Chronique Laotienne 1/6
Par Lt-colonel (TE-er) Antoine Marquet
C’est en juin 2023 que mon camarade Jean-Pierre Raoul, chef de bataillon en retraite, m’a parlé pour la première fois de la découverte, au gré de ses lectures*, de combats meurtriers dans la région de Mouang Khoua au nord Laos qui ont impliqué le 2e bataillon du 3e REI aux ordres du commandant Cabaribère, une colonne du 5e Tabor aux ordres du commandant Vaudrey, 3 compagnies de Laotiens et une compagnie de supplétifs. Il a décidé de tenter d’élucider cette affaire en se rendant sur les lieux 70 ans après.
Pour ce faire il a constitué un dossier très complet, solide, sur les événements dramatiques qui ont vu la disparition du 2e bataillon du 3e REI, tout comme d’importants éléments du 5e Tabor et les unités des Chasseurs Laotiens.
Voilà comment deux lignes dans un livre aboutissent à un voyage sur les traces de nos anciens. Se sont joints à mon camarade Raoul (nous avons servi ensemble dans trois régiments et sommes de la même promotion), le général Jean Baillaud (Para metro) (promotion Général Rollet) avec lequel nous avons fait une année d’application à l’EAI et le caporal-chef Jacky Biaugeaud, président de la FACS Thaïlande et moi.
Une contrariété administrative a empêché Jean-Luc Martin, TdM (promotion Général Rollet) colonel de son état, de se joindre à nous. Tous habitent en Thaïlande et ont eu la bonne idée de m’inviter - j’habite au Portugal - à participer à cette équipée mémorielle.
Cette chronique se propose de relater ce voyage tout en remémorant le contexte historique de l’époque, établi grâce au JMO du II/3e REI et au rapport établi par le commandant Cabaribère lui-même. Nous, anciens légionnaires, n’avions jamais entendu parler de cette affaire.
21 janvier 2024
Après un long voyage me voici rendu à Vientiane, capitale du Laos, dans un hôtel où je dois attendre l’arrivée de mes camarades prévue pour le lendemain.
22 janvier 2024
Dans l’après-midi nous nous retrouvons dans un bel hôtel, La Seine, sur les bords du mythique Mékong. Je n’avais pas vu Baillaud depuis 43 ans, Raoul depuis une trentaine d’années et je faisais la connaissance de Jacky Biaugeaud.
La traversée de la ville entre les deux hôtels m’a permis de constater une saleté toute orientale et l’impressionnant câblage électrique et téléphonique de cette capitale. Rien que cela devrait la conduire à devenir patrimoine de l’humanité !
Les premiers contacts avec des Laotiens laissent deviner un caractère aimable, indolent, qui se confirmera tout au long du voyage, et très amical envers les étrangers. Un conducteur de « tuc-tuc », échancre sa chemise pour nous montrer fièrement son maillot nº 7 de la Fédération française de football !
Après un excellent dîner en terrasse, au sommet de l’hôtel, d’où nous pouvons admirer le coucher de soleil sur le fleuve et la Thaïlande située sur l’autre rive, à un jet de pierre, nous avons visité le centre-ville en quête de bistrots disparus et seulement présents dans la mémoire de Raoul (!)…
Le lendemain matin, recherche sans succès d’une boulangerie française disparue elle aussi ; nous avons opté pour un petit déjeuner à notre hôtel.
Raoul nous a alors présenté le dossier remarquablement établi par lui concernant aussi bien la partie « militaire » que toute la logistique du voyage, les réservations, les trains, les déplacements en pirogue… travail remarquable que nous tous avons salué.
Le 23 janvier 2024
Après une nuit dans des suites surclassées par la gérante, une aimable sino-française vaguement bordelaise, en taxi nous avons relié la gare de Vientiane, éloignée de la ville, pour y prendre un train qui n’a rien à envier à ceux de notre SNCF.
Les gares extrêmement modernes et fonctionnelles ont été construites par la Chine tout comme l’ensemble des lignes et des trains qui y circulent. Les conditions de sécurité pour pénétrer dans ces gares sont aussi strictes que celles devant être observées dans les embarquements aéroportuaires !
Ce train nous a emmenés à Muong XAI après trois heures d’un agréable voyage surveillé par une très aimable hôtesse-contrôleuse qui signalait l’interdiction de consommer de la bière à bord. A ce propos un cocasse épisode nous a surpris. L’un de nous avait apporté deux canettes de bière dans son sac à dos.
Au passage de la sécurité elles lui ont été enlevées tout comme un petit couteau qu’il portait dans son sac. Mais dans le hall de la gare les bières sont en vente libre et les voyageurs peuvent s’y approvisionner ! Trop occupés par les bières et le petit couteau, la sécurité a ignoré le grand couteau de chasse qui se trouvait également dans ce sac !
Arrivés à Muong Xai vers 16 heures nous avons pris un taxi pour Mouang Khoua notre objectif, au centre même des zones des combats du 2e bataillon du 3e REI. Nous nous installons dans une « Guesthouse » dans cette petite ville perdue du nord Laos. La gérante, peu familière avec internet, avait reçu une lettre envoyée de Thaïlande par Jean-Pierre pour nous réserver les chambres. Pas facile pour la dame et pas sûr pour nous. Endroit sympathique où l’on disposait d’un balcon sur un affluent de la Nam Ou, la Pak Ou.
Le dîner dans un restaurant proche s’est révélé un échec ! Commandes passées, une heure d’attente et nous avions été oubliés dans un restaurant pratiquement vide, ouvert sur la rivière, venteux en diable et avons dû nous contenter d’une vague soupe chaude… Mouang Khoua s’annonçait mal !
C’est en juin 2023 que mon camarade Jean-Pierre Raoul, chef de bataillon en retraite, m’a parlé pour la première fois de la découverte, au gré de ses lectures*, de combats meurtriers dans la région de Mouang Khoua au nord Laos qui ont impliqué le 2e bataillon du 3e REI aux ordres du commandant Cabaribère, une colonne du 5e Tabor aux ordres du commandant Vaudrey, 3 compagnies de Laotiens et une compagnie de supplétifs. Il a décidé de tenter d’élucider cette affaire en se rendant sur les lieux 70 ans après.
Pour ce faire il a constitué un dossier très complet, solide, sur les événements dramatiques qui ont vu la disparition du 2e bataillon du 3e REI, tout comme d’importants éléments du 5e Tabor et les unités des Chasseurs Laotiens.
Voilà comment deux lignes dans un livre aboutissent à un voyage sur les traces de nos anciens. Se sont joints à mon camarade Raoul (nous avons servi ensemble dans trois régiments et sommes de la même promotion), le général Jean Baillaud (Para metro) (promotion Général Rollet) avec lequel nous avons fait une année d’application à l’EAI et le caporal-chef Jacky Biaugeaud, président de la FACS Thaïlande et moi.
Une contrariété administrative a empêché Jean-Luc Martin, TdM (promotion Général Rollet) colonel de son état, de se joindre à nous. Tous habitent en Thaïlande et ont eu la bonne idée de m’inviter - j’habite au Portugal - à participer à cette équipée mémorielle.
Cette chronique se propose de relater ce voyage tout en remémorant le contexte historique de l’époque, établi grâce au JMO du II/3e REI et au rapport établi par le commandant Cabaribère lui-même. Nous, anciens légionnaires, n’avions jamais entendu parler de cette affaire.
21 janvier 2024
Après un long voyage me voici rendu à Vientiane, capitale du Laos, dans un hôtel où je dois attendre l’arrivée de mes camarades prévue pour le lendemain.
22 janvier 2024
Dans l’après-midi nous nous retrouvons dans un bel hôtel, La Seine, sur les bords du mythique Mékong. Je n’avais pas vu Baillaud depuis 43 ans, Raoul depuis une trentaine d’années et je faisais la connaissance de Jacky Biaugeaud.
La traversée de la ville entre les deux hôtels m’a permis de constater une saleté toute orientale et l’impressionnant câblage électrique et téléphonique de cette capitale. Rien que cela devrait la conduire à devenir patrimoine de l’humanité !
Les premiers contacts avec des Laotiens laissent deviner un caractère aimable, indolent, qui se confirmera tout au long du voyage, et très amical envers les étrangers. Un conducteur de « tuc-tuc », échancre sa chemise pour nous montrer fièrement son maillot nº 7 de la Fédération française de football !
Après un excellent dîner en terrasse, au sommet de l’hôtel, d’où nous pouvons admirer le coucher de soleil sur le fleuve et la Thaïlande située sur l’autre rive, à un jet de pierre, nous avons visité le centre-ville en quête de bistrots disparus et seulement présents dans la mémoire de Raoul (!)…
Le lendemain matin, recherche sans succès d’une boulangerie française disparue elle aussi ; nous avons opté pour un petit déjeuner à notre hôtel.
Raoul nous a alors présenté le dossier remarquablement établi par lui concernant aussi bien la partie « militaire » que toute la logistique du voyage, les réservations, les trains, les déplacements en pirogue… travail remarquable que nous tous avons salué.
Le 23 janvier 2024
Après une nuit dans des suites surclassées par la gérante, une aimable sino-française vaguement bordelaise, en taxi nous avons relié la gare de Vientiane, éloignée de la ville, pour y prendre un train qui n’a rien à envier à ceux de notre SNCF.
Les gares extrêmement modernes et fonctionnelles ont été construites par la Chine tout comme l’ensemble des lignes et des trains qui y circulent. Les conditions de sécurité pour pénétrer dans ces gares sont aussi strictes que celles devant être observées dans les embarquements aéroportuaires !
Ce train nous a emmenés à Muong XAI après trois heures d’un agréable voyage surveillé par une très aimable hôtesse-contrôleuse qui signalait l’interdiction de consommer de la bière à bord. A ce propos un cocasse épisode nous a surpris. L’un de nous avait apporté deux canettes de bière dans son sac à dos.
Au passage de la sécurité elles lui ont été enlevées tout comme un petit couteau qu’il portait dans son sac. Mais dans le hall de la gare les bières sont en vente libre et les voyageurs peuvent s’y approvisionner ! Trop occupés par les bières et le petit couteau, la sécurité a ignoré le grand couteau de chasse qui se trouvait également dans ce sac !
Arrivés à Muong Xai vers 16 heures nous avons pris un taxi pour Mouang Khoua notre objectif, au centre même des zones des combats du 2e bataillon du 3e REI. Nous nous installons dans une « Guesthouse » dans cette petite ville perdue du nord Laos. La gérante, peu familière avec internet, avait reçu une lettre envoyée de Thaïlande par Jean-Pierre pour nous réserver les chambres. Pas facile pour la dame et pas sûr pour nous. Endroit sympathique où l’on disposait d’un balcon sur un affluent de la Nam Ou, la Pak Ou.
Le dîner dans un restaurant proche s’est révélé un échec ! Commandes passées, une heure d’attente et nous avions été oubliés dans un restaurant pratiquement vide, ouvert sur la rivière, venteux en diable et avons dû nous contenter d’une vague soupe chaude… Mouang Khoua s’annonçait mal !
Le premier combat de Mouang Khoua
Début 1953
Le Commandement français a décidé de conserver une chaîne de plusieurs garnisons isolées à travers la région, afin de gagner du temps contre les attaques du vietminh. Mouang Khoua fut l’un des derniers postes dans le nord Laos. Beaucoup de ces petites garnisons reçurent par radio l’ordre de se fortifier et de combattre toute approche vietminh.
Au début de 1953 le général Giap commence à envahir le Laos. Le général Salan ordonne à ces postes isolés de résister face au vietminh pour gagner du temps afin de fortifier Louang Prabang et Vientiane.
Chaque poste reçoit un délai à tenir en nombre de jours précalculé. Ainsi le capitaine Teulier commandant le poste de Mouang Khoua reçoit, le 13 avril 1953, l’ordre de tenir 14 jours.
Le premier poste à recevoir le choc de l’offensive Viet est le poste satellite de Sop Nao, situé à 48 km à l’est de Mouang Khoua et à 32 km de piste de Dien Bien Phu. Le 3 avril le vietminh entre au Laos par cette piste et le bataillon de tête atteint Sop Nao. Encerclés par l’ennemi, les Français commandés par le lieutenant Grézy, résistent pendant six jours.
Les survivants reçoivent par radio l’autorisation du capitaine Teulier de se replier dans la nuit du 9 au 10 avril. A travers la brousse ils arrivent à Mouang Khoua le 12 et son intégrés à l’effectif du poste. Pendant ce temps, un bataillon Viet et une compagnie de mortiers de 120 arrivent à proximité de Mouang Khoua.
Qualifiée de force relativement faible, les 2 officiers, la poignée de sous-officiers et les 300 Laotiens étaient équipés de 3 mortiers de 81, de 2 de 60 et de 2 mitrailleuses 12,7.
Le 13 avril, le colonel de Crèvecoeur leur ordonne de tenir pendant 14 jours et leur promet un soutien aérien.
A 23 heures ce soir-là les premiers obus de mortier commencent à tomber sur les pentes de la position Alpha. Le vietminh lance sa première attaque directe qui échoue et laisse 22 cadavres dans les barbelés. A partir de ce jour-là le poste sera soumis à des tirs de mortier tous les soirs. La garnison sera appuyée par des B26 et des parachutages de munitions et de vivres. Cette noria aérienne permet au poste de résister et, le 27 avril le poste était tenu solidement. A partir de cette date et pendant deux semaines, l’ennemi va appliquer sa vieille tactique d’étouffement pour ronger lentement les positions de l’avant-poste français.
Le Commandement français a décidé de conserver une chaîne de plusieurs garnisons isolées à travers la région, afin de gagner du temps contre les attaques du vietminh. Mouang Khoua fut l’un des derniers postes dans le nord Laos. Beaucoup de ces petites garnisons reçurent par radio l’ordre de se fortifier et de combattre toute approche vietminh.
Au début de 1953 le général Giap commence à envahir le Laos. Le général Salan ordonne à ces postes isolés de résister face au vietminh pour gagner du temps afin de fortifier Louang Prabang et Vientiane.
Chaque poste reçoit un délai à tenir en nombre de jours précalculé. Ainsi le capitaine Teulier commandant le poste de Mouang Khoua reçoit, le 13 avril 1953, l’ordre de tenir 14 jours.
Le premier poste à recevoir le choc de l’offensive Viet est le poste satellite de Sop Nao, situé à 48 km à l’est de Mouang Khoua et à 32 km de piste de Dien Bien Phu. Le 3 avril le vietminh entre au Laos par cette piste et le bataillon de tête atteint Sop Nao. Encerclés par l’ennemi, les Français commandés par le lieutenant Grézy, résistent pendant six jours.
Les survivants reçoivent par radio l’autorisation du capitaine Teulier de se replier dans la nuit du 9 au 10 avril. A travers la brousse ils arrivent à Mouang Khoua le 12 et son intégrés à l’effectif du poste. Pendant ce temps, un bataillon Viet et une compagnie de mortiers de 120 arrivent à proximité de Mouang Khoua.
Qualifiée de force relativement faible, les 2 officiers, la poignée de sous-officiers et les 300 Laotiens étaient équipés de 3 mortiers de 81, de 2 de 60 et de 2 mitrailleuses 12,7.
Le 13 avril, le colonel de Crèvecoeur leur ordonne de tenir pendant 14 jours et leur promet un soutien aérien.
A 23 heures ce soir-là les premiers obus de mortier commencent à tomber sur les pentes de la position Alpha. Le vietminh lance sa première attaque directe qui échoue et laisse 22 cadavres dans les barbelés. A partir de ce jour-là le poste sera soumis à des tirs de mortier tous les soirs. La garnison sera appuyée par des B26 et des parachutages de munitions et de vivres. Cette noria aérienne permet au poste de résister et, le 27 avril le poste était tenu solidement. A partir de cette date et pendant deux semaines, l’ennemi va appliquer sa vieille tactique d’étouffement pour ronger lentement les positions de l’avant-poste français.
Le 18 mai à 0 h 30 les mortiers de 120, les canons sans recul de 57 et obus au phosphore de 81 frappent la position Alpha et la Souricière, mais pas la position Pi où le lieutenant Grézy soutient avec ses mortiers les deux autres points d’appui.
Le capitaine Teulier demande par radio un éclairage du poste par lucioles et un soutien aérien ; mais les conditions météorologiques sont mauvaises
.
A 01 h 00 le flanc ouest de la Souricière tombe sous le bombardement Viêt.
A 01 h 30 le capitaine Teulier reçoit un message radio indiquant que les conditions météo ne permettent pas l’appui aérien.
A 02 h 30 le Viêtminh lance des vagues d’assaut successives qui écrasent le capitaine Teulier et ses hommes. Grâce aux bancs de sable de la Nam Pak l’ennemi peut aussi lancer des attaques de flanc.
A 03 h 30 plus aucun tir ne part de la Souricière.
Le point d’appui Alpha survit le reste de la nuit et est aperçu en plein combat par l’aviation à 09 h 00.
Des avions C47 viennent parachuter de l’approvisionnement, mais ils ne peuvent que constater que les drapeaux français et laotien ne flottent plus sur le bunker de commandement de Pi.
Au lieu de tenir les 14 jours demandés, le capitaine Teulier et ses 300 Laotiens ont donc tenu pendant 37 jours avant d’être ensevelis par le nombre.
22 mai 1953
4 jours après la fin des combats, le sergent Novak et 2 soldats laotiens atteignent le dernier poste français encore tenu dans le nord-Laos, Phong Saly. Le 24 mai le sergent Blondeau rejoint ce poste également.
La suite...
Le capitaine Teulier demande par radio un éclairage du poste par lucioles et un soutien aérien ; mais les conditions météorologiques sont mauvaises
.
A 01 h 00 le flanc ouest de la Souricière tombe sous le bombardement Viêt.
A 01 h 30 le capitaine Teulier reçoit un message radio indiquant que les conditions météo ne permettent pas l’appui aérien.
A 02 h 30 le Viêtminh lance des vagues d’assaut successives qui écrasent le capitaine Teulier et ses hommes. Grâce aux bancs de sable de la Nam Pak l’ennemi peut aussi lancer des attaques de flanc.
A 03 h 30 plus aucun tir ne part de la Souricière.
Le point d’appui Alpha survit le reste de la nuit et est aperçu en plein combat par l’aviation à 09 h 00.
Des avions C47 viennent parachuter de l’approvisionnement, mais ils ne peuvent que constater que les drapeaux français et laotien ne flottent plus sur le bunker de commandement de Pi.
Au lieu de tenir les 14 jours demandés, le capitaine Teulier et ses 300 Laotiens ont donc tenu pendant 37 jours avant d’être ensevelis par le nombre.
22 mai 1953
4 jours après la fin des combats, le sergent Novak et 2 soldats laotiens atteignent le dernier poste français encore tenu dans le nord-Laos, Phong Saly. Le 24 mai le sergent Blondeau rejoint ce poste également.
La suite...