Tout cela se passe au-dessus de nos têtes
Les fusées
Par Michel Gravereau
Dans les différents voyages que je vous ai proposés à travers le système solaire, j’ai souvent évoqué la part importante des petites sondes envoyées par l’Homme afin de mieux connaître notre environnement spatial. Mais ces sondes ne partent pas ainsi par le simple fait du hasard ou en soulevant le sabot d’un cheval. Il faut un engin puisant pour leur faire quitter l’attraction de la Terre. Et ces engins s’appellent des fusées.
Si aujourd’hui ce mot nous paraît très familier, les générations passées l’ont domestiqué au fur et à mesure que l’homme en a compris le fonctionnement.
Nous vivons en 2026. Voici 100 ans, l’Américain Robert Goddard, ayant compris le principe Action-Réaction fait voler la première fusée à carburant liquide. Mélange d’essence et d’oxygène liquide. Elle monte à 12,5 mètres en 2,5 secondes. Fantastique. Puis il change les ailerons en ailettes amovibles gérées par gyroscope et il peut ainsi contrôler le vol de la fusée.
Dans les différents voyages que je vous ai proposés à travers le système solaire, j’ai souvent évoqué la part importante des petites sondes envoyées par l’Homme afin de mieux connaître notre environnement spatial. Mais ces sondes ne partent pas ainsi par le simple fait du hasard ou en soulevant le sabot d’un cheval. Il faut un engin puisant pour leur faire quitter l’attraction de la Terre. Et ces engins s’appellent des fusées.
Si aujourd’hui ce mot nous paraît très familier, les générations passées l’ont domestiqué au fur et à mesure que l’homme en a compris le fonctionnement.
Nous vivons en 2026. Voici 100 ans, l’Américain Robert Goddard, ayant compris le principe Action-Réaction fait voler la première fusée à carburant liquide. Mélange d’essence et d’oxygène liquide. Elle monte à 12,5 mètres en 2,5 secondes. Fantastique. Puis il change les ailerons en ailettes amovibles gérées par gyroscope et il peut ainsi contrôler le vol de la fusée.
La suite, vous la connaissez car elle est le reflet de toutes les sciences : un inventeur et une horde d’ingénieurs, techniciens, scientifiques de tous ordres qui s’emparent de la chose et qui consacrent leur vie à la faire évoluer.
De Goddard à la fusée SLS qui va l’an prochain ramener les Hommes sur la Lune, le chemin est long, un siècle et nous allons en voir quelques bornes.
Tout d’abord, rappelons une petite réalité. La fusée de Goddard a volé avant que Charles Lindberg ne traverse pour la première fois, du moins officiellement, l’Atlantique, puisque ce n’est qu’en mai 1 927 qu’il réussira cet exploit.
Ce n’est pas à des militaires que nous allons apprendre que des progrès se réalisent pendant les guerres. Les crédits et les impératifs sont là. Aussi, il n’est pas étonnant de voir que pendant la deuxième guerre mondiale, des ingénieurs se creusent la tête pour savoir comment détruire l’ennemi et surtout comment porter le feu au plus loin de la ligne de front, par-delà les mers et océans. Un ingénieur allemand va y arriver. Il se nomme Wernher Von Braun. Suivant les pas de Goddard et à peu près à la même époque, vers 1 930, Von Braun réalise quelques fusées pour le compte du réarmement le l’Allemagne. Et pendant le conflit, depuis la plage de Peenemunde, il arrose Londres, la Belgique et les Pays-Bas de 3 000 missiles, les V2.
De Goddard à la fusée SLS qui va l’an prochain ramener les Hommes sur la Lune, le chemin est long, un siècle et nous allons en voir quelques bornes.
Tout d’abord, rappelons une petite réalité. La fusée de Goddard a volé avant que Charles Lindberg ne traverse pour la première fois, du moins officiellement, l’Atlantique, puisque ce n’est qu’en mai 1 927 qu’il réussira cet exploit.
Ce n’est pas à des militaires que nous allons apprendre que des progrès se réalisent pendant les guerres. Les crédits et les impératifs sont là. Aussi, il n’est pas étonnant de voir que pendant la deuxième guerre mondiale, des ingénieurs se creusent la tête pour savoir comment détruire l’ennemi et surtout comment porter le feu au plus loin de la ligne de front, par-delà les mers et océans. Un ingénieur allemand va y arriver. Il se nomme Wernher Von Braun. Suivant les pas de Goddard et à peu près à la même époque, vers 1 930, Von Braun réalise quelques fusées pour le compte du réarmement le l’Allemagne. Et pendant le conflit, depuis la plage de Peenemunde, il arrose Londres, la Belgique et les Pays-Bas de 3 000 missiles, les V2.
Après la guerre, Von Braun ainsi qu’un aréopage de scientifiques allemands filent aux États-Unis. Ils transformeront les V2 récupérés pour en faire les premières fusées Redstone. La NASA va naître dans la foulée.
Humiliés par l’URSS et son premier satellite, Spoutnik, mis en orbite le 04 octobre 1 957 par la fusée Semiorka, les États-Unis répliquent quatre mois plus tard avec Explorer 1.
Emmenés par l’ingénieur Sergueï Korolev, les soviétiques font la course en tête. Ils envoient dans l’espace le première être vivant, la petite chienne Laïca ; puis c’est le premier Homme : Youri Gagarine, le 12 avril 1 962. Ils seront les premiers à « marcher dans l’espace » avec Leonov. Toujours les premiers à photographier la face cachée de la Lune avec Luna 3, à poser un engin en douceur sur la Lune avec Luna 9.
Ils iront voir de près Mercure et poseront trois robots sur Vénus.
La course à l’espace est effrénée. D’autres nations emboîtent le pas. La France a son mot à dire. Elle sera la troisième puissance à vouloir conquérir l’espace. Depuis le Sahara algérien, à Hammaguir et Reggane, elle développe le programme Véronique (VERnon et électrONIQUE). Cette fusée atteint 70 km d’altitude pour analyser l’atmosphère.
Indépendance oblige, la France perd ce coin de l’Afrique et installe son centre spatial en Guyane française, à Kourou.
Le 9 avril 1 968, Véronique est donc la première fusée française à quitter ce sol qui va en voir toute une myriade, non seulement pour le compte de la France, mais aussi pour l’Europe.
La simple petite fusée de Goddard qui paraît être un jouet de l’époque actuelle va grandir, tellement, qu’elle va donner naissance au gigantisme. Il faut faire décoller des tonnes, soit pour les mettre en orbite autour de la Terre, soit pour les envoyer dans l’espace. La fusée Saturne V qui a permis aux Hommes de marcher sur le Lune avec le programme Apollo pesait plus de 3 000 tonnes ! C’était la championne poids lourds.
Mais tous les records sont destinés à être battus : le retour des humains sur notre satellite a nécessité une autre fusée : SLS (Space Launch System). C’est le programme Artémis. Avec ses 125 m de haut, elle est capable de placer 140 tonnes en orbite basse. C’est la plus puissante jamais construite. Si vous souffrez d’otite, n’assistez pas à son décollage car il génère le bruit le plus impressionnant d’un engin construit par l’Homme, hormis la bombe nucléaire.
Humiliés par l’URSS et son premier satellite, Spoutnik, mis en orbite le 04 octobre 1 957 par la fusée Semiorka, les États-Unis répliquent quatre mois plus tard avec Explorer 1.
Emmenés par l’ingénieur Sergueï Korolev, les soviétiques font la course en tête. Ils envoient dans l’espace le première être vivant, la petite chienne Laïca ; puis c’est le premier Homme : Youri Gagarine, le 12 avril 1 962. Ils seront les premiers à « marcher dans l’espace » avec Leonov. Toujours les premiers à photographier la face cachée de la Lune avec Luna 3, à poser un engin en douceur sur la Lune avec Luna 9.
Ils iront voir de près Mercure et poseront trois robots sur Vénus.
La course à l’espace est effrénée. D’autres nations emboîtent le pas. La France a son mot à dire. Elle sera la troisième puissance à vouloir conquérir l’espace. Depuis le Sahara algérien, à Hammaguir et Reggane, elle développe le programme Véronique (VERnon et électrONIQUE). Cette fusée atteint 70 km d’altitude pour analyser l’atmosphère.
Indépendance oblige, la France perd ce coin de l’Afrique et installe son centre spatial en Guyane française, à Kourou.
Le 9 avril 1 968, Véronique est donc la première fusée française à quitter ce sol qui va en voir toute une myriade, non seulement pour le compte de la France, mais aussi pour l’Europe.
La simple petite fusée de Goddard qui paraît être un jouet de l’époque actuelle va grandir, tellement, qu’elle va donner naissance au gigantisme. Il faut faire décoller des tonnes, soit pour les mettre en orbite autour de la Terre, soit pour les envoyer dans l’espace. La fusée Saturne V qui a permis aux Hommes de marcher sur le Lune avec le programme Apollo pesait plus de 3 000 tonnes ! C’était la championne poids lourds.
Mais tous les records sont destinés à être battus : le retour des humains sur notre satellite a nécessité une autre fusée : SLS (Space Launch System). C’est le programme Artémis. Avec ses 125 m de haut, elle est capable de placer 140 tonnes en orbite basse. C’est la plus puissante jamais construite. Si vous souffrez d’otite, n’assistez pas à son décollage car il génère le bruit le plus impressionnant d’un engin construit par l’Homme, hormis la bombe nucléaire.
Nos légionnaires du 3°REI se contenteront de la modeste Ariane 6 avec ses 860 tonnes et 65 mètres de haut.
Comme toujours, une invention dite pacifique, l’envie d’aller voir plus loin de quoi il est fait, a très vite laissé place à une exploitation dans un but beaucoup moins pacifique. Ce principe Action-Réaction alimente toutes ces fusées, tous ces missiles qui virevoltent au-dessus de nos têtes pour porter le malheur et le désespoir chez les autres.
Ainsi va le monde.
Comme toujours, une invention dite pacifique, l’envie d’aller voir plus loin de quoi il est fait, a très vite laissé place à une exploitation dans un but beaucoup moins pacifique. Ce principe Action-Réaction alimente toutes ces fusées, tous ces missiles qui virevoltent au-dessus de nos têtes pour porter le malheur et le désespoir chez les autres.
Ainsi va le monde.