L'héritage de Camerone
Souvenons-nous du 30 avril 1863 : la bataille de Camerone !
Par le général Olié (1963).
« Le testament de Camerone » (extraits), discours prononcé à l'occasion du baptême de la promotion « Centenaire de Camerone » à Saint-Cyr-Coëtquidan en 1963.
« L'héritage de Camerone toutefois ne réside pas seulement dans ces actions collectives qu'une analogie avec le combat célèbre a mises en relief, mais encore et surtout dans la lente imprégnation, consciente ou inconsciente, du légionnaire instruit dans le culte de l'Honneur sous l'éclairage de Camerone.
L'Honneur légionnaire puise ses sources, comme la foi, d'une part dans la stricte discipline qui moule l'homme, lui dicte durement les limites du bien et du mal, et, d'autre part, dans l'adhésion, volontaire certes de par le contrat mais devenue insensiblement une adhésion du coeur et de l'être entier à la morale du devoir.
En bref, le danger, victoire sur la peur — comme le travail victoire sur la paresse — est une patrie. Bien au-delà de la terre de son enfance, le légionnaire trouve une raison de vivre, de travailler, de lutter et de mourir dans la communauté dont il est devenu un élément vivant : Legio Patria Nostra.
Comment donc s'étonner que cette solidarité engendre une force sans égale, un univers à part, un "monde de seigneurs" en a-t-on dit, dont les membres ont conscience de relever de valeurs incomparables, d'être voués à un destin exceptionnel, transcendant, sans aucune mesure avec la médiocrité d'un monde esclave de ses petites lâchetés pour son seul bien-être ?
La Légion emplit le coeur et l'esprit car elle offre à celui qui n'espérait plus rien de l'existence un idéal de vie nouveau. Cet idéal découle tout à la fois de l'estime de soi et d'une sorte de religion avec son culte et ses rites dans une troupe sans rivale où, loin des sentiers battus, le légionnaire peut vivre intensément et épanouir son être à l'appel des armes et dans la fascination de l'aventure. »