Tout cela se passe au-dessus de nos têtes
La planète Mercure
Par Michel Gravereau
Afin que les enfants retiennent le nom des planètes visibles à l’œil nu depuis le fin-fond des âges, nous égrenons les jours de la semaine et l’affaire est dans le sac : mardi jour de Mars, vendredi jour de Vénus, samedi jour de Saturne.
Aujourd’hui, parlons de celle qui a donné son nom au mercredi : Mercure.
Dans notre système solaire, c’est la plus proche du Soleil. Son orbite varie de 46 à 70 millions de kilomètres. Son trajet orbital est le plus excentré du Système solaire. C’est une orbite elliptique (ovale). Pour mémoire, la Terre se trouve à 150 millions de km du Soleil.
Collée contre ce monstre de chaleur et ne possédant pas de véritable atmosphère, mais plutôt une exosphère, composée de quelques traces de gaz et de particules déposées par le vent solaire, elle est incapable de se protéger des rayons du Soleil, comme d’en retenir la chaleur qui s’en échappe dès qu’elle passe à l’ombre. La planète subit donc des variations de températures record : bouillante le jour (jusqu’à +430°C), glacée la nuit (jusqu’à -180°C).
Cela rend difficile son exploration.
Avec un diamètre de 4 879 km, elle est la plus petite des planètes de notre système solaire. C’est aussi la plus véloce autour de notre étoile, près de 170 000 km/h. La fameuse loi de Kepler. Il lui suffit donc de 88 jours pour faire le tour de notre étoile. Et étant aussi proche du Soleil, inutile de dire combien il est difficile de l’apercevoir le soir ou le matin dans les lueurs du crépuscule. Plusieurs fois dans ma vie, profitant de son éloignement maximum par rapport au Soleil (on dit sa plus grande élongation) j’ai voulu voir Mercure ; ce n’est qu’un tout petit point que j’ai pu observer, sans détails bien sûr. Le fait qu’elle soit toujours proche de l’horizon perturbe son image dans un télescope (la turbulence). Bref, vouloir observer Mercure nous amène toujours à une grande déception.
Si nous étions sur Mercure, nous verrions le Soleil se lever ou se coucher tous les 58 jours terrestres. Pendant longtemps, ne pouvant observer correctement cette planète, les astronomes pensaient qu’elle avait un mouvement synchrone, comme la Lune par rapport à la Terre, c’est-à-dire qu’elle présentait toujours la même face au Soleil. La moitié était sous une température torride alors que l’autre moitié était plongée dans le froid glacial de moins 180 degrés.
Tout comme Vénus, Mercure n’a pas de lune tournant autour d’elle.
Mercure est une planète dite tellurique, c’est-à-dire faite de roches, comme Vénus, Mars et la Terre. Mais elle présente la particularité d’avoir un noyau surdéveloppé et d’être essentiellement composée de fer. Il est vraisemblablement liquide et occupe les 2/3 du volume de Mercure. Pour la Terre, c’est 17%.
Sa croûte rocheuse n’est pas très épaisse, une dizaine de km seulement. En dessous se trouve un manteau de roches semi-fondues composé principalement de fer, de soufre et de silicate, qui s’étend sur environ 600 km. C’est son cœur qui prend toute la place ! De ce fait, Mercure est très dense
Mercure, une planète tellurique toute cabossée.
Avec un diamètre de 4 879 km, elle est la plus petite des planètes de notre système solaire. C’est aussi la plus véloce autour de notre étoile, près de 170 000 km/h. La fameuse loi de Kepler. Il lui suffit donc de 88 jours pour faire le tour de notre étoile. Et étant aussi proche du Soleil, inutile de dire combien il est difficile de l’apercevoir le soir ou le matin dans les lueurs du crépuscule. Plusieurs fois dans ma vie, profitant de son éloignement maximum par rapport au Soleil (on dit sa plus grande élongation) j’ai voulu voir Mercure ; ce n’est qu’un tout petit point que j’ai pu observer, sans détails bien sûr. Le fait qu’elle soit toujours proche de l’horizon perturbe son image dans un télescope (la turbulence). Bref, vouloir observer Mercure nous amène toujours à une grande déception.
Si nous étions sur Mercure, nous verrions le Soleil se lever ou se coucher tous les 58 jours terrestres. Pendant longtemps, ne pouvant observer correctement cette planète, les astronomes pensaient qu’elle avait un mouvement synchrone, comme la Lune par rapport à la Terre, c’est-à-dire qu’elle présentait toujours la même face au Soleil. La moitié était sous une température torride alors que l’autre moitié était plongée dans le froid glacial de moins 180 degrés.
Tout comme Vénus, Mercure n’a pas de lune tournant autour d’elle.
Mercure est une planète dite tellurique, c’est-à-dire faite de roches, comme Vénus, Mars et la Terre. Mais elle présente la particularité d’avoir un noyau surdéveloppé et d’être essentiellement composée de fer. Il est vraisemblablement liquide et occupe les 2/3 du volume de Mercure. Pour la Terre, c’est 17%.
Sa croûte rocheuse n’est pas très épaisse, une dizaine de km seulement. En dessous se trouve un manteau de roches semi-fondues composé principalement de fer, de soufre et de silicate, qui s’étend sur environ 600 km. C’est son cœur qui prend toute la place ! De ce fait, Mercure est très dense
Mercure, une planète tellurique toute cabossée.
À sa formation, Mercure était probablement une planète volcanique très active, très chaude. Puis, elle s’est refroidie et sa croûte s’est formée. Pendant ce long refroidissement, elle se serait contractée en plissant sa surface.
Tout comme celle de la Lune, la surface de Mercure est un immense désert parsemé de cratères. Ces cicatrices sont les traces des nombreux impacts météoritiques subis durant sa formation. La planète est aussi sillonnée de plaines, vestiges d’anciennes coulées de lave survenues lors d’éruptions volcaniques ou provoquées par des chutes de météorites. Aujourd’hui, Mercure est considérée comme une planète morte, sans activité interne.
Le bassin Caloris est le plus grand cratère météoritique observé sur Mercure. Il mesure 1 550 km de diamètre.
Une planète magnétique
La présence d’un champ magnétique autour de Mercure intrigue les scientifiques. Il ne peut pas être généré par un effet de dynamo produit par la rotation de son noyau, car elle tourne trop lentement sur elle-même. Une hypothèse envisage que son orbite très elliptique puisse en revanche agiter suffisamment le métal liquide de son noyau pour provoquer un effet dynamo susceptible de générer le champ magnétique qui entoure Mercure.
Difficile de l’approcher.
Difficile d’envoyer un engin au voisinage du Soleil dont l’attraction et les rayonnements peuvent être fatals. Aussi, Mercure nous reste encore méconnue.
Après deux survols par la sonde américaine Mariner 10 en 1973 et 1974, Mercure n’a plus été visitée jusqu’en 2011. La sonde américaine Messenger s’est alors positionnée sur l’orbite de la petite planète d’où elle a pu l’observer durant 4 ans. Le voyage vers Mercure est long et périlleux. Il faut réussir à se placer dans l’orbite de Mercure sans se faire happer par l’attraction du Soleil. Puis posséder des instruments résistants à la chaleur de notre étoile.
La seconde mission envoyée en orbite de Mercure a été lancée en 2018. BepiColombo a emporté deux sondes, l’une européenne, l’autre japonaise. La première, nommée MPO (Mercury Planetary Orbiter), est chargée de cartographier Mercure, d’étudier sa structure interne et la composition de sa surface, et la seconde, Mio, d’analyser le champ magnétique et la magnétosphère de la planète. Sous la maîtrise d’ouvrage du CNES, 6 laboratoires français ont contribué aux 16 instruments européens.
Tout comme celle de la Lune, la surface de Mercure est un immense désert parsemé de cratères. Ces cicatrices sont les traces des nombreux impacts météoritiques subis durant sa formation. La planète est aussi sillonnée de plaines, vestiges d’anciennes coulées de lave survenues lors d’éruptions volcaniques ou provoquées par des chutes de météorites. Aujourd’hui, Mercure est considérée comme une planète morte, sans activité interne.
Le bassin Caloris est le plus grand cratère météoritique observé sur Mercure. Il mesure 1 550 km de diamètre.
Une planète magnétique
La présence d’un champ magnétique autour de Mercure intrigue les scientifiques. Il ne peut pas être généré par un effet de dynamo produit par la rotation de son noyau, car elle tourne trop lentement sur elle-même. Une hypothèse envisage que son orbite très elliptique puisse en revanche agiter suffisamment le métal liquide de son noyau pour provoquer un effet dynamo susceptible de générer le champ magnétique qui entoure Mercure.
Difficile de l’approcher.
Difficile d’envoyer un engin au voisinage du Soleil dont l’attraction et les rayonnements peuvent être fatals. Aussi, Mercure nous reste encore méconnue.
Après deux survols par la sonde américaine Mariner 10 en 1973 et 1974, Mercure n’a plus été visitée jusqu’en 2011. La sonde américaine Messenger s’est alors positionnée sur l’orbite de la petite planète d’où elle a pu l’observer durant 4 ans. Le voyage vers Mercure est long et périlleux. Il faut réussir à se placer dans l’orbite de Mercure sans se faire happer par l’attraction du Soleil. Puis posséder des instruments résistants à la chaleur de notre étoile.
La seconde mission envoyée en orbite de Mercure a été lancée en 2018. BepiColombo a emporté deux sondes, l’une européenne, l’autre japonaise. La première, nommée MPO (Mercury Planetary Orbiter), est chargée de cartographier Mercure, d’étudier sa structure interne et la composition de sa surface, et la seconde, Mio, d’analyser le champ magnétique et la magnétosphère de la planète. Sous la maîtrise d’ouvrage du CNES, 6 laboratoires français ont contribué aux 16 instruments européens.
Pour se mettre en orbite autour de Mercure en novembre 2 026, sans terminer sa course dans le Soleil, la sonde BepiColombo doit ralentir sa vitesse en utilisant l’assistance gravitationnelle des planètes, survolant ainsi 1 fois la Terre, 2 fois Vénus et 6 fois Mercure.
Mercure est donc une planète très peu connue des scientifiques du fait essentiel de sa proximité avec le Soleil. Pourtant, certains en sont persuadés, bien la connaître nous aiderait à mieux comprendre ce qu’a été la création de notre système solaire.
En attendant le mois de novembre et la satellisation de BepiColombo, surveillez les nouvelles.
Il vous reste à essayer de dénicher Mercure dans votre ciel du soir. Le 12 octobre, à partir de 19 h, au moment où le Soleil va se coucher, vous pourrez observer un tout petit croissant de Lune et juste au-dessus d’elle, un infime point qui sera à son élongation maximum pour 2 026. C’est Mercure. Nettoyez vos lunettes et bonne observation.
Malgré la chaleur extrême qui règne sur cette planète, j’en connais plus d’un qui aimerait se balader à travers ce décor hostile et inhumain, aller d’un cratère à un autre car ils sont baptisés du nom de tous ces artistes dans tous les domaines. Vous en voulez quelques-uns ?
Voici les cratères Cézanne, Dali, Gauguin, Van Gogh et Botticelli qui peut voir Vénus se lever, puis après les peintres, les auteurs comme Hemingway, Victor Hugo, Balzac, Cervantès, toute la famille Bronte. S’ils se rassemblaient, quelle symphonie avec Bach, Chopin, Berlioz, Beethoven, Verdi, Puccini bien sûr, accompagnés de la clarinette de Sydney Bechet. La danse avec Rudolf Noureev, le cinéma de Truffaut et cet artiste oublié de beaucoup : Imhotep, l’architecte des pyramides. Bon voyage parmi ces merveilles.
Mercure est donc une planète très peu connue des scientifiques du fait essentiel de sa proximité avec le Soleil. Pourtant, certains en sont persuadés, bien la connaître nous aiderait à mieux comprendre ce qu’a été la création de notre système solaire.
En attendant le mois de novembre et la satellisation de BepiColombo, surveillez les nouvelles.
Il vous reste à essayer de dénicher Mercure dans votre ciel du soir. Le 12 octobre, à partir de 19 h, au moment où le Soleil va se coucher, vous pourrez observer un tout petit croissant de Lune et juste au-dessus d’elle, un infime point qui sera à son élongation maximum pour 2 026. C’est Mercure. Nettoyez vos lunettes et bonne observation.
Malgré la chaleur extrême qui règne sur cette planète, j’en connais plus d’un qui aimerait se balader à travers ce décor hostile et inhumain, aller d’un cratère à un autre car ils sont baptisés du nom de tous ces artistes dans tous les domaines. Vous en voulez quelques-uns ?
Voici les cratères Cézanne, Dali, Gauguin, Van Gogh et Botticelli qui peut voir Vénus se lever, puis après les peintres, les auteurs comme Hemingway, Victor Hugo, Balzac, Cervantès, toute la famille Bronte. S’ils se rassemblaient, quelle symphonie avec Bach, Chopin, Berlioz, Beethoven, Verdi, Puccini bien sûr, accompagnés de la clarinette de Sydney Bechet. La danse avec Rudolf Noureev, le cinéma de Truffaut et cet artiste oublié de beaucoup : Imhotep, l’architecte des pyramides. Bon voyage parmi ces merveilles.