Tout cela se passe au-dessus de nos têtes
Noël et le légionnaire 1/3
Les civilisations passées prirent des modèles différents pour estimer le temps qui s’écoule, inexorable : les égyptiens eurent recours à la clepsydre ; pour eux, l’année commençait avec le lever héliaque de l’étoile Sirius ; d’autres observaient les aspects changeants de la Lune et comptaient ainsi les mois, les années.
Puis l’homme établit que le jour était le temps nécessaire à la Terre pour faire un tour sur elle-même et l’année pour effectuer un tour autour du Roi Soleil.
Pour les légionnaires qui ont inventé un langage un peu à part, le temps passé sous la grenade à sept flammes est décompté différemment : « j’ai passé 23 Camerone à la Légion ». C’est en quelque sorte la « Pendule officielle ». Mais ils peuvent également référencer ce temps avec les Noël, tant ce moment est un point d’orgue sur le calendrier et les activités de notre Institution. « Oh temps, suspends ton vol ».
Tout Officier, Sous-Officier ou légionnaire se souvient avec mélancolie de cette fête qui marque tant les esprits car elle s’inscrit naturellement dans la raison d’être de la Légion : des personnes errantes qui cherchent un refuge car la société leur tourne le dos. Ce refuge où ils vont trouver la solidarité, la compréhension, l’aide matérielle et morale, le réconfort.
Mais que représente Noël sur la Terre, au-delà des religions, dans sa définition même, sa date, et bien sûr l’importance que cette fête représente à la Légion et son rite savamment et durablement établi depuis des générations. En cette période si particulière, posons notre regard sur cette fin décembre et le symbole de Noël.
Puis l’homme établit que le jour était le temps nécessaire à la Terre pour faire un tour sur elle-même et l’année pour effectuer un tour autour du Roi Soleil.
Pour les légionnaires qui ont inventé un langage un peu à part, le temps passé sous la grenade à sept flammes est décompté différemment : « j’ai passé 23 Camerone à la Légion ». C’est en quelque sorte la « Pendule officielle ». Mais ils peuvent également référencer ce temps avec les Noël, tant ce moment est un point d’orgue sur le calendrier et les activités de notre Institution. « Oh temps, suspends ton vol ».
Tout Officier, Sous-Officier ou légionnaire se souvient avec mélancolie de cette fête qui marque tant les esprits car elle s’inscrit naturellement dans la raison d’être de la Légion : des personnes errantes qui cherchent un refuge car la société leur tourne le dos. Ce refuge où ils vont trouver la solidarité, la compréhension, l’aide matérielle et morale, le réconfort.
Mais que représente Noël sur la Terre, au-delà des religions, dans sa définition même, sa date, et bien sûr l’importance que cette fête représente à la Légion et son rite savamment et durablement établi depuis des générations. En cette période si particulière, posons notre regard sur cette fin décembre et le symbole de Noël.
Noël sur la Terre
Définir la date
Un enfant dessinerait un paysage de Noël, sans manquer d’y faire figurer les flocons de neige et les sapins tant cette notion est « tradi ».
Il est vrai que pour les européens du Nord, la fin décembre est propice à cet évènement météo. Mais Noël, qui représente l’avènement du Christ, est-elle une date qui tomberait en décembre ?
Loin de moi la volonté de « renverser la table » et d’établir, tel un révolutionnaire, le moindre doute dans les esprits. Rappelons simplement, et nous nous en tiendrons uniquement à cette grande incertitude, que cet évènement n’a certainement pas eu lieu en décembre puisque, nous disent, les écritures, les bergers et leurs troupeaux se trouvaient dans les champs. L’église admet même cette hypothèse et situe la naissance du Christ entre l’an moins 4 et l’an moins 6.
Mais que cela ne change en rien dans le symbole de Noël.
Il est vrai que pour les européens du Nord, la fin décembre est propice à cet évènement météo. Mais Noël, qui représente l’avènement du Christ, est-elle une date qui tomberait en décembre ?
Loin de moi la volonté de « renverser la table » et d’établir, tel un révolutionnaire, le moindre doute dans les esprits. Rappelons simplement, et nous nous en tiendrons uniquement à cette grande incertitude, que cet évènement n’a certainement pas eu lieu en décembre puisque, nous disent, les écritures, les bergers et leurs troupeaux se trouvaient dans les champs. L’église admet même cette hypothèse et situe la naissance du Christ entre l’an moins 4 et l’an moins 6.
Mais que cela ne change en rien dans le symbole de Noël.
Trêve de Noël
Il perdure depuis des siècles et rallume, comme par magie, la flamme de l’espérance.
Souvenirs personnels : comme cela se faisait naturellement à l’époque, les écoles, en rangs ordonnés et complets, assistaient aux cérémonies patriotiques telles le 11 novembre, devant le monument aux Morts. Ma mémoire a gravé un moment particulier.
J’étais tout gamin et on remettait à un cantonnier de mon village la Légion d’Honneur pour sa bravoure dans les tranchées de la première guerre mondiale.
Cela devait se dérouler au milieu des années cinquante. Il était temps que l’on reconnaisse ses mérites. Après le discours d’un ancien combattant décrivant l’enfer des tranchées, notre cantonnier prit la parole, sans emphase, avec des mots à lui.
Certes, comme il avait été blessé trois fois, il ne parlait pas d’une partie de plaisir, surtout qu’à cette époque-là, le souvenir de 39-45 était encore vivace ; de Gaulle et Adenauer n’avaient pas encore scellé l’amitié franco-allemande.
A la fin de son discours, cet homme marqua une pause, ses yeux se mirent à briller, une petite larme certainement, et, après une réflexion profonde, il déclara « c’est dommage qu’il n’y ait qu’un jour de Noël par an ». Il expliqua ensuite qu’un soir de Noël, il se retrouvait à portée des lignes allemandes et ce soir-là, d’un côté comme de l’autre, les armes s’étaient tues avec peut-être même des signes d’amitié.
Le lendemain, l’enfer recommençait.
Après quelques recherches historiques, il me semble que c’était en 1914 dans la Somme où les Alliés et les Allemands ont fait une trêve pour le jour de Noël. À suivre...
Souvenirs personnels : comme cela se faisait naturellement à l’époque, les écoles, en rangs ordonnés et complets, assistaient aux cérémonies patriotiques telles le 11 novembre, devant le monument aux Morts. Ma mémoire a gravé un moment particulier.
J’étais tout gamin et on remettait à un cantonnier de mon village la Légion d’Honneur pour sa bravoure dans les tranchées de la première guerre mondiale.
Cela devait se dérouler au milieu des années cinquante. Il était temps que l’on reconnaisse ses mérites. Après le discours d’un ancien combattant décrivant l’enfer des tranchées, notre cantonnier prit la parole, sans emphase, avec des mots à lui.
Certes, comme il avait été blessé trois fois, il ne parlait pas d’une partie de plaisir, surtout qu’à cette époque-là, le souvenir de 39-45 était encore vivace ; de Gaulle et Adenauer n’avaient pas encore scellé l’amitié franco-allemande.
A la fin de son discours, cet homme marqua une pause, ses yeux se mirent à briller, une petite larme certainement, et, après une réflexion profonde, il déclara « c’est dommage qu’il n’y ait qu’un jour de Noël par an ». Il expliqua ensuite qu’un soir de Noël, il se retrouvait à portée des lignes allemandes et ce soir-là, d’un côté comme de l’autre, les armes s’étaient tues avec peut-être même des signes d’amitié.
Le lendemain, l’enfer recommençait.
Après quelques recherches historiques, il me semble que c’était en 1914 dans la Somme où les Alliés et les Allemands ont fait une trêve pour le jour de Noël. À suivre...