Le vrai récit d'un faux voyage
Comment Balzac, Jules Verne et les grands conteurs nous apprennent à voyager avant même de partir.
Par Christian Morisot
Je possède à ne point douter, le grand privilège de posséder la collection complète des écrits de Balzac. Un des romans récemment lus attira ma curiosité : « Voyage de Paris à Java. ».
Balzac n’a jamais mis les pieds hors de France et pourtant son voyage à Java est remarquable :
« J’avoue que pour un européen, pour un poète surtout, aucune terre ne saurait être aussi délicieuse que l’île de Java ! Je vous parlerai des choses qui s’imprimèrent le plus vivement dans ma mémoire, mais sans ordre, au gré de mes souvenirs ! (…)
Écouter les chants du bengali, respirer les volcamérias, en passant une main demi-morte dans quelque chevelure javanaise, au frais, sous un ciel de feu, dans l’atmosphère humide que les Chinois savent produire en étendant de longues nattes, en paille de riz, mouillées, devant les fenêtres de votre palais, tranquille…
Ah ! cette vie de débauche d’âme et de poésie…Pour ceux qui l’ont goûtée, il n’y a plus ni art, ni musique, ni chef-d’œuvre… D’abord posez en principe que les femmes de Java sont folles des Européens. Puis laissez-moi vous décrire l’espèce admirable qui, dans le beau sexe, forme la famille javanaise.
Là, les femmes sont blanches et lisses, comme du papier de bath ; nulle couleur ne nuance leur teint ; leurs lèvres sont pâles ; leurs oreilles, leurs narines tout est blanc ; seulement de beaux sourcils bien noirs et leurs yeux bruns tranchent sur cette pâleur bizarre, le luxe de leur chevelure e prodigieux… »
On s’y croirait, or Balzac n’a jamais mis les pieds à Java. En 1831, il rencontre un commissaire de poudres qui lui raconte son séjour à Java. Ce qui est le fruit de son imagination est le vrai récit d’un faux voyage manipulé avec talent.
Je me souviens des récits de nos vieux légionnaires qui avaient tant de choses à dire et à partager ; ils nous racontaient leurs aventures qui flirtaient bon avec l’exotisme au point de nous envoûter. Ainsi nous racontaient-ils en gérant les mots leurs péripéties même si la vérité du vécu faisait doute, il n’empêche que nous rêvions… J’ai encore en mémoire le récit d’un de mes Anciens qui parlait de l’Amazonie » , cette forêt que je devais découvrir plus tard comme commandant d’Unité…
D’autres m’ont fait rêver, ainsi Jules Verne, comme tout ceux de ces écrivains-voyageurs qui se mettaient eux-mêmes en scène, ils ont nourri mon enfance de beauté et ont formé le socle de ce que j’identifiais comme l’aventure extrême racontée. Pourtant, ni Jules Verne, ni Jean Giono, comme Balzac n’ont jamais quitté leur ville natale. Cependant, ils m’ont fait visiter des pays sauvages et ont semé en moi le désir de partir de vivre des aventures et par la suite une envie d’écriture.
Ella Maillart et Alexandra David Neel m’ont également passionnées, quand ces grandes voyageuses parlaient de l’aventure, elles disaient : « L’aventure était l’art de voyager et d’y adjoindre le langage en mettant des mots sur la rencontre de l’imprévu et de l’autre… Alors, l’aventure rejoint celle de l’écriture, mais ces Dames bougeaient beaucoup, se déplaçaient avec intelligence et leur cœur vibrait en même temps.
De mon Dunkerque natal, pluvieux à souhaits, manquant en permanence de lumière, je parti de bon matin pour une aventure légionnaire avec la certitude que la planète entière m’appartenait.
Là, les femmes sont blanches et lisses, comme du papier de bath ; nulle couleur ne nuance leur teint ; leurs lèvres sont pâles ; leurs oreilles, leurs narines tout est blanc ; seulement de beaux sourcils bien noirs et leurs yeux bruns tranchent sur cette pâleur bizarre, le luxe de leur chevelure e prodigieux… »
On s’y croirait, or Balzac n’a jamais mis les pieds à Java. En 1831, il rencontre un commissaire de poudres qui lui raconte son séjour à Java. Ce qui est le fruit de son imagination est le vrai récit d’un faux voyage manipulé avec talent.
Je me souviens des récits de nos vieux légionnaires qui avaient tant de choses à dire et à partager ; ils nous racontaient leurs aventures qui flirtaient bon avec l’exotisme au point de nous envoûter. Ainsi nous racontaient-ils en gérant les mots leurs péripéties même si la vérité du vécu faisait doute, il n’empêche que nous rêvions… J’ai encore en mémoire le récit d’un de mes Anciens qui parlait de l’Amazonie » , cette forêt que je devais découvrir plus tard comme commandant d’Unité…
D’autres m’ont fait rêver, ainsi Jules Verne, comme tout ceux de ces écrivains-voyageurs qui se mettaient eux-mêmes en scène, ils ont nourri mon enfance de beauté et ont formé le socle de ce que j’identifiais comme l’aventure extrême racontée. Pourtant, ni Jules Verne, ni Jean Giono, comme Balzac n’ont jamais quitté leur ville natale. Cependant, ils m’ont fait visiter des pays sauvages et ont semé en moi le désir de partir de vivre des aventures et par la suite une envie d’écriture.
Ella Maillart et Alexandra David Neel m’ont également passionnées, quand ces grandes voyageuses parlaient de l’aventure, elles disaient : « L’aventure était l’art de voyager et d’y adjoindre le langage en mettant des mots sur la rencontre de l’imprévu et de l’autre… Alors, l’aventure rejoint celle de l’écriture, mais ces Dames bougeaient beaucoup, se déplaçaient avec intelligence et leur cœur vibrait en même temps.
De mon Dunkerque natal, pluvieux à souhaits, manquant en permanence de lumière, je parti de bon matin pour une aventure légionnaire avec la certitude que la planète entière m’appartenait.