LA FRANCE À CONTRE-SENS
Par Louis Perez y Cid
Notre site se veut apolitique et entend le rester. Pourtant, les scènes de casse et d’émeutes de ces derniers jours, comme les images d’un pays parfois livré à la violence et aux dégradations, ne peuvent que nous interpeller.
Anciens légionnaires, nous avons servi la France, chacun à notre manière, avec le sens du devoir et le respect de valeurs qui nous sont chères.
Sans chercher à désigner des responsables politiques ni à défendre une idéologie, nous estimons légitime de nous poser une question simple, « comment en sommes-nous arrivés là et, surtout, comment éviter que la situation ne se dégrade davantage ? »
S’interroger sur l’état du pays n’est pas faire de la politique. C’est refuser l’indifférence.
Le paradoxe. Changer de méthode pour avancer
Alors qu’il n’avait que sept ans, Milton Erickson aurait observé son père tenter de faire entrer un veau dans une étable. Celui-ci tirait sur la corde, mais l’animal se cabrait et refusait d’avancer.
Amusé par la scène, l’enfant se moqua de son père, qui lui lança, « Fais mieux, si tu te crois si malin ! ». Plutôt que de tirer à son tour sur la corde, le jeune Milton eut une idée inattendue, il contourna le veau et lui tira la queue. Par réaction, l’animal avança et finit par entrer dans l’étable.
Cette anecdote, souvent associée à la pensée de Milton Erickson, illustre une idée simple, lorsque la méthode employée ne produit pas le résultat attendu, insister davantage n’est pas toujours la solution. Il faut parfois changer d’approche.
Devenu psychiatre, Erickson développa une approche originale de l’hypnose, fondée notamment sur l’adaptation aux réactions du patient et l’utilisation de stratégies indirectes.
On retrouve une logique comparable dans certaines situations du quotidien. Un enfant refuse de ranger sa chambre malgré les demandes répétées de ses parents. Plutôt que de continuer à lui ordonner de le faire, une approche différente peut l’amener à prendre conscience lui-même de la situation et à agir.
Amusé par la scène, l’enfant se moqua de son père, qui lui lança, « Fais mieux, si tu te crois si malin ! ». Plutôt que de tirer à son tour sur la corde, le jeune Milton eut une idée inattendue, il contourna le veau et lui tira la queue. Par réaction, l’animal avança et finit par entrer dans l’étable.
Cette anecdote, souvent associée à la pensée de Milton Erickson, illustre une idée simple, lorsque la méthode employée ne produit pas le résultat attendu, insister davantage n’est pas toujours la solution. Il faut parfois changer d’approche.
Devenu psychiatre, Erickson développa une approche originale de l’hypnose, fondée notamment sur l’adaptation aux réactions du patient et l’utilisation de stratégies indirectes.
On retrouve une logique comparable dans certaines situations du quotidien. Un enfant refuse de ranger sa chambre malgré les demandes répétées de ses parents. Plutôt que de continuer à lui ordonner de le faire, une approche différente peut l’amener à prendre conscience lui-même de la situation et à agir.
Et si le redressement national passait, lui aussi, par un changement de méthode ?
Quand les remèdes finissent par nourrir le mal.
Si l’on observe la France contemporaine, une question mérite d’être posée, certaines de nos réponses aux difficultés collectives ne contribuent-elles pas, parfois, à entretenir les problèmes qu’elles cherchent à résoudre ?
En matière d’éducation, de sécurité, d’économie, de protection sociale ou de civisme, les contradictions ne manquent pas. Nous voulons protéger sans toujours parvenir à responsabiliser, prévenir les conflits sans renoncer à l’autorité, garantir des droits sans perdre de vue les devoirs qui les accompagnent.
Il ne s’agit pas d’affirmer que toutes les politiques publiques échouent ni que les intentions qui les inspirent sont mauvaises. La protection des plus fragiles, la réduction des inégalités et la recherche de la paix sociale demeurent des objectifs légitimes.
Mais une intention louable ne garantit pas, à elle seule, un résultat satisfaisant.
Depuis plusieurs décennies, notre pays semble ainsi confronté à des difficultés persistantes, malgré les réformes et les dispositifs successifs. Nous souhaitons davantage de sécurité, mais nous nous interrogeons sur l’effectivité des sanctions. Nous voulons une école plus performante, sans toujours parvenir à garantir la maîtrise des savoirs fondamentaux. Nous entendons préserver notre modèle social tout en assurant son financement. Nous réclamons de l’autorité, mais attendons également qu’elle s’exerce avec constance, discernement et justice.
Ces contradictions invitent à examiner nos méthodes avec lucidité. Et si certaines de nos difficultés provenaient moins d’un manque de moyens que de réponses devenues inadaptées, ou insuffisamment évaluées ?
Le paradoxe ne consiste pas à faire systématiquement le contraire de ce que nous faisons. Il nous invite plutôt à comprendre pourquoi certaines actions produisent des effets contraires à ceux qui étaient recherchés.
Si l’on observe la France contemporaine, une question mérite d’être posée, certaines de nos réponses aux difficultés collectives ne contribuent-elles pas, parfois, à entretenir les problèmes qu’elles cherchent à résoudre ?
En matière d’éducation, de sécurité, d’économie, de protection sociale ou de civisme, les contradictions ne manquent pas. Nous voulons protéger sans toujours parvenir à responsabiliser, prévenir les conflits sans renoncer à l’autorité, garantir des droits sans perdre de vue les devoirs qui les accompagnent.
Il ne s’agit pas d’affirmer que toutes les politiques publiques échouent ni que les intentions qui les inspirent sont mauvaises. La protection des plus fragiles, la réduction des inégalités et la recherche de la paix sociale demeurent des objectifs légitimes.
Mais une intention louable ne garantit pas, à elle seule, un résultat satisfaisant.
Depuis plusieurs décennies, notre pays semble ainsi confronté à des difficultés persistantes, malgré les réformes et les dispositifs successifs. Nous souhaitons davantage de sécurité, mais nous nous interrogeons sur l’effectivité des sanctions. Nous voulons une école plus performante, sans toujours parvenir à garantir la maîtrise des savoirs fondamentaux. Nous entendons préserver notre modèle social tout en assurant son financement. Nous réclamons de l’autorité, mais attendons également qu’elle s’exerce avec constance, discernement et justice.
Ces contradictions invitent à examiner nos méthodes avec lucidité. Et si certaines de nos difficultés provenaient moins d’un manque de moyens que de réponses devenues inadaptées, ou insuffisamment évaluées ?
Le paradoxe ne consiste pas à faire systématiquement le contraire de ce que nous faisons. Il nous invite plutôt à comprendre pourquoi certaines actions produisent des effets contraires à ceux qui étaient recherchés.
Comment en sommes-nous arrivés là ?
Une nation ne se fragilise pas nécessairement à la suite d’une catastrophe majeure. Elle peut aussi s’affaiblir progressivement, lorsque les renoncements s’accumulent, que les exceptions finissent par affaiblir les règles communes et que les responsabilités se diluent entre les institutions, les administrations et les citoyens.
Notre société a légitimement cherché à mieux protéger les plus vulnérables, à réduire les injustices et à prévenir les abus d’autorité. Ces ambitions restent essentielles. Toutefois, à force de vouloir éviter toute difficulté, nous risquons parfois de rendre plus difficile l’apprentissage de l’effort. En multipliant les dispositifs destinés à résoudre les problèmes, nous pouvons également produire une complexité administrative qui freine l’action. Enfin, lorsque les principes proclamés ne sont pas suivis d’effets concrets, l’écart entre les discours et la réalité finit par alimenter la défiance.
La difficulté apparaît notamment lorsque la règle commune n’est plus perçue comme une garantie pour tous, mais comme une contrainte que chacun cherche à contourner.
L’économie en fournit une illustration. Il est difficile de financer durablement des ambitions collectives sans une activité productive suffisante, des entreprises capables d’investir, du travail qualifié et une gestion rigoureuse des ressources publiques. Préserver notre modèle économique et social ne consiste donc pas seulement à distribuer des aides ou à multiplier les réglementations. Cela suppose aussi de créer les conditions favorables à l’initiative, à la production et à l’emploi.
L’éducation soulève une question similaire. Donner à tous les mêmes chances ne signifie pas renoncer à l’exigence. Au contraire, l’égalité des chances suppose que chaque enfant puisse acquérir les connaissances indispensables, que le travail soit encouragé et que les difficultés soient prises en charge sans abandonner les objectifs d’apprentissage.
La sécurité, enfin, ne se résume ni à la fermeté des discours ni à l’accumulation des textes de loi. Elle repose également sur la prévention, la présence sur le terrain, l’efficacité des procédures, l’application des décisions judiciaires et la confiance dans l’impartialité de la règle commune.
Dans ces trois domaines, un même écueil peut se présenter, nous cherchons parfois à corriger les conséquences sans nous attaquer suffisamment aux mécanismes qui les produisent.
C’est précisément là que le raisonnement paradoxal prend tout son sens, avant de renforcer une réponse, encore faut-il vérifier qu’elle traite bien la cause du problème.
Notre société a légitimement cherché à mieux protéger les plus vulnérables, à réduire les injustices et à prévenir les abus d’autorité. Ces ambitions restent essentielles. Toutefois, à force de vouloir éviter toute difficulté, nous risquons parfois de rendre plus difficile l’apprentissage de l’effort. En multipliant les dispositifs destinés à résoudre les problèmes, nous pouvons également produire une complexité administrative qui freine l’action. Enfin, lorsque les principes proclamés ne sont pas suivis d’effets concrets, l’écart entre les discours et la réalité finit par alimenter la défiance.
La difficulté apparaît notamment lorsque la règle commune n’est plus perçue comme une garantie pour tous, mais comme une contrainte que chacun cherche à contourner.
L’économie en fournit une illustration. Il est difficile de financer durablement des ambitions collectives sans une activité productive suffisante, des entreprises capables d’investir, du travail qualifié et une gestion rigoureuse des ressources publiques. Préserver notre modèle économique et social ne consiste donc pas seulement à distribuer des aides ou à multiplier les réglementations. Cela suppose aussi de créer les conditions favorables à l’initiative, à la production et à l’emploi.
L’éducation soulève une question similaire. Donner à tous les mêmes chances ne signifie pas renoncer à l’exigence. Au contraire, l’égalité des chances suppose que chaque enfant puisse acquérir les connaissances indispensables, que le travail soit encouragé et que les difficultés soient prises en charge sans abandonner les objectifs d’apprentissage.
La sécurité, enfin, ne se résume ni à la fermeté des discours ni à l’accumulation des textes de loi. Elle repose également sur la prévention, la présence sur le terrain, l’efficacité des procédures, l’application des décisions judiciaires et la confiance dans l’impartialité de la règle commune.
Dans ces trois domaines, un même écueil peut se présenter, nous cherchons parfois à corriger les conséquences sans nous attaquer suffisamment aux mécanismes qui les produisent.
C’est précisément là que le raisonnement paradoxal prend tout son sens, avant de renforcer une réponse, encore faut-il vérifier qu’elle traite bien la cause du problème.
Ce que l’esprit légionnaire peut apporter à la réflexion nationale
Pour des anciens légionnaires, cette réflexion possède une résonance particulière.
La vie militaire enseigne que la cohésion ne se décrète pas, que la mission exige une préparation rigoureuse et que la confiance se construit par les actes. Elle rappelle aussi qu’un collectif ne peut fonctionner durablement si chacun revendique ses droits tout en se dérobant à ses obligations.
Il serait évidemment illusoire de transposer mécaniquement les méthodes militaires à l’ensemble de la société civile. Une démocratie ne se conduit pas comme une section au combat. Elle repose sur le débat, la pluralité des opinions, les libertés individuelles et la responsabilité des institutions devant les citoyens.
Certaines valeurs militaires peuvent néanmoins trouver un écho bien au-delà des armées, le sens du devoir, la fidélité à la parole donnée, la solidarité dans l’épreuve, le respect des règles communes et le refus de se dérober devant la difficulté.
Ces principes ne relèvent ni de la nostalgie ni de l’autoritarisme. Ils invitent à renouer avec une véritable culture de l’engagement.
La France n’a pas besoin d’être mise au garde-à-vous. Elle a besoin d’institutions qui remplissent leur mission, de responsables qui rendent compte de leurs décisions et de citoyens convaincus que leurs efforts contribuent réellement au bien commun.
La vie militaire enseigne que la cohésion ne se décrète pas, que la mission exige une préparation rigoureuse et que la confiance se construit par les actes. Elle rappelle aussi qu’un collectif ne peut fonctionner durablement si chacun revendique ses droits tout en se dérobant à ses obligations.
Il serait évidemment illusoire de transposer mécaniquement les méthodes militaires à l’ensemble de la société civile. Une démocratie ne se conduit pas comme une section au combat. Elle repose sur le débat, la pluralité des opinions, les libertés individuelles et la responsabilité des institutions devant les citoyens.
Certaines valeurs militaires peuvent néanmoins trouver un écho bien au-delà des armées, le sens du devoir, la fidélité à la parole donnée, la solidarité dans l’épreuve, le respect des règles communes et le refus de se dérober devant la difficulté.
Ces principes ne relèvent ni de la nostalgie ni de l’autoritarisme. Ils invitent à renouer avec une véritable culture de l’engagement.
La France n’a pas besoin d’être mise au garde-à-vous. Elle a besoin d’institutions qui remplissent leur mission, de responsables qui rendent compte de leurs décisions et de citoyens convaincus que leurs efforts contribuent réellement au bien commun.
Une approche paradoxale pour sortir de l’impasse
Comment traduire cette réflexion en actions concrètes ?
Quelques principes pourraient servir de fil conducteur.
D’abord, comprendre avant de renforcer. Lorsqu’un dispositif ne produit pas les effets attendus, il faut en rechercher les causes avant de lui consacrer davantage de moyens ou de reproduire les mêmes méthodes.
Ensuite, concilier protection et exigence.La responsabilité suppose un équilibre entre les droits, les devoirs et les circonstances individuelles.
Privilégier les résultats aux intentions. Ce qui fonctionne mérite d’être consolidé et ce qui échoue doit être corrigé.
Rendre les responsabilités plus lisibles. Les droits doivent s’accompagner d’obligations clairement définies, compréhensibles et adaptées aux situations de chacun.
Restaurer la confiance par la cohérence. Une règle annoncée doit être appliquée avec constance, une décision doit doit être tenu ou, à défaut, faire l’objet d’un compte rendu transparent.
Enfin, accepter de remettre en question nos habitudes. Certaines pratiques peuvent sembler rassurantes ou politiquement avantageuses sans être réellement efficaces. Les faire évoluer exige du courage, de la méthode et la volonté de privilégier l’intérêt général.
Le paradoxe n’est donc pas de faire le contraire par principe. Ce serait risquer de remplacer une erreur par une autre. Il consiste à examiner les conséquences de nos choix et à modifier notre approche lorsque les résultats contredisent nos intentions.
Quelques principes pourraient servir de fil conducteur.
D’abord, comprendre avant de renforcer. Lorsqu’un dispositif ne produit pas les effets attendus, il faut en rechercher les causes avant de lui consacrer davantage de moyens ou de reproduire les mêmes méthodes.
Ensuite, concilier protection et exigence.La responsabilité suppose un équilibre entre les droits, les devoirs et les circonstances individuelles.
Privilégier les résultats aux intentions. Ce qui fonctionne mérite d’être consolidé et ce qui échoue doit être corrigé.
Rendre les responsabilités plus lisibles. Les droits doivent s’accompagner d’obligations clairement définies, compréhensibles et adaptées aux situations de chacun.
Restaurer la confiance par la cohérence. Une règle annoncée doit être appliquée avec constance, une décision doit doit être tenu ou, à défaut, faire l’objet d’un compte rendu transparent.
Enfin, accepter de remettre en question nos habitudes. Certaines pratiques peuvent sembler rassurantes ou politiquement avantageuses sans être réellement efficaces. Les faire évoluer exige du courage, de la méthode et la volonté de privilégier l’intérêt général.
Le paradoxe n’est donc pas de faire le contraire par principe. Ce serait risquer de remplacer une erreur par une autre. Il consiste à examiner les conséquences de nos choix et à modifier notre approche lorsque les résultats contredisent nos intentions.
Le sursaut ou la grisaille ?
Revenons à notre veau récalcitrant. Tirer davantage sur la corde ne suffisait pas, il fallait changer de méthode.
La France doit regarder ses difficultés en face, reconnaître ce qui ne fonctionne pas et se donner les moyens d’agir autrement.
L’économie, l’éducation et la sécurité nous ramènent à une même exigence, réconcilier la liberté avec la responsabilité, la solidarité avec l’effort, et l’autorité avec la justice.
Le véritable paradoxe serait peut-être de cesser de faire toujours plus de la même chose pour enfin obtenir des résultats différents. Une nation ne se relève pas en regrettant simplement son passé, mais en puisant dans ce qu’elle a de meilleur pour construire son avenir.
La grisaille n’est pas une fatalité.
Mais pour retrouver des couleurs, encore faut-il accepter de changer de méthode.
NOTA: Les saccages et scènes d'émeutes furent amplifiés par des mains extérieures mais aussi par l'intervention directe de groupes étrangers sur notre territoire.
La France doit regarder ses difficultés en face, reconnaître ce qui ne fonctionne pas et se donner les moyens d’agir autrement.
L’économie, l’éducation et la sécurité nous ramènent à une même exigence, réconcilier la liberté avec la responsabilité, la solidarité avec l’effort, et l’autorité avec la justice.
Le véritable paradoxe serait peut-être de cesser de faire toujours plus de la même chose pour enfin obtenir des résultats différents. Une nation ne se relève pas en regrettant simplement son passé, mais en puisant dans ce qu’elle a de meilleur pour construire son avenir.
La grisaille n’est pas une fatalité.
Mais pour retrouver des couleurs, encore faut-il accepter de changer de méthode.
NOTA: Les saccages et scènes d'émeutes furent amplifiés par des mains extérieures mais aussi par l'intervention directe de groupes étrangers sur notre territoire.