AALE et JAL, évolution?
Entre traditions impeccablement rangées… et évolutions qui débordent du cadre
Les amicales d’anciens légionnaires ont été créées pour rassembler ceux qui ont vécu quelque chose que l’on n’explique jamais vraiment aux autres. Une histoire de boue, de fatigue, de fraternité… et de souvenirs qu’on ne raconte qu’à moitié, parce que l’autre moitié se devine, ou se tait.
Officiellement, on parle de cérémonies, de drapeaux et de traditions. Officieusement, on sait bien que l’essentiel est ailleurs, dans le coup de fil passé au bon moment, le verre partagé sans raison valable, et ce lien étrange qui permet parfois de se comprendre sans finir les phrases. Bref, l’esprit Légion ne vit pas dans les statuts. Il circule entre les gens et aime bien prendre des raccourcis.
Chaque amicale a son caractère. Ville de garnison, campagne profonde ou bout du monde, chacune raconte une histoire différente. C’est ce qui fait leur richesse… et parfois leurs réunions interminables.
Les jeunes anciens (JAL), la question qui revient toujours à l’ordre du jour
Une question revient régulièrement « Comment attirer les jeunes anciens légionnaires ? »
Bonne question. Excellente, même. Elle revient d’ailleurs avec une belle constance, preuve qu’elle n’a jamais vraiment trouvé de réponse simple.
Il faut dire que servir cinq ans, quinze ans ou trente ans, ce n’est pas exactement la même aventure. Pour les uns, la Légion a été un chapitre marquant. Pour les autres, le livre entier, avec annexes et notes de bas de page. Même uniforme, empreintes différentes.
Les anciens retraités ont du temps. Les actifs le cherchent. Tous ont connu la même institution, mais chacun l’a quittée à un moment différent de sa vie. Résultat, on parle beaucoup de cohésion, mais elle ne se décrète pas à la réunion du bureau, entre deux points “divers”. Elle se construit lentement, à coups de compréhension mutuelle… et parfois de silences assumés.
Bonne question. Excellente, même. Elle revient d’ailleurs avec une belle constance, preuve qu’elle n’a jamais vraiment trouvé de réponse simple.
Il faut dire que servir cinq ans, quinze ans ou trente ans, ce n’est pas exactement la même aventure. Pour les uns, la Légion a été un chapitre marquant. Pour les autres, le livre entier, avec annexes et notes de bas de page. Même uniforme, empreintes différentes.
Les anciens retraités ont du temps. Les actifs le cherchent. Tous ont connu la même institution, mais chacun l’a quittée à un moment différent de sa vie. Résultat, on parle beaucoup de cohésion, mais elle ne se décrète pas à la réunion du bureau, entre deux points “divers”. Elle se construit lentement, à coups de compréhension mutuelle… et parfois de silences assumés.
Attention à l’usine à gaz
Rallier les JAL est un projet. Or tout projet appelle un chef, des bénévoles, des moyens. Et quand les moyens sont modestes, mieux vaut éviter les plans à quinze étages avec ascenseur en panne au troisième.
On pourrait lancer des études, des statistiques, des schémas fédéraux très sérieux, avec flèches, couleurs et acronymes rassurants. Mais la réalité est plus simple, et surtout plus têtue, chaque amicale est unique, et aucune ne se laisse vraiment mettre dans une case.
Beaucoup de jeunes anciens voient encore ces associations comme des clubs de retraités. « C’est des vieux », disent-ils parfois et presque toujours avant d’y revenir un jour, pour un souvenir ou pour un besoin.
D’ailleurs, soyons honnêtes, la majorité des membres actuels n’ont adhéré qu’à la retraite. Alors pourquoi vouloir à tout prix forcer un calendrier que la vie semble déjà avoir réglé, à sa manière, depuis longtemps ?
On pourrait lancer des études, des statistiques, des schémas fédéraux très sérieux, avec flèches, couleurs et acronymes rassurants. Mais la réalité est plus simple, et surtout plus têtue, chaque amicale est unique, et aucune ne se laisse vraiment mettre dans une case.
Beaucoup de jeunes anciens voient encore ces associations comme des clubs de retraités. « C’est des vieux », disent-ils parfois et presque toujours avant d’y revenir un jour, pour un souvenir ou pour un besoin.
D’ailleurs, soyons honnêtes, la majorité des membres actuels n’ont adhéré qu’à la retraite. Alors pourquoi vouloir à tout prix forcer un calendrier que la vie semble déjà avoir réglé, à sa manière, depuis longtemps ?
Une fédération dynamique… ou parfaitement organisée ?
Ne pas forcer ne veut pas dire renoncer. Les jeunes anciens sont une chance réelle, énergie, idées neuves, réflexes modernes. Encore faut-il leur laisser de la place et surtout la parole, pas seulement un strapontin en fin de table.
Reste une question un peu inconfortable :
notre organisation fédérale, conseil d’administration, délégués régionaux, circuits bien huilés, est-elle réellement pensée pour notre époque?
Ou est-elle surtout très douée pour fonctionner exactement comme elle l’a toujours fait… depuis plus d’un siècle ?
Le monde a changé et la communication aussi. Messages instantanés, réseaux sociaux, information qui circule plus vite qu’un ordre de service bien rédigé. Ce sont aujourd’hui ces outils qui relient les générations, qu’on le veuille ou non. Et parfois malgré nous.
Reste une question un peu inconfortable :
notre organisation fédérale, conseil d’administration, délégués régionaux, circuits bien huilés, est-elle réellement pensée pour notre époque?
Ou est-elle surtout très douée pour fonctionner exactement comme elle l’a toujours fait… depuis plus d’un siècle ?
Le monde a changé et la communication aussi. Messages instantanés, réseaux sociaux, information qui circule plus vite qu’un ordre de service bien rédigé. Ce sont aujourd’hui ces outils qui relient les générations, qu’on le veuille ou non. Et parfois malgré nous.
Et si on pensait autrement ?
Un modèle plus souple, inspiré d’initiatives comme « À moi la Légion », mais adapté à l’échelle fédérale, mériterait peut-être réflexion.
Par exemple une petite cellule, légère, connectée aux AALE et aux adhérents, capable de faire correspondre rapidement un besoin et une compétence, n'importe où en Europe.
Moins de délais, plus de lien. Moins de paperasse, plus d’action.
Car à l’inverse, si chaque information doit remonter, être validée, redescendre, puis être reformulée… certains auront déjà changé de téléphone avant la réponse et peut-être même passé de vie à trépas.
Par exemple une petite cellule, légère, connectée aux AALE et aux adhérents, capable de faire correspondre rapidement un besoin et une compétence, n'importe où en Europe.
Moins de délais, plus de lien. Moins de paperasse, plus d’action.
Car à l’inverse, si chaque information doit remonter, être validée, redescendre, puis être reformulée… certains auront déjà changé de téléphone avant la réponse et peut-être même passé de vie à trépas.
Laisser la porte entrouverte
Au fond, il ne s’agit peut-être pas de faire entrer les jeunes anciens dans un cadre figé.
Mais d’accepter que ce cadre puisse évoluer sans se renier.
Peut-être que le lien se tisse autrement aujourd’hui.
Peut-être qu’il est moins visible, moins cérémoniel.
Mais peut-être aussi qu’il est simplement en train de contourner les portes trop étroites.
Et peut-être qu’en acceptant cela, l’esprit Légion continuera de vivre.
Pas exactement comme hier.
Mais suffisamment vivant pour durer demain.
Mais d’accepter que ce cadre puisse évoluer sans se renier.
Peut-être que le lien se tisse autrement aujourd’hui.
Peut-être qu’il est moins visible, moins cérémoniel.
Mais peut-être aussi qu’il est simplement en train de contourner les portes trop étroites.
Et peut-être qu’en acceptant cela, l’esprit Légion continuera de vivre.
Pas exactement comme hier.
Mais suffisamment vivant pour durer demain.