Le patriotisme français,
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Trilogie par Louis Perez y Cid
On reparle du patriotisme. On le commente, on le nuance, on le replace dans l’histoire. À force de l’expliquer, on en oublie l’essentiel, il oblige.
Aimer un pays ne consiste pas seulement à le comprendre, ni même à le critiquer. Cela suppose d’en accepter les règles, d’en partager la langue, d’en reconnaître l’histoire, non comme un poids, mais comme une forme.
Le reste n’est qu’attachement vague.
Une nation ne tient ni par des sentiments diffus, ni par des principes abstraits. Elle tient par des exigences concrètes, parfois contraignantes, souvent discutables, mais jamais facultatives.
On peut débattre de tout en France. C’est même une tradition. Mais encore faut-il savoir depuis où l’on parle. Lorsqu’il n’y a plus de socle commun, la discussion elle-même se défait.
On parle aujourd’hui d’un patriotisme « ouvert et vivant ». Encore faut-il comprendre ce que cela implique. Ouvert, il ne l’est pas en s’effaçant, mais en intégrant sans se dissoudre. Vivant, il ne l’est pas en se pliant à tout, mais en se transmettant, en s’incarnant, en se renouvelant.
Car la mémoire elle-même n’a de sens que si elle oblige. À défaut, elle devient décor.
Le patriotisme ne peut pas être seulement commémoré. Il doit redevenir agissant.
Le patriotisme moderne ne sera ni un réflexe, ni un slogan. Il devra être une discipline. Non pas une fermeture, mais une tenue.
Car il n’y a pas d’appartenance sans limites, pas de communauté sans exigences, pas de nation sans effort partagé.
Et à vouloir un pays qui n’impose rien, on finit par ne plus avoir de pays à faire vivre.