Chronique Laotienne 3/6
Par Lt-colonel (TE-er) Antoine Marquet
31 janvier 1954
07 h 30
Le détachement du commandant Cabaribère quitte Mouang Khouei dans l’ordre 3e compagnie du 2e BCL, 6e compagnie, personnel de la CCB et 7e compagnie.
08 h 15
Le détachement Menigoz quitte Kouang Rip après avoir laissé le commandant Vaudrey et le 5e Tabor partir une heure avant eux.
09 h 00
Les éclaireurs de la section de tête de la 3e compagnie du 2e BCL tombent nez à nez avec une section de réguliers Viêts qui marchent en direction de Mouang Khouei. Les Laotiens réagissent les premiers et ouvrent le feu abattant les 3 Viêts de tête.
L’ennemi riposte et après une demi-heure de combat le lieutenant Banlier rend compte de ce que son unité de feu est presque épuisée et le commandant le fait dépasser par la 6e compagnie.
Pendant ce temps l’ennemi s’est sans cesse renforcé et les sections Debret, Bondietete et Ducati qui sont déployées de part et d’autre de la piste, auront à repousser 4 assauts successifs au cours desquels l’ennemi laisse sur place une cinquantaine de tués et de l’armement. Du côté de la 6e compagnie il y a un tué, 6 disparus, dont le lieutenant Debret, et 12 blessés, plus 3 blessés à l’élément de la CCB.
L’ennemi peut remplacer ses pertes alors que la 6e compagnie déjà réduite à 80 légionnaires au départ de Mouang Khoua ressent durement la diminution qui représente le quart de son effectif dont 2 chefs de section. Elle sera renforcée par la 7e compagnie.
Les efforts conjugués de ces 2 compagnies n’arrivent pas à contraindre l’ennemi à décrocher, pas plus qu’à l’empêcher d’effectuer un mouvement d’encerclement.
Le détachement Menigoz alerté par le bruit du combat prévient le commandement du GNMK. Il reçoit l’ordre de rester sur place en écoute radio. Néanmoins Menigoz revient sur Kouang Rip et s’y installe.
09 h 50
A peine installé, le détachement Menigoz est attaqué par des unités Viêtminh utilisant des armes automatiques et des mortiers de 81. Dans ces conditions il ne peut mettre son C9 en station et la portée du poste SCR 300 ne permet pas la liaison avec Cabaribère.
11 h 00
Le commandant Cabaribère décide de revenir vers Kouang Khouei.La 3e compagnie du 2e BCL chargée d’amorcer ce repli se heurte après 1 kilomètre à des unités Viêt déjà déployées. Le détachement est alors pris entre deux feux.
12 h 00
Les forces terrestres du Laos alertées sur le réseau sécurité, promettent un appui aérien pour 16 h 30.
14 h 00
Un Morane d’observation survole les zones des combats. L’observateur conseille au commandant Cabaribère de pousser vers le sud, en qualifiant de « pointe » les éléments Viêts au contact et avertit que le gros de l’ennemi arrive en venant du nord-est.
14 h 30
Le détachement Menigoz très affaibli et réduit à 2 compagnies – la compagnie de supplétifs ayant éclaté – est contraint au repli pour éviter l’encerclement complet. Déjà très éprouvées, elles arrivent à joindre l’arrière-garde du 5e Tabor, quand l’ennemi surgissant de nouveau en force, les attaque brutalement et réduit les survivants à éclater par petits éléments dans la brousse.
17 h 00
Après avoir vainement attendu l’appui aérien promis, le détachement Cabaribère évite d’être coupé en tronçons en faisant des petits replis successifs mais sans réussir, toutefois, à désengager le bouchon sud constitué par la 7e compagnie du capitaine Fontlupt.
N’attendant plus aucun secours extérieur, le commandant décide de se dégager vers l’ouest à travers la brousse, comptant sur la nuit proche pour utiliser un ravin et sortir ainsi de cette situation.
La 3e compagnie du 2e BCL relevée par 2 sections de la 7e compagnie est chargée d’ouvrir une piste, d’atteindre le ravin avant la nuit puis d’attendre, à la première coupure, le reste du détachement.
31 janvier 1954
07 h 30
Le détachement du commandant Cabaribère quitte Mouang Khouei dans l’ordre 3e compagnie du 2e BCL, 6e compagnie, personnel de la CCB et 7e compagnie.
08 h 15
Le détachement Menigoz quitte Kouang Rip après avoir laissé le commandant Vaudrey et le 5e Tabor partir une heure avant eux.
09 h 00
Les éclaireurs de la section de tête de la 3e compagnie du 2e BCL tombent nez à nez avec une section de réguliers Viêts qui marchent en direction de Mouang Khouei. Les Laotiens réagissent les premiers et ouvrent le feu abattant les 3 Viêts de tête.
L’ennemi riposte et après une demi-heure de combat le lieutenant Banlier rend compte de ce que son unité de feu est presque épuisée et le commandant le fait dépasser par la 6e compagnie.
Pendant ce temps l’ennemi s’est sans cesse renforcé et les sections Debret, Bondietete et Ducati qui sont déployées de part et d’autre de la piste, auront à repousser 4 assauts successifs au cours desquels l’ennemi laisse sur place une cinquantaine de tués et de l’armement. Du côté de la 6e compagnie il y a un tué, 6 disparus, dont le lieutenant Debret, et 12 blessés, plus 3 blessés à l’élément de la CCB.
L’ennemi peut remplacer ses pertes alors que la 6e compagnie déjà réduite à 80 légionnaires au départ de Mouang Khoua ressent durement la diminution qui représente le quart de son effectif dont 2 chefs de section. Elle sera renforcée par la 7e compagnie.
Les efforts conjugués de ces 2 compagnies n’arrivent pas à contraindre l’ennemi à décrocher, pas plus qu’à l’empêcher d’effectuer un mouvement d’encerclement.
Le détachement Menigoz alerté par le bruit du combat prévient le commandement du GNMK. Il reçoit l’ordre de rester sur place en écoute radio. Néanmoins Menigoz revient sur Kouang Rip et s’y installe.
09 h 50
A peine installé, le détachement Menigoz est attaqué par des unités Viêtminh utilisant des armes automatiques et des mortiers de 81. Dans ces conditions il ne peut mettre son C9 en station et la portée du poste SCR 300 ne permet pas la liaison avec Cabaribère.
11 h 00
Le commandant Cabaribère décide de revenir vers Kouang Khouei.La 3e compagnie du 2e BCL chargée d’amorcer ce repli se heurte après 1 kilomètre à des unités Viêt déjà déployées. Le détachement est alors pris entre deux feux.
12 h 00
Les forces terrestres du Laos alertées sur le réseau sécurité, promettent un appui aérien pour 16 h 30.
14 h 00
Un Morane d’observation survole les zones des combats. L’observateur conseille au commandant Cabaribère de pousser vers le sud, en qualifiant de « pointe » les éléments Viêts au contact et avertit que le gros de l’ennemi arrive en venant du nord-est.
14 h 30
Le détachement Menigoz très affaibli et réduit à 2 compagnies – la compagnie de supplétifs ayant éclaté – est contraint au repli pour éviter l’encerclement complet. Déjà très éprouvées, elles arrivent à joindre l’arrière-garde du 5e Tabor, quand l’ennemi surgissant de nouveau en force, les attaque brutalement et réduit les survivants à éclater par petits éléments dans la brousse.
17 h 00
Après avoir vainement attendu l’appui aérien promis, le détachement Cabaribère évite d’être coupé en tronçons en faisant des petits replis successifs mais sans réussir, toutefois, à désengager le bouchon sud constitué par la 7e compagnie du capitaine Fontlupt.
N’attendant plus aucun secours extérieur, le commandant décide de se dégager vers l’ouest à travers la brousse, comptant sur la nuit proche pour utiliser un ravin et sortir ainsi de cette situation.
La 3e compagnie du 2e BCL relevée par 2 sections de la 7e compagnie est chargée d’ouvrir une piste, d’atteindre le ravin avant la nuit puis d’attendre, à la première coupure, le reste du détachement.
18 h 00
Les éléments de la CCB précédés par les blessés, déjà au nombre de 20, s’engagent à leur tour sur cette piste ainsi tracée et sont suivis par la 6e compagnie renforcée par les 2 sections restantes de la 7e compagnie et, sous les ordres du lieutenant Riou, remplira la mission d’arrière-garde.
19 h 00
Les derniers éléments talonnés par l’ennemi quittent la grande piste en s’efforçant d’effacer les traces d’entrée de la nouvelle, un layon en réalité.
Les éléments de la CCB précédés par les blessés, déjà au nombre de 20, s’engagent à leur tour sur cette piste ainsi tracée et sont suivis par la 6e compagnie renforcée par les 2 sections restantes de la 7e compagnie et, sous les ordres du lieutenant Riou, remplira la mission d’arrière-garde.
19 h 00
Les derniers éléments talonnés par l’ennemi quittent la grande piste en s’efforçant d’effacer les traces d’entrée de la nouvelle, un layon en réalité.
Le lieutenant Baulier ne pourra pas remplir sa mission car pris sous le feu de tirs venant de la crête nord du ravin, choisit de continuer par la crête opposée croyant être suivi par le reste de la colonne. C’est ainsi que la CCB marchera toute la nuit et une partie de la matinée dans le ravin sans joindre le lieutenant Baulier.
1er février 1954
09 h 00
Les premiers coups de feu éclatent, l’ennemi s’est infiltré entre la tête de la colonne et l’arrière-garde. Le combat se déroule alors par unité constituée. La CCB prise à partie à partir des crêtes et pressée par une unité ennemie descendant derrière elle dans le ravin, est progressivement décimée.
La 6e compagnie se heurtant de front à une unité ennemie et talonnée par un autre élément Viêtminh ayant emprunté la piste de dégagement, n’a d’autre solution que de monter à son tour sur la crête sud. Ses sections se sacrifient l’une après l’autre jusqu’au 3 février à midi, après avoir essayé de marcher vers le sud-ouest.
Le lieutenant Riou légèrement blessé et 5 légionnaires rallient Muong Xai le 10 février.
A la suite de ces combats le bataillon est pratiquement anéanti. Seule la 5e compagnie du lieutenant Lahat qui ne faisait pas partie du groupement Cabaribère échappe à cette destruction. Néanmoins, envoyée de Muong Xai en direction de Muong La en recueil du 5e Tabor, elle aura également des pertes à déplorer.
Le total des pertes, y compris celles de la 5e compagnie s’élève à 228 légionnaires tués, disparus, prisonniers.
Quelques survivants rejoindront Muong Xai :
Le 6 février le lieutenant Gansard et 8 légionnaires,
Le 8 février le commandant Cabaribère qui, fait prisonnier le 3 février, parvient à s’évader,
Le 10 février le lieutenant Riou et 5 légionnaires.
Ce qui fait un total de 16 rescapés sur un effectifs de 325 au départ.
A suivre...
1er février 1954
09 h 00
Les premiers coups de feu éclatent, l’ennemi s’est infiltré entre la tête de la colonne et l’arrière-garde. Le combat se déroule alors par unité constituée. La CCB prise à partie à partir des crêtes et pressée par une unité ennemie descendant derrière elle dans le ravin, est progressivement décimée.
La 6e compagnie se heurtant de front à une unité ennemie et talonnée par un autre élément Viêtminh ayant emprunté la piste de dégagement, n’a d’autre solution que de monter à son tour sur la crête sud. Ses sections se sacrifient l’une après l’autre jusqu’au 3 février à midi, après avoir essayé de marcher vers le sud-ouest.
Le lieutenant Riou légèrement blessé et 5 légionnaires rallient Muong Xai le 10 février.
A la suite de ces combats le bataillon est pratiquement anéanti. Seule la 5e compagnie du lieutenant Lahat qui ne faisait pas partie du groupement Cabaribère échappe à cette destruction. Néanmoins, envoyée de Muong Xai en direction de Muong La en recueil du 5e Tabor, elle aura également des pertes à déplorer.
Le total des pertes, y compris celles de la 5e compagnie s’élève à 228 légionnaires tués, disparus, prisonniers.
Quelques survivants rejoindront Muong Xai :
Le 6 février le lieutenant Gansard et 8 légionnaires,
Le 8 février le commandant Cabaribère qui, fait prisonnier le 3 février, parvient à s’évader,
Le 10 février le lieutenant Riou et 5 légionnaires.
Ce qui fait un total de 16 rescapés sur un effectifs de 325 au départ.
A suivre...