Chronique Laotienne 2/6
Par Lt-colonel (TE-er) Antoine Marquet
24 janvier 2024
La découverte de cette petite ville m’étonne, mais pas mes coéquipiers qui vivent en Thaïlande ! Vers 4 heures 30 du matin je suis réveillé par un bruit sourd, répété avec une constance de métronome.
J’apprends qu’il s’agit du gong du temple proche dont nous connaîtrons quelques moines au moment de l’aumône. Se substituant au gong, nous avons droit à un discours prononcé par une voix masculine monocorde qui délivre en laotien des messages sociétaux, politiques et sans doute de conditionnement de la population qui semble indifférente à cette harangue communiste.
Aux premières lueurs de l’aube les étalages de marchandises de toute sorte gagnent les bords des rues.
Nous y trouvons de tout. Beaux légumes frais arrachés à leur sol natal, des plats cuisinés, de l’outillage, des animaux, dont une espèce a retenu spécialement mon attention de gourmet : des rats séchés, des rats grillés… certains spécialistes au goût exquis s’en délecteraient.
La visite du marché est, elle aussi très instructive : l’on vient de tuer un veau, là, à même le sol. Dépecé sur place il attire une clientèle humaine mais aussi canine et féline. Cela ne surprend personne hormis nous…
24 janvier 2024
La découverte de cette petite ville m’étonne, mais pas mes coéquipiers qui vivent en Thaïlande ! Vers 4 heures 30 du matin je suis réveillé par un bruit sourd, répété avec une constance de métronome.
J’apprends qu’il s’agit du gong du temple proche dont nous connaîtrons quelques moines au moment de l’aumône. Se substituant au gong, nous avons droit à un discours prononcé par une voix masculine monocorde qui délivre en laotien des messages sociétaux, politiques et sans doute de conditionnement de la population qui semble indifférente à cette harangue communiste.
Aux premières lueurs de l’aube les étalages de marchandises de toute sorte gagnent les bords des rues.
Nous y trouvons de tout. Beaux légumes frais arrachés à leur sol natal, des plats cuisinés, de l’outillage, des animaux, dont une espèce a retenu spécialement mon attention de gourmet : des rats séchés, des rats grillés… certains spécialistes au goût exquis s’en délecteraient.
La visite du marché est, elle aussi très instructive : l’on vient de tuer un veau, là, à même le sol. Dépecé sur place il attire une clientèle humaine mais aussi canine et féline. Cela ne surprend personne hormis nous…
La « guesthouse » où nous séjournons est tout à fait correcte mais est, elle aussi, surprenante et pour cause… la douche se trouve à un demi-mètre de la cuvette des WC, à un mètre de la poubelle et du lavabo, c’est-à-dire que tout est inondé lors de sa mise en fonctionnement. Nous n’avons pu déterminer le but ou la raison du système. Est-ce pour que le client nettoie lui-même à grand eau la salle de bain ou par la pénurie de rideaux de douche dans le commerce local !
Nous cherchons où prendre un petit déjeuner mérité et nous nous arrêtons dans un estaminet aux contours mal définis et dans lequel la cuisine se trouve derrière une cloison à claire-voie.
Nous demandons du café, des omelettes, excellentes, et devons aller acheter le pain dans une échoppe de l’autre côté de la rue qui vend aussi des brochettes de fines tranches de bacon qui nous permettent de faire des sandwichs assez savoureux et nous changeant des propositions de rats grillés !
Petit déjeuner pris – j’ai dû me mettre au café et lait condensé car le thé ressemble fort à du gazon plongé dans de l’eau chaude - nous essayons de trouver un moyen de transport mais les taxis sont inexistants dans la bourgade. Jean Pierre, maître d’œuvre et logisticien avéré, négocie avec des motards mais nous abandonnons le projet car ils ne disposaient que de deux motos et les pistes à prendre seraient difficilement négociables avec ces engins. Soudain, à proximité d’une marchande de fruits, il avise une sorte de mini-camion.
La marchande de fruits nous dit qu’il s’agit du camion de son mari. Qu’à cela ne tienne, enveloppé d’un nuage de fumée de cigare et deux quintes de toux, Jean-Pierre arrache l’affaire : camion et conducteur sont loués pour deux jours pour la modique somme d’un million cinq cents mil kip mais, pas d’affolement, cela ne représente que 67 euros!
Ainsi nous prenons la route en direction de Khouang Khouei. Lieu des combats de Cabaribère et naissance du grand talweg emprunté par lui pour échapper aux Viêts, laissant pour demain nos recherches à Kouang Khoua, pour trouver les points d’appui établis en avril 53.
Nous cherchons où prendre un petit déjeuner mérité et nous nous arrêtons dans un estaminet aux contours mal définis et dans lequel la cuisine se trouve derrière une cloison à claire-voie.
Nous demandons du café, des omelettes, excellentes, et devons aller acheter le pain dans une échoppe de l’autre côté de la rue qui vend aussi des brochettes de fines tranches de bacon qui nous permettent de faire des sandwichs assez savoureux et nous changeant des propositions de rats grillés !
Petit déjeuner pris – j’ai dû me mettre au café et lait condensé car le thé ressemble fort à du gazon plongé dans de l’eau chaude - nous essayons de trouver un moyen de transport mais les taxis sont inexistants dans la bourgade. Jean Pierre, maître d’œuvre et logisticien avéré, négocie avec des motards mais nous abandonnons le projet car ils ne disposaient que de deux motos et les pistes à prendre seraient difficilement négociables avec ces engins. Soudain, à proximité d’une marchande de fruits, il avise une sorte de mini-camion.
La marchande de fruits nous dit qu’il s’agit du camion de son mari. Qu’à cela ne tienne, enveloppé d’un nuage de fumée de cigare et deux quintes de toux, Jean-Pierre arrache l’affaire : camion et conducteur sont loués pour deux jours pour la modique somme d’un million cinq cents mil kip mais, pas d’affolement, cela ne représente que 67 euros!
Ainsi nous prenons la route en direction de Khouang Khouei. Lieu des combats de Cabaribère et naissance du grand talweg emprunté par lui pour échapper aux Viêts, laissant pour demain nos recherches à Kouang Khoua, pour trouver les points d’appui établis en avril 53.
Le second combat de Mouang Khoua
29 janvier 1954
Le 2e bataillon du 3e REI commandé par le commandant Cabaribère est donc à Mouang Khoua pour épauler le repli de la garnison. Le bataillon est engagé avec 3 compagnies de combat : 6e compagnie du lieutenant Riou (que nous avons connu au grade de colonel), 7e compagnie du capitaine Fonlupt, 8e compagnie du capitaine Gansard. La 5e compagnie est restée à Muong Xai distante de 80 kilomètres.
08 h 00
A la vacation de 08 h le commandant Cabaribère reçoit un message demandant d’envoyer à Kouong Khouei, au sud de Mouang Khoua, une compagnie qui fera office de bouchon au cours d’un repli ultérieur.
Dans l’après-midi il reçoit un autre message lui donnant l’ordre de détruite discrètement les installations et le matériel ne pouvant être emporté et de quitter
Mouang Khoua le lendemain matin à 07 heures. Cabaribère interpréta ce message qui était chiffré, par : effectuer les destructions à 07 heures.
Le commandant Vaudrey afirmera plus tard que son message disait de quitter Mouang Khoua à 07 heures.
Le 2e bataillon du 3e REI commandé par le commandant Cabaribère est donc à Mouang Khoua pour épauler le repli de la garnison. Le bataillon est engagé avec 3 compagnies de combat : 6e compagnie du lieutenant Riou (que nous avons connu au grade de colonel), 7e compagnie du capitaine Fonlupt, 8e compagnie du capitaine Gansard. La 5e compagnie est restée à Muong Xai distante de 80 kilomètres.
08 h 00
A la vacation de 08 h le commandant Cabaribère reçoit un message demandant d’envoyer à Kouong Khouei, au sud de Mouang Khoua, une compagnie qui fera office de bouchon au cours d’un repli ultérieur.
Dans l’après-midi il reçoit un autre message lui donnant l’ordre de détruite discrètement les installations et le matériel ne pouvant être emporté et de quitter
Mouang Khoua le lendemain matin à 07 heures. Cabaribère interpréta ce message qui était chiffré, par : effectuer les destructions à 07 heures.
Le commandant Vaudrey afirmera plus tard que son message disait de quitter Mouang Khoua à 07 heures.
17 h 30
La 7e compagnie du capitaine Fontlup est à Kouang Khouei et rend compte de son installation sans incident.
30 janvier 1954
07 h 00
Début des destructions de matériel sur les trois points d’appui de Mouang Khoua. Ces opérations prennent plus de temps que prévu.
09 h 00
Un détachement aux ordres du capitaine Menigoz du 2e BCL, composé par la 8e compagnie du 3e REI du lieutenant Gansard, la 4e compagnie du 2e BCL du lieutenant Monroe et la compagnie de supplétifs de l’adjudant Colegiono, quitte Mouang Khoua pour Kouang Khouei.
12 h 00
Les destructions terminées, le détachement aux ordres du commandant Cabaribère quitte Mouang Khoua. Il comprend la 3e compagnie du 2e BCL du lieutenant Banlier, des éléments de la CCB et la 6e compagnie du 3e REI du lieutenant Riou. Il doit se renforcer au passage à Kouang Khouei avec la 7e compagnie du 3e REI dont la mission de recueil est alors terminée.
17 h 00
Le détachement Cabaribère atteint Kouang Khouei et s’y installe en hérisson pour la nuit. Le détachement du capitaine Menigoz a dépassé Kouang Khouei et a atteint Kouang Rip avec 3 heures d’avance sur le deuxième détachement.
18 h 00
Le commandant Vaudrey et le 5e Tabor ont fait liaison à Kouang Rip avec le détachement du capitaine Menigoz.
La suite est ici...
La 7e compagnie du capitaine Fontlup est à Kouang Khouei et rend compte de son installation sans incident.
30 janvier 1954
07 h 00
Début des destructions de matériel sur les trois points d’appui de Mouang Khoua. Ces opérations prennent plus de temps que prévu.
09 h 00
Un détachement aux ordres du capitaine Menigoz du 2e BCL, composé par la 8e compagnie du 3e REI du lieutenant Gansard, la 4e compagnie du 2e BCL du lieutenant Monroe et la compagnie de supplétifs de l’adjudant Colegiono, quitte Mouang Khoua pour Kouang Khouei.
12 h 00
Les destructions terminées, le détachement aux ordres du commandant Cabaribère quitte Mouang Khoua. Il comprend la 3e compagnie du 2e BCL du lieutenant Banlier, des éléments de la CCB et la 6e compagnie du 3e REI du lieutenant Riou. Il doit se renforcer au passage à Kouang Khouei avec la 7e compagnie du 3e REI dont la mission de recueil est alors terminée.
17 h 00
Le détachement Cabaribère atteint Kouang Khouei et s’y installe en hérisson pour la nuit. Le détachement du capitaine Menigoz a dépassé Kouang Khouei et a atteint Kouang Rip avec 3 heures d’avance sur le deuxième détachement.
18 h 00
Le commandant Vaudrey et le 5e Tabor ont fait liaison à Kouang Rip avec le détachement du capitaine Menigoz.
La suite est ici...