survolent les astéroïdes, révélant des détails invisibles avec des télescopes au sol : leur forme, leur composition de surface… D’autres satellites sont également chargés de les recenser. Comme Gaia, qui à partir de 2014, avait cartographié et mesuré des dizaines de milliers d’astéroïdes.
Posséder des échantillons.
Le graal des scientifiques consiste à prélever des morceaux d’astéroïdes dans l’espace et de les rapporter intacts sur Terre ! Plusieurs missions spatiales ont été menées dans ce but :
Hayabusa : en 2010, l’agence spatiale japonaise (JAXA) rapporte sur Terre 1500 grains prélevés sur l’astéroïde Itokawa.
Au-delà de Neptune, la ceinture de Kuiper abrite elle aussi des astéroïdes. Mais ils sont si éloignés que nos télescopes ne peuvent voir que ceux qui font plusieurs dizaines de km.
D’autres astéroïdes, dits troyens, partagent eux la même orbite que chacune des planètes. Ils sont piégés par des forces physiques « devant » et « derrière » chaque planète. Jupiter possède plus de 8 000 astéroïdes troyens (contre neuf, connus, pour Mars et deux pour la Terre).
Des milliards de milliards d’astéroïdes interstellaires, échappés des autres systèmes solaires, errent dans l’Univers. Certains s’égarent et traversent notre Système solaire. Oumuamua est ainsi venu nous faire un petit coucou en 2017, avant de repartir vers le cosmos.
Les témoins de notre passé
Les astéroïdes n’ont quasiment pas changé depuis la formation du Système solaire il y a 4,5 milliards d’années. Ils sont les miettes des matériaux primitifs à partir desquels se sont formées les planètes. A ce titre, ils intéressent les scientifiques car on pense qu’ils ont pu contribuer au développement de la vie sur Terre, en apportant avec eux l’eau ou des molécules organiques.
Les astéroïdes sont les témoins de l’origine du Système solaire, comme les fossiles pour le paléontologue ou l’ADN pour le généticien.
Un astéroïde prend le nom de météore lorsqu’il traverse notre atmosphère. S’il parvient au sol, on l’appelle alors météorite. La NASA estime qu’il « pleut » plus de 230 météorites de plus de 10g chaque jour sur Terre. Les scientifiques peuvent ainsi étudier les quelques exemplaires qu’ils dénichent.
Mais, depuis les années 1990, des sondes spatiales survolent les astéroïdes, révélant des détails invisibles avec des télescopes au sol : leur forme, leur composition de surface… D’autres satellites sont également chargés de les recenser. Comme Gaia, qui à partir de 2014, avait cartographié et mesuré des dizaines de milliers d’astéroïdes.
Posséder des échantillons.
Le graal des scientifiques consiste à prélever des morceaux d’astéroïdes dans l’espace et de les rapporter intacts sur Terre ! Plusieurs missions spatiales ont été menées dans ce but :
Hayabusa : en 2010, l’agence spatiale japonaise (JAXA) rapporte sur Terre 1500 grains prélevés sur l’astéroïde Itokawa.
Hayabusa 2 : en 2014, la JAXA collecte 5,4 grammes d’échantillons sur l’astéroïde Ryugu qui sont rapportés sur Terre en 2020. La sonde embarque également MASCOT, un petit atterrisseur développé par la France et l’Allemagne et qui effectue des mesures directement sur Ryugu.
OSIRIS-REx : cette sonde américaine a prélevé plus de 120 g de l’astéroïde Bennu, revenus sur Terre en 2023.
OSIRIS-REx : cette sonde américaine a prélevé plus de 120 g de l’astéroïde Bennu, revenus sur Terre en 2023.
Un cube d’astéroïde métallique d’1 km de côté contiendrait 7 milliards de tonnes de fer, 1 milliard de tonnes de nickel, ainsi que du cobalt (métal rare), du platine... Certains voient donc les astéroïdes comme des mines spatiales. Mais les défis technologiques pour les exploiter restent énormissimes.
Comète ou astéroïde ?
Il est parfois facile de faire la confusion. Mais si un astéroïde est un corps totalement mort, géologiquement inerte, les comètes, elles, ont un noyau composé de glaces qui peuvent être réactivées à l’approche du soleil. D’où leur queue, leur chevelure qui laisse des traces de poussières dans l’espace et que la Terre va peut-être croiser dans sa ronde folle autour du Soleil. En percutant violemment ces grains de poussières, l’atmosphère va générer un tel frottement qu’ils vont s’illuminer dans l’obscurité de nos nuits pour créer des étoiles filantes. Tout au long de nos journées, qu’il fasse jour ou nuit, la Terre va « balayer » l’espace et ce sont des tonnes de poussières qui tombent ainsi sur notre planète.
Parmi les astéroïdes de la ceinture principale, certains sont suivis avec attention car ils viennent couper l’orbite de la Terre. Ce sont les fameux géocroiseurs. Les ordinateurs n’ont de cesse d’intégrer les différentes orbites des uns et de la Terre et de mouliner afin de savoir si une collision est probable. Dormez tranquilles, braves gens, les prévisions sont totalement optimistes pour les quelques centaines d’années à venir. Mais l’apparition d’un comète inconnue, surgie du fin-fond de notre système solaire est toujours possible.
Les astronomes scrutent en permanence le ciel afin de déceler les astéroïdes dangereux pour notre planète. Les agences spatiales réfléchissent également aux moyens d’éviter un possible impact, comme la mission Dart de la NASA.
En 2022, un engin s’est écrasé sur le petit astéroïde Dimorphos, à 24 000 km/h et a montré que l’on pouvait dévier sa trajectoire.
Peut-on oser le parallèle ? Quand certains ingénieurs militaires de la DGA calculent comment se protéger des drones, des astronomes se posent la même question, mais pour les astéroïdes. Chacun son problème.
Comète ou astéroïde ?
Il est parfois facile de faire la confusion. Mais si un astéroïde est un corps totalement mort, géologiquement inerte, les comètes, elles, ont un noyau composé de glaces qui peuvent être réactivées à l’approche du soleil. D’où leur queue, leur chevelure qui laisse des traces de poussières dans l’espace et que la Terre va peut-être croiser dans sa ronde folle autour du Soleil. En percutant violemment ces grains de poussières, l’atmosphère va générer un tel frottement qu’ils vont s’illuminer dans l’obscurité de nos nuits pour créer des étoiles filantes. Tout au long de nos journées, qu’il fasse jour ou nuit, la Terre va « balayer » l’espace et ce sont des tonnes de poussières qui tombent ainsi sur notre planète.
Parmi les astéroïdes de la ceinture principale, certains sont suivis avec attention car ils viennent couper l’orbite de la Terre. Ce sont les fameux géocroiseurs. Les ordinateurs n’ont de cesse d’intégrer les différentes orbites des uns et de la Terre et de mouliner afin de savoir si une collision est probable. Dormez tranquilles, braves gens, les prévisions sont totalement optimistes pour les quelques centaines d’années à venir. Mais l’apparition d’un comète inconnue, surgie du fin-fond de notre système solaire est toujours possible.
Les astronomes scrutent en permanence le ciel afin de déceler les astéroïdes dangereux pour notre planète. Les agences spatiales réfléchissent également aux moyens d’éviter un possible impact, comme la mission Dart de la NASA.
En 2022, un engin s’est écrasé sur le petit astéroïde Dimorphos, à 24 000 km/h et a montré que l’on pouvait dévier sa trajectoire.
Peut-on oser le parallèle ? Quand certains ingénieurs militaires de la DGA calculent comment se protéger des drones, des astronomes se posent la même question, mais pour les astéroïdes. Chacun son problème.