Carlito,
le cuisinier d'ailleurs
le livre de Carlos Marsal
Par Louis Perez y Cid
Carlos est un ami. Je l’ai connu à la Légion, lorsqu’il était patron du SRL/CTLE au fort de Nogent.
Avec lui, il n’y a jamais vraiment eu de choix entre deux feux, celui des fourneaux et celui des armes. Les deux ont accompagné sa vie, avec la même exigence, le même goût de l’effort et, surtout, cette curiosité insatiable qui pousse certains hommes à aller voir ce qui se passe de l’autre côté de l’horizon.
À dix-sept ans, Carlos pousse la porte du restaurant « Le Plantié », à Bordeaux. Il y fait son apprentissage sous la houlette de Claude Vitrac, le chef que les jeunes appellent « Papa Vitrac ». Un homme autoritaire, à l’ancienne, inflexible sur les principes, mais juste et généreux avec ceux qui savent gagner son respect.
C’est là que commence une première aventure.
Puis un jour vient la Légion.
Pendant quinze ans, Carlos porte l’uniforme. Et lorsque cette page se tourne, il ne renonce ni à l’aventure ni à l’exigence. Il devient en quelque sorte un globe-trotteur de la cuisine, transportant le savoir-faire français et sa passion des fourneaux dans les ambassades et les résidences diplomatiques françaises aux quatre coins du monde.
De Bordeaux aux étendues glacées de l’Antarctique, du désert de Djibouti aux palais du Golfe, sous le képi blanc comme sous la toque blanche, Carlos poursuit son chemin. Toujours avec la même exigence. Toujours avec cette façon bien à lui d’aller jusqu’au bout de ce qu’il entreprend.
Sa cuisine ne se résume d’ailleurs pas à des recettes. Elle est guidée par les parfums, les rencontres, les souvenirs et les émotions. Chaque plat devient une expérience, une histoire à raconter autrement.
Dans les coulisses du pouvoir comme dans les cuisines des résidences diplomatiques, Carlos a côtoyé des décideurs, des diplomates et parfois ceux qui travaillent dans l’ombre. Il a observé beaucoup de choses, rencontré beaucoup de monde, mais sans jamais perdre ce qui faisait l’essentiel sa cuisine, ses valeurs et sa liberté de caractère.
Dans « Carlito, le cuisinier d’ailleurs », Carlos Marsal raconte cette vie hors du commun.
Une vie où l’aventure se mêle à l’excellence, où chaque étape ressemble à une nouvelle mission et où chaque assiette peut, à sa manière, raconter une bataille.
Mais l’homme ne s’est pas contenté de voyager et de cuisiner. Aventurier infatigable, il s’est également illustré dans le sport et s’est engagé dans des actions humanitaires, notamment auprès d’enfants malades.
À 63 ans, l’histoire est loin d’être terminée, Carlos est aujourd’hui au Kazakhstan.
Alors, un homme de roman ? Peut-être.
Mais il y a une différence essentielle avec les personnages de fiction, cette vie-là, Carlito l’a vraiment vécue.
Et pour ceux qui l’ont connu sous le képi blanc, il y a sans doute dans ce livre quelque chose de plus qu’un récit d’aventures culinaires. Il y a le parcours d’un camarade.
Un cuisinier devenu légionnaire, un légionnaire devenu cuisinier-voyageur, et un homme qui n’a jamais cessé d’aller voir ce qu’il y avait derrière l’horizon.