Base arrière – Madagascar
Le régiment était en manœuvre dans la région de Sakaramy, fief de l’escadron du 3ème Régiment Etranger d’Infanterie à Madagascar.
Je venais d’être nommé caporal et, pour confirmer mes aptitudes à commander, j’avais reçu l’ordre de gérer, à la tête d’un groupe, une base arrière constituée de cuisiniers et d’infirmiers, afin de recevoir tout le régiment à la fin de la manœuvre, pour que les légionnaires puissent récupérer physiquement après une longue marche.
C’est ainsi que nous nous étions rendus dans la forêt de cacao d’Anbage, forts de l’autorisation de nous y installer accordée par le propriétaire des lieux.
L’endroit était calme, presque paradisiaque, mais, revers de la médaille, nous étions agressés en permanence par une nuée de gros moustiques femelles qui nous piquaient à travers nos tenues de combat.
Notre chef de corps nous avait formellement interdit de tailler nos treillis, comme cela se pratiquait couramment chez nos camarades parachutistes, convaincu qu’ils finissaient par ressembler à des « danseurs étoiles » …
Pour moi, la mission était claire ; j’en faisais une affaire personnelle, d’autant que le trésorier régimentaire m’avait confié une confortable somme d’argent pour acheter un zébu afin de restaurer correctement nos guerriers affamés à l’issue de leur périple. Ce trésorier s’appelait Tésous (la fiction dépasse parfois la réalité, cela ne s’invente pas !).
Nous nous trouvions au bord d’un fleuve très calme, sur la rive opposée duquel se trouvait un petit village d’ouvriers de l’exploitation des cacaoyers.
Ce bout du monde isolé était composé d’habitations typiques, aux toits en palmes tressées et aux murs en torchis.
À peine installés, une pirogue traversa le fleuve avec à son bord le chef du village, qui venait prendre contact avec ces militaires venus s’installer aussi près de chez lui. Après un court round d’observation, je rassurai mon interlocuteur sur nos intentions et sur les raisons de notre présence en ces lieux. Rasséréné, le vieux chef repartit tranquille.
Mais, malgré la paisibilité des lieux, ce n’était surtout pas le moment de me laisser aller à une douce oisiveté préjudiciable à l’exécution de ma mission. Beaucoup de questions restaient sans réponse, telles que : « Où me procurer un zébu ? Et qui, parmi nous, serait en mesure de tuer et de dépecer un aussi gros tas de viande et d’os ? »
Bref, je ne trouvais aucun téméraire pour faire rôtir un tel animal ; aucun de nous ne savait comment s’y prendre. C’est ainsi que je m’adressai au chef du village, qui m’envoya une équipe de braves pour assurer cette délicate et « monstrueuse » opération.
Rassuré, je demandai au chef ce qu’il souhaitait en compensation du service rendu. Celui-ci me demanda de lui remettre les cachets de sel qui se trouvaient dans nos rations collectives et dont, par ailleurs, nos infirmiers possédaient de grandes quantités.
L’affaire était conclue, mais une grande surprise m’attendait lorsque le vieil homme me proposa que l’une de ses plus jeunes filles vienne agrémenter mes nuits…
Dépité, je lui expliquai avec ménagement qu’il m’était impossible d’accepter une telle proposition, qui ne correspondait absolument pas à ma culture européenne ni à ma manière de vivre. Décision sans appel, qui fit hurler mes camarades dans un désappointement trahissant une certaine ébullition de leurs neurones mis à mal…
Le jour attendu, les légionnaires du régiment, fatigués, exténués même, purent, avec bonheur et grand réconfort, se régaler d’un excellent méchoui, cuit à point de main de maître.
Nous nous trouvions au bord d’un fleuve très calme, sur la rive opposée duquel se trouvait un petit village d’ouvriers de l’exploitation des cacaoyers.
Ce bout du monde isolé était composé d’habitations typiques, aux toits en palmes tressées et aux murs en torchis.
À peine installés, une pirogue traversa le fleuve avec à son bord le chef du village, qui venait prendre contact avec ces militaires venus s’installer aussi près de chez lui. Après un court round d’observation, je rassurai mon interlocuteur sur nos intentions et sur les raisons de notre présence en ces lieux. Rasséréné, le vieux chef repartit tranquille.
Mais, malgré la paisibilité des lieux, ce n’était surtout pas le moment de me laisser aller à une douce oisiveté préjudiciable à l’exécution de ma mission. Beaucoup de questions restaient sans réponse, telles que : « Où me procurer un zébu ? Et qui, parmi nous, serait en mesure de tuer et de dépecer un aussi gros tas de viande et d’os ? »
Bref, je ne trouvais aucun téméraire pour faire rôtir un tel animal ; aucun de nous ne savait comment s’y prendre. C’est ainsi que je m’adressai au chef du village, qui m’envoya une équipe de braves pour assurer cette délicate et « monstrueuse » opération.
Rassuré, je demandai au chef ce qu’il souhaitait en compensation du service rendu. Celui-ci me demanda de lui remettre les cachets de sel qui se trouvaient dans nos rations collectives et dont, par ailleurs, nos infirmiers possédaient de grandes quantités.
L’affaire était conclue, mais une grande surprise m’attendait lorsque le vieil homme me proposa que l’une de ses plus jeunes filles vienne agrémenter mes nuits…
Dépité, je lui expliquai avec ménagement qu’il m’était impossible d’accepter une telle proposition, qui ne correspondait absolument pas à ma culture européenne ni à ma manière de vivre. Décision sans appel, qui fit hurler mes camarades dans un désappointement trahissant une certaine ébullition de leurs neurones mis à mal…
Le jour attendu, les légionnaires du régiment, fatigués, exténués même, purent, avec bonheur et grand réconfort, se régaler d’un excellent méchoui, cuit à point de main de maître.
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