Chronique Laotienne 5/6
Par Lt-colonel (TE-er) Antoine Marquet
Dernière nuit à Mouang Khoua
26 janvier 2024
Après le petit déjeuner dans le bistrot habituel, nous saisissons le sac contenant les repas que la patronne a bien voulu confectionner pour nous et quittons la ville sac à dos pour rejoindre l’embarcadère des pirogues où, la veille dans l’après-midi, nous avions réservé la nôtre.
Surprise, le départ est retardé et au lieu d’une pirogue aménagée avec des sièges confortables nous devrons nous contenter d’une simple planche de 18 cm de largeur qui court de part et d’autre au sol le long de la pirogue. C’est là que je reçois ma première blessure en Indochine!... en effet mon crâne a heurté le toit métallique de l’embarcation. Pas d’évacuation sanitaire ni de Geneviève de Galard pour soigner ma blessure… je suis pourtant officier !
Après cinq heures de navigation assez inconfortable non pas due à la violence du courant mais à l’étroitesse du siège qui nous obligeait à changer régulièrement de fesse, malgré nos tapis de sol pliés en deux, puis en quatre et enfin en huit qui s’aplatissaient sans aucun égard pour nos séants, nous voilà arrivés à Mouang Gnoi, sur l’ancienne piste Ho Chi Minh, où existent des « grottes abri » dans cette zone très bombardée par les américains qui vidaient les soutes de leurs bombardiers avant d’atterrir sur leur base.
Dernière nuit à Mouang Khoua
26 janvier 2024
Après le petit déjeuner dans le bistrot habituel, nous saisissons le sac contenant les repas que la patronne a bien voulu confectionner pour nous et quittons la ville sac à dos pour rejoindre l’embarcadère des pirogues où, la veille dans l’après-midi, nous avions réservé la nôtre.
Surprise, le départ est retardé et au lieu d’une pirogue aménagée avec des sièges confortables nous devrons nous contenter d’une simple planche de 18 cm de largeur qui court de part et d’autre au sol le long de la pirogue. C’est là que je reçois ma première blessure en Indochine!... en effet mon crâne a heurté le toit métallique de l’embarcation. Pas d’évacuation sanitaire ni de Geneviève de Galard pour soigner ma blessure… je suis pourtant officier !
Après cinq heures de navigation assez inconfortable non pas due à la violence du courant mais à l’étroitesse du siège qui nous obligeait à changer régulièrement de fesse, malgré nos tapis de sol pliés en deux, puis en quatre et enfin en huit qui s’aplatissaient sans aucun égard pour nos séants, nous voilà arrivés à Mouang Gnoi, sur l’ancienne piste Ho Chi Minh, où existent des « grottes abri » dans cette zone très bombardée par les américains qui vidaient les soutes de leurs bombardiers avant d’atterrir sur leur base.
Ici, nouvelle difficulté. La pirogue ne poursuit pas sa route ! Tout le monde débarque pour s’installer dans l’hôtellerie de l’endroit. Nous refusons d’y rester puisque nous sommes attendus à notre hôtel, une heure de pirogue plus au sud. Nouvelle négociation menée, encore une fois, de main de maître par notre logisticien en titre et nous voilà repartis pour la dernière tranche du trajet qui doit nous mener à Nong Kiaw ou nous sommes attendus au Mandala Ou River Resort.
Le parcours est nettement plus intéressant et les paysages plus beaux quoique parfois distraits à nos regards par la fumée produite par Jean-Pierre ; au tournant d’un méandre, de gigantesques calcaires nous font nous sentir minuscules. L’hôtel au bord de la Nam Ou, est charmant et rappelle vaguement le même type d’hôtel que nous trouvons en Polynésie Française.
Il est tenu par un improbable duo masculin vieillissant, l’un Anglais, l’autre Allemand. Il n’y a pas de lits à proprement parler, mais une sorte d’énorme caisson en béton, dans lequel est placé le matelas. Je plains les employés qui doivent faire les lits chaque jour…
Dîner charmant au bord de la rivière. Chaque siège est doté d’un plaid pour parer à la fraîcheur nocturne. Nuit sans histoire, confortable et douche à l’italienne mais avec rideau.
27 janvier 2024
Après le petit déjeuner nous prenons en taxi la route de Louang Prabang située à 144 km. Au lieu d’un déjeuner à Kouang Si pour admirer à cet endroit les célèbres cascades, nous avons opté pour la visite des grottes sacrées de la Pak Ou, un kilomètre en aval de la confluence de la Nam Ou avec le somptueux Mékong…
Installation dans l’excellent My Dream Boutique Resort, planté dans un très beau jardin tropical, deux piscines dont une voyait s’ébattre de jeunes coréennes en mal de sensations…
Après le déjeuner nous avons visité la ville. Sa beauté, sa propreté contrastent avec la saleté de certaines autres villes, notamment la capitale. Nous avons tenté le musée militaire qui était hélas fermé pour deux jours mais nous eûmes droit, tout de même, de visiter la cour du musée et d’y admirer quelques matériels de fabrication russe, essentiellement ; puis, allant de temple en temple j’ai été ébahi par leur richesse et leur beauté ; pour mes compagnons c’est affaire courante.
Et déjà le Mékong nous promettait un superbe coucher de soleil ; nous sommes installés à la terrasse d’un intéressant bistrot d’où l’on surplombe le fleuve sur lequel de nombreuses pirogues affluaient pour placer leurs touristes dans le meilleur angle possible pour la prise de photos.
Le parcours est nettement plus intéressant et les paysages plus beaux quoique parfois distraits à nos regards par la fumée produite par Jean-Pierre ; au tournant d’un méandre, de gigantesques calcaires nous font nous sentir minuscules. L’hôtel au bord de la Nam Ou, est charmant et rappelle vaguement le même type d’hôtel que nous trouvons en Polynésie Française.
Il est tenu par un improbable duo masculin vieillissant, l’un Anglais, l’autre Allemand. Il n’y a pas de lits à proprement parler, mais une sorte d’énorme caisson en béton, dans lequel est placé le matelas. Je plains les employés qui doivent faire les lits chaque jour…
Dîner charmant au bord de la rivière. Chaque siège est doté d’un plaid pour parer à la fraîcheur nocturne. Nuit sans histoire, confortable et douche à l’italienne mais avec rideau.
27 janvier 2024
Après le petit déjeuner nous prenons en taxi la route de Louang Prabang située à 144 km. Au lieu d’un déjeuner à Kouang Si pour admirer à cet endroit les célèbres cascades, nous avons opté pour la visite des grottes sacrées de la Pak Ou, un kilomètre en aval de la confluence de la Nam Ou avec le somptueux Mékong…
Installation dans l’excellent My Dream Boutique Resort, planté dans un très beau jardin tropical, deux piscines dont une voyait s’ébattre de jeunes coréennes en mal de sensations…
Après le déjeuner nous avons visité la ville. Sa beauté, sa propreté contrastent avec la saleté de certaines autres villes, notamment la capitale. Nous avons tenté le musée militaire qui était hélas fermé pour deux jours mais nous eûmes droit, tout de même, de visiter la cour du musée et d’y admirer quelques matériels de fabrication russe, essentiellement ; puis, allant de temple en temple j’ai été ébahi par leur richesse et leur beauté ; pour mes compagnons c’est affaire courante.
Et déjà le Mékong nous promettait un superbe coucher de soleil ; nous sommes installés à la terrasse d’un intéressant bistrot d’où l’on surplombe le fleuve sur lequel de nombreuses pirogues affluaient pour placer leurs touristes dans le meilleur angle possible pour la prise de photos.
Avant d’y arriver je me suis arrêté dans un minuscule jardinet où quelques œuvres picturales exposées m’avaient fait un clin d’œil. J’ai parlé avec le peintre qui travaillait sur une nouvelle œuvre et je n’ai pu résister. J’ai fait l’achat d’un magnifique moine qui, pour une fois n’était pas habillé en jaune safran, sur du papier de riz livré dans un rouleau en fibre de bambou finement tressé pouvant être porté en bandoulière… astucieux.
Apéritif au Prosecco où, après un verre, certain fumeur distrait a éteint sa cigarette dans le pot de cacahuètes… ensuite dîner au Manda de Laos, un superbe restaurant aménagé autour d’une pièce d’eau aux nénuphars et entouré de plantes et arbres tropicaux. Nourriture, vins et service impeccables. Notre ami Jean Baillaud, intraitable, nous a offert ce magnifique dîner.
Nous étions heureux, mais ce retour à la « civilisation » portait déjà en lui des odeurs de départ, de fin d’aventure…
28 Janvier 2024
04 h 30
Debout là-dedans ! Nous avons réglé nos réveils sur cette heure car, à 05 h 30 un taxi doit venir nous prendre à l’hôtel pour que nous allions pratiquer l’aumône au profit des moines de Louang Prabang…
Dès 05 h 15 nous sommes devant l’hôtel avec nos sacs de victuailles que nous entendons remettre à ces religieux si particuliers, si présents partout dans la ville et intimement liés à l’ensemble de la population. Nous voyons les voisins de l’hôtel, de l’autre côté de la rue, disposer leur tapis et leurs offrandes destinées à des moines qui passeront par là.
05 h 30
Toujours pas de taxi alors même que d’autres clients de l’hôtel ont déjà pris les leurs… le réceptionniste alerté par Jean se dévoue pour essayer de nous trouver le véhicule espéré. Une petite colonne de moines arrive et s’arrête pour prier devant les voisins qui leur remettent l’aumône et prient avec eux. De l’eau est répandue sur le sol tout comme quelques boulettes de riz, alimentation destinée aux esprits, mais en réalité avalée par les chiens de passage.
L’attente continue et c’est vers 06 h 00 qu’enfin un « tuc-tuc » arrive et se met à notre disposition. Nous parcourrons des rues encore dans la semi-obscurité des réverbères jusqu’à la grande avenue où nous arrivons quelques minutes à peine avant le long défilé safrané d’hommes en Kesa (nom de la robe des moines bouddhistes) pour bénéficier du Tak Bat (l’aumône).
Apéritif au Prosecco où, après un verre, certain fumeur distrait a éteint sa cigarette dans le pot de cacahuètes… ensuite dîner au Manda de Laos, un superbe restaurant aménagé autour d’une pièce d’eau aux nénuphars et entouré de plantes et arbres tropicaux. Nourriture, vins et service impeccables. Notre ami Jean Baillaud, intraitable, nous a offert ce magnifique dîner.
Nous étions heureux, mais ce retour à la « civilisation » portait déjà en lui des odeurs de départ, de fin d’aventure…
28 Janvier 2024
04 h 30
Debout là-dedans ! Nous avons réglé nos réveils sur cette heure car, à 05 h 30 un taxi doit venir nous prendre à l’hôtel pour que nous allions pratiquer l’aumône au profit des moines de Louang Prabang…
Dès 05 h 15 nous sommes devant l’hôtel avec nos sacs de victuailles que nous entendons remettre à ces religieux si particuliers, si présents partout dans la ville et intimement liés à l’ensemble de la population. Nous voyons les voisins de l’hôtel, de l’autre côté de la rue, disposer leur tapis et leurs offrandes destinées à des moines qui passeront par là.
05 h 30
Toujours pas de taxi alors même que d’autres clients de l’hôtel ont déjà pris les leurs… le réceptionniste alerté par Jean se dévoue pour essayer de nous trouver le véhicule espéré. Une petite colonne de moines arrive et s’arrête pour prier devant les voisins qui leur remettent l’aumône et prient avec eux. De l’eau est répandue sur le sol tout comme quelques boulettes de riz, alimentation destinée aux esprits, mais en réalité avalée par les chiens de passage.
L’attente continue et c’est vers 06 h 00 qu’enfin un « tuc-tuc » arrive et se met à notre disposition. Nous parcourrons des rues encore dans la semi-obscurité des réverbères jusqu’à la grande avenue où nous arrivons quelques minutes à peine avant le long défilé safrané d’hommes en Kesa (nom de la robe des moines bouddhistes) pour bénéficier du Tak Bat (l’aumône).
Ici l’aumône prend des allures d’organisation industrielle ! Un très long tapis en bambou tressé est disposé le long de l’avenue. De petites chaises en plastique de couleur bleue sont alignées comme des soldats à la parade et de jeunes femmes nous remettent une écharpe qui doit se porter sur l’épaule gauche et croiser la poitrine, nous devons être déchaussés et assis ou à genoux.
Lentement la longue procession s’écoule jusqu’à la disparition du dernier moine… la même cérémonie se déroule sur d’autres avenues ou sur de petites rues, avec la même solennité. Nous remettons quelques billets aux jeunes femmes pour le prêt de l’écharpe et repartons vers le marché nocturne. Nous suivons une petite ruelle occupée de part et d’autre par des marchandes de toutes sortes de choses.
On y trouve même en vente, des remises en liberté de petits oiseaux maintenus par de petits paniers en bambou. On paye et on peut libérer l’oiseau ! Jacky suspecte ces vendeuses de liberté d’avoir apprivoisé les oiseaux qui reviennent « à la maison »… Fascinante Asie…
Déjà nous songions au retour à Vientiane… Nous quittons à regret cette magnifique ville et prenons le taxi vers la gare. L’horaire de notre train avait été avancé de deux heures, hélas. Nouveau passage sous les fourches caudines du scanner de la gare. Jacky craignait fort pour son couteau mais cette fois-ci la sécurité s’est intéressée à la bouteille de gaz de son réchaud ! Son couteau est passé sans coup férir !
A suivre...
Lentement la longue procession s’écoule jusqu’à la disparition du dernier moine… la même cérémonie se déroule sur d’autres avenues ou sur de petites rues, avec la même solennité. Nous remettons quelques billets aux jeunes femmes pour le prêt de l’écharpe et repartons vers le marché nocturne. Nous suivons une petite ruelle occupée de part et d’autre par des marchandes de toutes sortes de choses.
On y trouve même en vente, des remises en liberté de petits oiseaux maintenus par de petits paniers en bambou. On paye et on peut libérer l’oiseau ! Jacky suspecte ces vendeuses de liberté d’avoir apprivoisé les oiseaux qui reviennent « à la maison »… Fascinante Asie…
Déjà nous songions au retour à Vientiane… Nous quittons à regret cette magnifique ville et prenons le taxi vers la gare. L’horaire de notre train avait été avancé de deux heures, hélas. Nouveau passage sous les fourches caudines du scanner de la gare. Jacky craignait fort pour son couteau mais cette fois-ci la sécurité s’est intéressée à la bouteille de gaz de son réchaud ! Son couteau est passé sans coup férir !
A suivre...